CHAPITRE
IV
Nombre et type d'expérimentations sur les chats &
les chiens
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Le présent chapitre est consacré à l’analyse
de l’information provenant des statistiques nationales,
sur le nombre de chats et de chiens utilisés dans la
recherche. La première section traite de l’information
concernant l’année 1999, tandis que la deuxième
section traite des tendances observables concernant le nombre
d’expérimentations sur les chats et sur les chiens.
D’après les statistiques de l’Union Européenne
(UE)(36) relatives à 1996 (à 1997 dans le cas
de la France), la France utilise davantage de chats dans la
recherche que n’importe quel autre pays membre de l’UE.
Elle se classe troisième par le nombre de chiens utilisés
dans la recherche et les tests, après l’Allemagne
et le Royaume-Uni.
Contrairement à nombre de pays membres de l’UE,
qui produisent des statistiques annuelles sur l’expérimentation
animale, le gouvernement français publie des statistiques
à intervalles irréguliers (allant de deux à
quatre ans), les statistiques les plus récentes étant
celles de l’année 1999. Ces statistiques sont recueillies
au moyen d’un questionnaire circulant dans tous les laboratoires.
Comme pour toute autre information de ce type, la valeur de
ces statistiques dépend du soin et de l’honnêteté
des personnes qui remplissent le questionnaire.
Le niveau de détail et la manière dont ces statistiques
sont présentées ont évolué au cours
des années, et ces statistiques fournissent à
présent des informations sur le nombre d’animaux
de chaque espèce et sur l’origine de ces animaux,
qui font l’objet d’une subdivision en catégories
d’expérimentations par domaine : recherche fondamentale
en biologie, étude des maladies humaines et animales,
tests de toxicité et autres tests d’innocuité
des produits pharmaceutiques et autres, production et contrôle
de la qualité des produits et applications pharmaceutiques,
dentaires et vétérinaires, éducation et
formation.
Le nombre d’expérimentations sur les animaux réalisées
en fonction d’exigences légales (comme les tests
d’innocuité des médicaments et autres substances)
est précisé, parmi d’autres informations
concernant les expérimentations menées par les
laboratoires du secteur privé et du secteur public. Font
partie des laboratoires du secteur public les laboratoires des
universités et les centres de recherche gouvernementaux
comme l’INSERM et le CNRS, ainsi que des associations
et fondations.
Les Expérimentations sur les chats et sur les
chiens en 1999
En 1999, le nombre total d’expérimentations menées
sur des animaux était égal à 2 309 597(37).
Ce chiffre est en baisse de 37 % par rapport à 1990,
et cette réduction est principalement imputable au secteur
privé.
Au total, 1 855 chats et 5 203 chiens ont été
utilisés dans les expérimentations en France.
La majorité de ces chats et de ces chiens a été
utilisée par le secteur privé, à savoir
1 198 chats (soit 65 %) et 4 319 chiens (soit 83 %).
Le Tableau 4.1 (ci-après) reprend les statistiques du
rapport du Ministère de la recherche pour 1999. Ce tableau
présente le nombre de chats et le nombre de chiens utilisés
dans les expérimentations par objectif général
de recherche. On n’a pas utilisé de chats ni de
chiens dans le domaine des diagnostics, et l’on n’en
a pas tué pour produire des cellules ou des tissus pour
les études in vitro. Pour l’éducation et
la formation, on n’a pas utilisé de chats, cependant
on a utilisé 67 chiens, dont 17 dans les laboratoires
du secteur public, probablement ceux des universités,
et 50 dans les laboratoires du secteur privé. L’utilisation
des chiens pour l’éducation ou la formation est
moralement inacceptable, surtout si l’on sait qu’il
existe dans ce domaine un certain nombre d’alternatives
permettant de ne pas utiliser d’animaux.
| Table
4.1
Nombre de chats et de chiens utilisés dans les
expérimentations en 1999, selon l’objectif
général |
| |
Chats |
Chiens |
| Recherche
fondamentale en biologie |
151 |
20 |
Recherche
& développement pour les produits
Et applications pharmaceutiques, dentaires & vétérinaires
|
1191 |
2220 |
Production
& contrôle de la qualité des produits
et applications pharmaceutiques, dentaires |
14 |
0 |
Production
& contrôle de la qualité des produits
et applications vétérinaires |
210 |
410 |
Tests
de toxicité & d’innocuité, produits
et applications pharmaceutiques,
dentaires & vétérinaires |
184 |
2486 |
| Diagnostic
des maladies |
0 |
0 |
| Education
& formation |
0 |
67 |
| Autres |
105 |
0 |
| Total |
1855 |
5203 |
La recherche fondamentale en biologie
Ce type de recherche comprend en principe les expérimentations
qui ne sont réalisées que dans le but d’acquérir
une connaissance fondamentale, sans qu’aucune application
pratique ne soit envisagée, ainsi que les expérimentations
dans lesquelles on utilise les animaux en tant que «modèles
» des humains, surtout pour la recherche sur des maladies
humaines. 151 chats et 20 chiens ont été utilisés
dans ce type de recherche en 1999.
Néanmoins, les statistiques gouvernementales semblent
indiquer que l’on n’a pas utilisé de chats
ni de chiens dans la recherche purement fondamentale, les chiffres
concernant la recherche sur les maladies humaines et animales(38)
incluant tous les chats et les chiens utilisés dans la
recherche fondamentale en biologie ainsi que ceux utilisés
dans la recherche et le développement des médicaments,
etc. (voir ci-après). Il serait surprenant que l’on
n’ait utilisé aucun chat ni aucun chien dans les
expérimentations ne visant qu’à l’acquisition
d’une connaissance fondamentale sans applications pratiques,
surtout si l’on sait que dans cette catégorie,
c’est dans le secteur public et non dans le secteur privé
que l’on relève le plus grand nombre de chats et
de chiens expérimentés, à savoir 143 des
151 chats ainsi que les 20 chiens.
Lorsque des animaux ont été utilisés pour
étudier les maladies, on a utilisé plus souvent
des chats pour les maladies animales et on a utilisé
plus souvent des chiens pour les pathologies humaines, principalement
les maladies cardiovasculaires (voir plus loin, Expérimentations
pour l’étude des maladies humaines et animales).
La recherche et le développement des produits et applications
pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires.
Le plus grand nombre de chats expérimentés (1
191) et le deuxième plus grand nombre de chiens (2220)
concernaient la recherche et le développement des produits
et applications pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires.
Cette catégorie comprend la recherche et le développement
de nouveaux médicaments et les tests d’efficacité,
mais ne comprend pas les tests de toxicité et d’innocuité
(voir plus loin). On utilise souvent les chiens pour l’étude
de l’absorption, de la diffusion, du métabolisme
et de l’éli mination des nouveaux produits, et
ces études sont vraisemblablement incluses dans cette
catégorie. Les statistiques gouvernementales montrent
qu’aucun des médicaments développés
en recourant à l’utilisation des chats ou des chiens
ne concernait le traitement du cancer. De manière générale,
les « applications » peuvent désigner des
dispositifs médicaux ou vétérinaires comme
par exemple une nouvelle prothèse de hanche ou de genou,
une valve cardiaque ou simplement un nouveau design de cathéter.
En ce qui concerne les produits et applications dentaires, il
peut s’agir de nouveaux matériaux d’obturation
ou d’implants.
Comme on pouvait s’y attendre, dans cette catégorie,
c’est le secteur privé – essentiellement
les
laboratoires pharmaceutiques – qui a mené la plupart
des expérimentations, avec 1 955 chiens (soit 88 % des
chiens utilisés dans ce type de recherche) et 1 026 chats
(soit 86 % des chats utilisés dans ce type de recherche).
La production et le contrôle de la qualité des
produits et applications dans les domaines médical, dentaire
et vétérinaire.
Certains animaux, principalement des rongeurs, sont utilisés
pour la production de substances ou de facteurs utilisés
en médecine humaine ou en dentisterie, ou bien en médecine
vétérinaire. Il peut s’agir de la production
d’anticorps thérapeutiques polyclonaux ou monoclonaux
ou d’agents infectieux comme les virus, à partir
desquels on produit des vaccins. Le contrôle de la qualité
désigne généralement les tests de routine
des lots de médicaments, comme les vaccins ou les toxines,
pour s’assurer de leur pureté ou d’un niveau
standard d’efficacité. Certaines législations
nationales, dans des pays appartenant ou n’appartenant
pas à l’UE, exigent que certains tests de ce type
soient effectués sur des animaux.
Dans le Tableau 4.1 (précédent), deux colonnes
concernent la production et le contrôle de qualité
des produits thérapeutiques. Dans cette catégorie,
on n’a utilisé que 14 chats pour les médicaments
destinés à l’être humain, mais sur
l’ensemble, la deuxième catégorie utilisant
le plus de chats (210) était celle de la production et
du contrôle de la qualité des produits et applications
vétérinaires, vaccins inclus. Les 224 chats ont
tous été utilisés pour des tests spécifiés
par la législation de l’UE, la pharmacopée
européenne comprise.
Le Tableau 5 du rapport du Ministère pour 1999 semble
comporter une anomalie : Aux 224 chats dont il vient d’être
question, le Tableau ajoute dans sa récapitulation 370
chats utilisés pour des tests requis selon deux dispositions
législatives ou davantage. Pourtant, ces 370 chats n’apparaissent
pas dans le total de ce Tableau. Ces chats n’apparaissant
pas dans le Tableau 2 du Ministère dans les colonnes
de la production et du contrôle de qualité, on
supposera que le chiffre de 370 du Tableau 5 est une erreur.
Dans les expérimentations pour la production et le contrôle
de qualité des produits et applications vétérinaires,
et non pas humaines, 410 chiens ont été utilisés,
et tout cela était requis par la législation de
l’UE.
Tests de toxicité et autres tests d’innocuité
pour toutes les substances y compris les produits et applications
pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires.
La majorité des chiens (2 434), mais une part moins importante
des chats (184), ont été utilisés dans
des expérimentations ayant pour but de tester l’innocuité
de produits et d’applications pour la médecine
et la dentisterie humaines ainsi que pour la médecine
vétérinaire. Il est assez surprenant d’observer
que l’on n’a pas utilisé de chiens (ni de
chats) pour tester l’innocuité de produits chimiques
à usage agricole, domestique ou industriel, d’additifs
alimentaires, de produits cosmétiques ou d’articles
de toilette. Cinquante-deux chiens ont cependant été
utilisés dans d’«autres » tests de
toxicité ou d’innocuité, vraisemblablement
pas dans le cadre des tests de produits thérapeutiques,
non spécifiés dans les statistiques gouvernementales.
Le Tableau 4.2 présente davantage de détails concernant
les types de tests de toxicité sur les chiens et les
chats. On n’a utilisé aucun chat ni aucun chien
pour les tests de toxicité aiguë, les tests d’irritation
oculaire, les tests de sensibilité cutanée (réactions
allergiques), la carcinogenèse, les tests de propriétés
mutagènes et la toxicité reproductive.
| Tableau
4.2
Types de tests de toxicité et autres tests d’innocuité
menés sur des chats ou sur des chiens pour toutes
les substances concernant les produits et applications
pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires
en 1999 |
| |
Chats |
Chiens |
| Test
de toxicité aiguë ou subaiguë selon une
méthode non létale (fondée sur les
signes cliniques) |
0 |
341 |
| Test
d’irritation de la peau |
0 |
95 |
| Test
de toxicité sub-chronique ou chronique |
184 |
1699 |
| Autres
|
0 |
351 |
| TOTAL
|
184 |
2486 |
La
réglementation européenne et internationale exige
que les nouveaux médicaments destinés aux humains
soient testés sur une espèce de rongeur ainsi
que sur d’autres animaux, qui seront en général
des chiens ou des primates. Pour les médicaments à
usage vétérinaire, la réglementation européenne
et la réglementation américaine exigent également
des tests sur deux espèces dont un rongeur et un autre
animal qui sera en général le chien. En 1999,
96 % des chiens expérimentés pour ce type de tests
(soit 2 383 chiens) ont été utilisés pour
répondre aux exigences de la législation, qu’il
s’agisse de lois ou de règlements nationaux, de
l’UE ou autres. Cependant, 103 chiens ont été
utilisés pour des tests de toxicité sans que cela
ne corresponde à une exigence légale. Le Chapitre
5 aborde plus en détail l’utilisation des chiens
dans les tests d’innocuité des médicaments
destinés à l’être humain.
Les tests sur les chiens requis par la réglementation
internationale comprennent les tests de toxicité à
doses répétées (qui durent entre deux semaines
et douze mois) et les tests d’innocuité des produits
pharmacologiques, dans lesquels on utilise souvent les chiens
pour étudier les effets indésirables des nouveaux
produits, principalement sur le système cardiovasculaire,
sur le système respiratoire et sur le système
nerveux central.
Les statistiques montrent (Tableau 4.2, ci-dessus) que l’on
a utilisé 341 chiens (mais pas de chats) pour des tests
de toxicité aiguë et subaiguë, ainsi que 1
699 chiens et 184 chats pour des tests de toxicité sub-chronique
et chronique. Dans les tests de toxicité aiguë,
on administre une dose unique à chaque animal, et différents
groupes d’animaux reçoivent des doses différentes,
de la plus faible à la plus forte. Dans les tests de
toxicité subaiguë, on administre aux animaux un
dose quotidienne pendant 28 jours. Les tests de toxicité
sub-chronique font aussi appel à des doses répétées,
sur une période de 90 jours, et les tests de toxicité
chronique sur une période plus longue (six ou 12 mois).
L’administration des doses peut être faite oralement,
ou par injection intraveineuse ou intra-abdominale.
Aux doses les plus élevées, les animaux souffriront
de symptômes d’empoisonnement. En fonction du produit
ou de la substance testée, l’animal peut présenter
les symptômes suivants : salivation, vomissements, diarrhée,
saignements du nez ou de l’anus, écoulements lacrymaux,
gonflements, tremblements, mouvements saccadés, perte
d’appétit, excitation, agressivité, coma
ou mort. Tous les animaux sont tués à la fin des
tests pour permettre des études post-mortem des organes
et des tissus, afin d’identifier les effets toxiques.
Le Tableau 4.2 montre aussi que 95 chiens ont été
utilisés pour des tests d’irritation de la peau
en 1999, ce qui est inhabituel car pour ces tests on préfère
les lapins. On a utilisé 351 chiens pour d’autres
tests de toxicité dont le type n’est pas précisé.
Expérimentation pour l’étude des maladies
humaines et animales
Cette catégorie d’expérimentation apparaît
dans le Tableau 4 du rapport du Ministère pour 1999.
Au total, pour cette catégorie de tests, on a utilisé
1 342 chats et 2 240 chiens. Ces chiffres représentent
a somme de deux autres catégories d’expérimentation,
à savoir la recherche fondamentale en biologie et la
recherche-développement concernant les produits et applications
pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires (voir
plus haut).
Le Tableau 4.3 ci-après montre, de manière plus
précise, les types d’étude pour lesquels
on a utilisé des chats ou des chiens.
En 1999, dans les études sur les maladies cardiovasculaires
humaines, on a utilisé 577 chiens (mais pas de chats).
On utilise souvent les chiens dans la recherche sur les maladies
cardiovasculaires, mais certaines de ces études concernent
probablement l’efficacité de nouveaux médicaments
pour la médecine humaine ainsi que l’absorption,
la diffusion, le métabolisme et l’élimination
de ces produits chez les chiens.
Dans les études sur le système nerveux humain
et les troubles mentaux, on a utilisé 19 chats. On n’en
sait pas davantage, mais les chats sont très souvent
utilisés pour étudier le sommeil, la vision, les
attaques cérébrales ou la migraine, et il se peut
qu’une partie de ces 19 chats aient fait l’objetd’expérimentations
dans l’un de ces domaines (voir chapitres 5 et 6). On
a aussi utilisé 24 chiens.
| Tableau
4.3
Principales catégories d’expérimentation
sur les chats et les chiens pour l’étude
des maladies humaines et animales en 1999 |
| |
Chats |
Chiens |
| Maladies
cardiovasculaires humaines |
0 |
577 |
| Système
nerveux humain & troubles mentaux |
19 |
24 |
| Cancers
chez l’homme |
0 |
0 |
| Autres
maladies chez l’homme |
186 |
892 |
| Maladies
animales |
1137 |
747 |
| TOTAL
|
1342 |
2240 |
On
n’a pas utilisé de chats ni de chiens dans la recherche
sur le cancer, mais on a utilisé 186 chats et 892 chiens
pour des études sur des maladies humaines « autres
» non précisées. Il pourrait s’agir
d’études sur les troubles de la respiration, sur
la peau, les muscles, les articulations, la reproduction ou
la digestion. Cette catégorie des « autres »
maladies représentant un nombre important d’expérimentations,
le gouvernement devrait prévoir, dans les statistiques
futures, de détailler ce chiffre.
1 137 chats et 747 chiens ont été utilisés
pour étudier les maladies animales et pour découvrir
et développer des traitements. Pour l’étude
des maladies des animaux et le développement de traitements
vétérinaires, on ne devrait pas induire de manière
artificielle des pathologie chez des chats ou des chiens. Ces
études devraient être menées in vitro chaque
fois que c’est possible, et in vivo uniquement chez des
animaux ayant une chance d’en bénéficier
à titre individuel, de la même manière que
l’on procède avec les patients dans les expérimentations
cliniques.
L’évolution observée
La présente analyse est basée sur les statistiques
d’expérimentations animales publiées par
le gouvernement concernant les années 1990(39),1993(40),1997(41)et
1999(42). Dans ces statistiques, la définition de certaines
catégories a été révisée,
ce qui fait que des comparaisons directes entre les années
1990 et 1999 ne sont pas toujours possibles.
Sur cette période de dix ans, le nombre total d’expérimentations
sur des animaux est passé de 3 645 708 à 2 309
597, soit une diminution globale de 37 %. Entre chaque série
de statistiques, la diminution périodique aura été
relativement constante : pour 1990/1993, une diminution de 19
% ; pour 1993/1997, une diminution de 11 % ; et pour 1997/1999,
une diminution de 11 %. Ces chiffres indiquent une véritable
tendance à la baisse du nombre global d’expérimentations
sur des animaux.
Sur la même période, le nombre d’expérimentations
sur les chats est passé de 2 808 à 1 855, soit
une réduction de 34 %. En ce qui concerne les chiens,
on observe une réduction de 7 721 à 5 203, soit
une baisse de 33 %. Un domaine particulier dans lequel le nombre
de chats et de chiens expérimentés a significativement
baissé est la recherche sur les maladies humaines et
vétérinaires. Néanmoins, ces chiffres simplifiés
masquent une variabilité significative entre les différentes
séries de statistiques, comme le montre le Tableau 4.4
ci-après.
|
Tableau
4.4
Évolution du nombre de chats et de chiens expérimentés
entre 1990 et 1999 |
|
1990 |
1993 |
|
1997 |
|
1999 |
|
1990/1999 |
Espèce |
Nombre |
Nombre |
%
Variation 90/93 |
Nombre |
%
Variation 93/97 |
Nombre |
%
Variation 97/99 |
%
Variation sur 10 ans |
Chat |
2808 |
1140 |
-
59 % |
1990 |
+
75 % |
1855 |
-
7 % |
-
34 % |
Chien |
7721 |
4965 |
-
36 % |
4290 |
-
14 % |
5203 |
+
33 % |
-
33 % |
Cette
analyse montre qu’entre 1990 et 1993, le nombre d’expérimentations
sur les chats et sur les chiens était en très
nette diminution, mais qu’en 1997 le nombre de chiens
utilisés n’a baissé que de 14 %, tandis
que le nombre de chats expérimentés a connu une
augmentation massive de 75 %. La tendance s’est à
nouveau inversée entre 1997 et 1999, avec une légère
baisse du nombre de chats expérimentés de 7 %,
mais une hausse d’un tiers du nombre d’expérimentations
sur les chiens. Un examen attentif de ces statistiques permet
donc de s’apercevoir qu’en réalité,
en 1999, le nombre d’expérimentations menées
sur des chats et le nombre d’expérimentations menées
sur des chiens étaient plus élevés qu’en
1993.
Les statistiques du gouvernement montrent que si l’on
n’a pas su réduire le nombre de chats ni le nombre
de chiens utilisés dans la recherche, la responsabilité
en incombe aussi bien aux laboratoires du secteur public qu’aux
laboratoires du secteur privé. Les chiffres sont visibles
dans le Tableau 4.5 (ci-après). Dans le secteur public,
le nombre de chats utilisés a connu une hausse considérable
de 251 % en 1999 (passant de 187 à 657), tandis que le
nombre d’expérimentations sur des chiens augmentait
de 86 % (passant de 475 à 884) la même année.
Le nombre de chats utilisés dans le secteur privé
s’est accru de 158 % (de 700 à 1 803) en 1997,
et le nombre de chiens de 13 % (de 3 815 à 4 319) en
1999. Bien que le nombre de chats ait diminué dans les
deux secteurs sur l’ensemble de cette période de
dix ans, l’utilisation des chiens dans le secteur public,
sur cette même période, s’est en réalité
accrue de 48 %. Cette progression est contrebalancée
par la baisse du nombre de chiens utilisés dans le secteur
privé au cours de la même période.
| Tableau
4.5
Évolution du nombre de chats et de chiens expérimentés
dans le secteur public et dans le secteur privé
entre 1990 et 1999 |
|
Secteur
Public |
Secteur
Privé |
Total |
Espèce |
1990 |
1993 |
1997 |
1999 |
1990 |
1993 |
1997 |
1999 |
1999 |
Chat |
849 |
440 |
187 |
657 |
1959 |
700 |
1803 |
1198 |
1855 |
Chiens |
597 |
575 |
475 |
884 |
7124 |
4390 |
3815 |
4319 |
5203 |
Ces
chiffres sont très préoccupants, car ils n’indiquent
pas une tendance régulière à la baisse
et ils montrent que les laboratoires n’appliquent pas
comme il conviendrait de le faire la règle des Trois
R, à savoir :
• Le Remplacement des expérimentations sur les
chats et sur les chiens (par exemple par des méthodes
substitutives ou par des études sur l’humain dans
le respect de l’éthique),
• La Réduction du nombre de chats et de chiens
utilisés dans chaque type de recherche, et
• Le Raffinement des protocoles expérimentaux de
manière à réduire au minimum la souffrance
des chats et des chiens.
On trouvera au Chapitre 6 une critique en détail d’une
sélection d’expérimentations réalisées
sur des chats et sur des chiens, assortie de propositions de
méthodes substitutives pour la poursuite de ces recherches.
36. Commission des communautés européennes [1999],
deuxième rapport de la Commission au Conseil et au Parlement
européen sur les statistiques du nombre d’animaux
utilisés à des fins expérimentales ou à
d’autres fins scientifiques dans les pays membres de l’Union
Européenne.
37. Ministère de la Recherche: Enquête sur l’utilisation
d’animaux vertébrés à des fins expérimentales
en France, Statistiques 1999.
38. Voir p 23 du rapport du Ministère pour 1999
39. Ministère de la Recherche et de l’Espace :
Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés
à des fins expérimentales en France, Statistiques
1990.
40. Ministère de l’Education Nationale de l’Enseignement
Supérieur, de la Recherche et de l’Insertion Professionnelle
: Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés
à des fins expérimentales en France, Statistiques
1993.
41. Ministère de l’Education Nationale, de la Recherche
et de la Technologie : Rapport d’Enquête sur l’utilisation
d’animaux vertébrés à des fins expérimentales
en France, Statistiques 1997.
42. Ministère de la Recherche : Enquête sur l’utilisation
d’animaux vertébrés à des fins expérimentales
en France, Statistiques 1999.