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Les tests sur les animaux dans l'industrie des cosmétiques en France

Un rapport des Docteurs
Chris Langley MA PhD et Gill Langley MA Phd MIBiol

Décembre 2003

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Chapitre II
Les tests de produits cosmétiques et l'opinion publique
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Depuis plus de 30 ans, en Europe comme aux Etats-Unis, l'utilisation des animaux pour tester les produits cosmétiques et leurs ingrédients est un important sujet de polémique.

Une forte proportion de ces tests sur les animaux sont réalisés en France, l'un des trois plus grands producteurs de cosmétiques dans le monde. Plusieurs sociétés multinationales ont leur siège en France, comme L’Oréal et Clarins, qui produisent un nombre faramineux d'articles de toilette, produits cosmétiques et autres articles dits de luxe. L'industrie des cosmétiques est une grosse affaire et ses profits sont importants, mais l'opinion publique est nettement opposée à l'idée de faire souffrir des animaux au nom de la vanité humaine.

En 1999, la British Union for the Abolition of Vivisection (BUAV) et la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals ont fait procéder à un sondage d'opinion à l'échelle européenne, pour évaluer l'importance du soutien que le public accorderait à une interdiction des tests des produits cosmétiques au sein de l'Union Européenne. On a interrogé des citoyens de six pays européens. En Grande-Bretagne, 88% des citoyens étaient tout à fait partisans de mettre fin aux tests de produits cosmétiques sur les animaux. Pour la France, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et la Suède, le pourcentage moyen des personnes interrogées favorables à l'interdiction des tests était de 72%.

En 2001, un deuxième sondage d'opinion a été réalisé dans ces mêmes pays de l'Union Européenne. Cette fois, il s'agissait de la vente des produits cosmétiques testés sur des animaux en Europe. Dans chacun des six pays, une majorité du public – 74% en moyenne – était favorable à une interdiction de vendre des produits cosmétiques testés sur des animaux.
En 2003, un sondage a été réalisé en France. Ipsos Opinion a interrogé, pour le compte de OneVoice, un échantillon de 1.016 personnes adultes, en France, à propos de l'utilisation des animaux dans des expérimentations et à propos de la nécessité des méthodes substitutives . Les personnes interrogées ont dû répondre à sept questions portant sur l'expérimentation animale.

Parmi les personnes interrogées, 64% désapprouvent l'utilisation d'animaux dans la recherche et les tests, tandis que 34% l'approuvent. 87% sont nettement partisans d'interdire toute recherche impliquant la souffrance des animaux, et 78% pensent que les expérimentations réalisées sur les animaux provoquent des souffrances notables. Il est intéressant de remarquer que 70% des personnes interrogées trouvent la réglementation française insuffisante et que 83% considèrent que le besoin de promulguer une loi plus stricte pour protéger les animaux lors des expérimentations est plutôt urgent ou très urgent.

Parmi les personnes interrogées, 60% sont favorables à une interdiction de tester les produits cosmétiques ou leurs ingrédients sur des animaux. 55% souhaitent aussi que l'on interdise de tester sur les animaux les substances chimiques et les produits chimiques : produits ménagers, pesticides et engrais chimiques. Il est clair que la population française n'est pas du tout indifférente à un recours inutile aux animaux pour des tests.

Une interdiction de tester sur les animaux, telle que la souhaite le public au sein de l'Union Européenne, ne suffirait pas à mettre fin à l'utilisation des animaux dans l'industrie de la ‘beauté’. Des sociétés pourraient encore pratiquer des tests sur les animaux à l'extérieur de l'Union Européenne, notamment au Japon et aux Etats-Unis, pour revendre ensuite en Europe leurs produits testés sur les animaux. Afin que cessent les tests sur les animaux, il serait nécessaire de fermer le marché à ces sociétés qui persistent à y recourir inutilement (voir chapitre 5).

Entre 1999 et 2000, OneVoice, avec l'aide de l'association britannique BUAV, a pu mener, sous une couverture, une enquête auprès d'un laboratoire français pratiquant des tests sous contrat. Les séquences vidéo réalisées ont révélé les conditions choquantes dans lesquelles étaient maintenus des chiens, des chats, des cochons d'Inde, des lapins et des hamsters.

Les sociétés clientes avaient payé pour que soient testés non seulement des ingrédients de produits cosmétiques mais aussi des produits finis. Parmi les séquences vidéo, certaines ont montré des chiens enfermés séparément dans des conditions abominables, privés de tout accessoire qui leur permettrait de se coucher et de tout élément d'environnement (le lecteur pourra trouver davantage de renseignements sur les expérimentations menées sur les chiens en France en consultant le rapport réalisé par OneVoice ). Ces chiens étaient stressés et terrorisés, et certains d'entre eux ne disposaient même pas, dans leur cage, d'un sol ferme. Les cochons d'Inde étaient soumis à des tests qui leur occasionnaient parfois des brûlures cutanées. On y utilisait des lapins, des cochons d'Inde et des hamsters pour des tests d'irritation des yeux et de la peau.

Grâce à l'opinion publique et grâce à une pression exercée sur les entreprises et sur les gouvernements, un changement est possible dans des pays européens comme la France. En fait, un tel changement s'est déjà produit : en Grande-Bretagne, par exemple, en réponse à une préoccupation massive du public, le gouvernement a mis fin, en 1997, aux tests des produits cosmétiques et de leurs ingrédients sur les animaux.

Cela fait plusieurs dizaines d'années que l'on utilise régulièrement le test oculaire de Draize pour évaluer le potentiel irritant des substances chimiques, et notamment des ingrédients des produits cosmétiques et des articles de toilette. Ce test, qui peut provoquer des douleurs et des souffrances notables, a constitué l'une des principales cibles des organisations de protection des animaux en Europe comme aux Etats-Unis. Dans le cadre de la campagne qu'il dirigeait, le regretté Henry Spira, militant des droits de l'homme et fondateur de l'Animal Rights International group, une organisation ayant son siège à New York, avait formé en 1979 une coalition pour mettre fin au test oculaire de Draize.

Cette campagne a permis une évolution radicale dans le domaine des tests d'innocuité des produits au niveau mondial. Grâce à l'action de Spira, motivé par la compassion, l'opinion publique internationale s'est fait entendre, de nouvelles directives ont vu le jour qui ont limité la gravité du test, et l'impulsion a été donnée à un effort mondial, dans le domaine de la recherche, pour trouver des alternatives à ces méthodes d'expérimentation animale, si grossières et si peu fiables. Même si le test oculaire de Draize se pratique encore pour les ingrédients des produits cosmétiques, en France notamment, le nombre de lapins utilisés a chuté considérablement, et des méthodes substitutives sont de plus en plus souvent disponibles.

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Représentant français de Europe for Animal Rights et de la Coalition Européenne
pour mettre fin à l'Expérimentation Animale
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