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Les expériences sur les chiens
& les chats en France

Un rapport des Docteurs
Chris Langley MA PhD et Gill Langley MA Phd MIBiol

Mars 2003

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INTRODUCTION
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Les chats et les chiens sont les compagnons des humains depuis des millénaires. Depuis que leurs ancêtres sauvages ont entamé une relation avec les humains, nous avons vécu, travaillé et «évolué »  ensemble, partout dans le monde (Chapitre 1).

Longtemps élevés et sélectionnés pour obtenir certaines caractéristiques, parmi lesquelles la familiarité avec les humains, les chats et les chiens domestiques sont devenus très différents de leurs ancêtres sauvages. Ils ont bien sûr conservé certains de leurs besoins et certains de leurs comportements : ils ont toujours besoin de chaleur, d’un abri, de la compagnie de leurs semblables, d’un environnement stimulant, d’une activité physique, de repos, de nourriture et d’eau (Chapitre 1). Cependant, aujourd’hui, ils ont aussi besoin de la compagnie et de l’assistance des humains, et c’est pour nous un devoir de leur rendre la loyauté qu’ils nous ont toujours témoignée à travers les siècles.
 
La compagnie des chats et des chiens

En France, des centaines de milliers de gens qui partagent leur existence avec des chats ou des chiens bien aimés connaissent et comprennent la valeur de cette compagnie animale. La compagnie des chats et des chiens est bénéfique à plus d’un titre : en termes de santé même, en termes d’estime de soi, de réduction du stress et de capacité d’exprimer ses sentiments. Le seul fait de caresser un animal fait baisser notre tension artérielle.

Pourtant, de quelle manière sommes-nous reconnaissants à nos amis animaux de longue date ? Nous les avons trahis, en permettant que des chats et des chiens par dizaines ou par centaines de milliers se retrouvent enfermés dans des laboratoires et soient soumis à des expériences qui leur causent de la douleur et les affolent. En dépit de la législation nationale et européenne (Chapitre 2), il est inévitable que la fourniture et l’utilisation de chiens et de chats dans la recherche et l’expérimentation entraînent des souffrances psychologiques et physiques considérables. Dans les laboratoires et dans les établissements d’élevage qui les alimentent, dans tout le pays et à l’étranger, nos compagnons sont « produits en masse », enfermés dans de petits enclos grillagés et privés des soins et de l’affection auxquels ils ont droit (Chapitre 3).
 
Les souffrances dans les laboratoires

Dans les laboratoires, des chiens et des chats tout à fait semblables à ceux dont nous faisons nos  compagnons et que nous chérissons subissent des blessures et des mutilations. On les maintient immobilisés, on leur implante des électrodes dans la tête, des tuyaux et des fils dans l’organisme, on les prive de sommeil, on les confine dans la solitude, on les infecte avec des virus mortels, on les empoisonne avec des produits chimiques, on les estropie ou on leur abîme le cerveau (Chapitres 4 et 6).

Cette pratique de deux poids et deux mesures est choquante. S’il nous arrivait, à nous, de maltraiter nos animaux domestiques de cette manière, nous nous retrouverions proprement poursuivis en justice, et à juste titre. Cependant, les chercheurs se voient octroyer, au nom de la science, le droit de provoquer dans les laboratoires d’immenses douleurs et d’immenses souffrances que partout ailleurs on désignerait sous le terme de cruauté. Une fois l’expérience terminée, lorsque les chercheurs consignent leurs résultats pour les publier dans des revues scientifiques, les chats et les chiens sont tués. Dans les rapports aseptisés que publient les scientifiques sur leurs expérimentations, il n’est pas fait mention des souffrances subies par les animaux.

La logique qui sous-tend ces expérimentations est que la fin justifie les moyens : on entend souvent affirmer que s’il est possible de faire ainsi progresser la médecine pour les humains, alors il doit être permis de faire souffrir les animaux. Cette attitude est pourtant contraire à toute éthique, sachant que les autres animaux connaissent la douleur et l’angoisse de la même manière que nous.

Leur souffrance est souvent vaine, car le fait que les maladies leur soient induites de façon artificielle et les différences qui existent entre les espèces compromettent la valeur pour l’être humain des résultats obtenus en expérimentant sur d’autres espèces animales (Chapitres 5 et 6).

Des progrès considérables ont été réalisés dans le développement et l’utilisation des méthodes de recherche « substitutives », celles qui n’impliquent pas le recours à des animaux, comme les techniques de biologie moléculaire, les méthodes à base de cultures de cellules, l’étude des tissus humains obtenus post-mortem, la recherche clinique ou la modélisation sur ordinateur (Chapitre 6). Malgré ces avancées techniques susceptibles de permettre d’obtenir des résultats plus pertinents et de meilleure qualité, et à notre grande honte, la France pratique davantage d’expérimentations sur les chats que n’importe quel autre pays de l’Union Européenne. Elle se classe troisième par le nombre de chiens utilisés dans ses laboratoires (Chapitre 4). Ces chiffres ne sont pas en baisse, ce qui serait cohérent. Au contraire : en 1999, on utilisait dans la recherche et l’expérimentation davantage de chats et de chiens qu’en 1993.

Nous ne veillons même pas à ce que la fourniture de chiens et de chats aux laboratoires occasionne le moins de souffrance possible. Nos instances dirigeantes autorisent l’utilisation pour la recherche de chats et de chiens qui ne proviennent pas d’élevages spécifiques, elles permettent qu’un grand nombre de ces animaux soient importés de pays dans lesquels les exigences légales en matière de soins sont faibles, et elles permettent aussi que les entreprises qui élèvent et fournissent ces animaux soient peu réglementées (Chapitre 3). Par conséquent, nous ne pouvons pas être sûrs que nos animaux chéris ne finiront pas leurs jours dans un laboratoire, dans la terreur et dans la détresse.

Reconsidérer notre responsabilité

La responsabilité nous incombe à tous de reconsidérer notre relation avec les chats et les chiens et de remettre en question la pratique de deux poids et deux mesures qui est actuellement courante.

Comment pouvons-nous accepter que des chiens et des chats, parfois produits en masse sur une échelle industrielle, parfois volés, subissent des voyages traumatisants pour se retrouver dans des laboratoires dans lesquels ils connaîtront la terreur, l’angoisse et peut-être des douleurs sévères ? On laisse souffrir des animaux expérimentés sans leur donner aucun produit analgésique, chaque fois que le recours à l’un de ces produits impliquerait une interférence avec l’expérimentation.

Pire encore, il s’agit assez souvent de recherche fondamentale, c’est-à-dire d’une recherche qui ne vise pas à déboucher sur des solutions pratiques aux problèmes des humains, ni des animaux ni de l’environnement, mais qui ne fait qu’accroître le stock de connaissance humaine – ce que certains appellent une recherche motivée par la curiosité.
 
Mettre fin à la recherche sur les chats et les chiens

Dans le présent rapport, nous expliquons pourquoi One Voice, pour des raisons à la fois scientifiques et éthiques, souhaite voir cesser les expérimentations sur les chats et les chiens. Nous faisons état des sources d’approvisionnement en chiens et en chats et nous expliquons pourquoi ce processus ne peut qu’être inhumain. Nous évoquons la législation censée réglementer ces recherches, les domaines dans lesquelles elle n’est pas appliquée correctement et les raisons pour lesquelles elle ne met pas fin à la souffrance des animaux. Nous exposons les arguments expliquant pourquoi les différences qui existent entre les espèces et le fait que l’on soumette des animaux d’autres espèces à des conditions induites de manière artificielle sont susceptibles de fausser véritablement la recherche médicale. Nous présentons des études de cas concernant des expérimentations récentes sur des chats et des chiens, en expliquant pourquoi les animaux souffrent et pourquoi d’autres méthodes, des méthodes substitutives, seraient préférables.

Tout en faisant campagne pour l’abolition des expérimentations sur les chats et les chiens, One Voice demande aussi au gouvernement, aux organismes qui financent les recherches et aux scientifiques d’exercer un contrôle plus rigoureux sur l’approvisionnement et sur l’utilisation des chiens et des chats, de faire en sorte que leur souffrance soit réduite autant que possible et de développer des méthodes de recherche substitutives et humaines (Conclusion et recommandations).

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Représentant français de Europe for Animal Rights et de la Coalition Européenne
pour mettre fin à l'Expérimentation Animale
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One Voice
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