Chapitre VI
Les tests de produits cosmétiques en France
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Le présent chapitre traite des principales compagnies
dont se compose l'industrie française des cosmétiques,
de l'attitude du gouvernement vis-à-vis de l'expérimentation
animale et du nombre d'animaux utilisés dans les différentes
expérimentations menées au nom de la vanité
humaine.
L'industrie française des cosmétiques : les coulisses
de l'élégance
La France est mondialement réputée pour ses produits
cosmétiques et ses articles de toilette. Aux Etats-Unis,
en Europe et au Japon, rares sont les gens qui ne connaissent
pas les noms de L’Oréal, Guerlain, Clarins, Givenchy
et Christian Dior. Ces marques, dont la publicité est
faite à l'échelle mondiale, créent dans
l'esprit de millions de gens des images de produits de luxe
pour les petits soins du corps et la beauté.
Mais l'industrie française des cosmétiques a aussi
un autre versant, qui est hideux, et dont ces compagnies ne
souhaitent pas que leur clientèle ait connaissance. Le
versant hideux de l'industrie de la beauté, c'est, bien
entendu, la souffrance des animaux –lapins, cochons d'Inde,
souris, hamsters et rats – sur lesquels ces produits et
leurs ‘nouveaux ingrédients actifs’ sont
souvent testés. Il est intéressant de constater
que certaines des publicités que font paraître,
dans les magazines, les grands fabricants de cosmétiques,
expliquent que des tests cliniques en éprouvette (in
vitro) ont été réalisés lors de
la formulation de leurs produits, mais sans jamais parler des
tests pratiqués sur les animaux.
L'industrie des cosmétiques est une très grosse
affaire. Le marché mondial des cosmétiques est
évalué à 83 milliards d'euros, et la France
en est l'un des principaux acteurs. En 2002, le chiffre d'affaires
net du groupe français LVMH – qui possède
les marques Christian Dior, Guerlain, Givenchy et Kenzo –
s'élevait à 2.336 millions d'euros. Ce groupe
est très attaché à ‘innover’
constamment, et déclare dans son rapport annuel de 2002
qu'il a l'intention de proposer chaque année 20% de nouveaux
produits.
L' ‘innovation’, pour les animaux de laboratoire,
cela ne présage jamais rien de bon, car les nouveaux
ingrédients sont encore testés sur l'animal. Cependant,
les entreprises françaises du secteur affirment souvent
que les nouveaux produits, à base de nouveaux ingrédients,
jouent un rôle capital dans l'expansion de leurs marchés,
et cela, bien qu'il existe déjà 8.400 ingrédients
utilisables. Or, il serait possible, pratiquement sans limite,
de combiner ces ingrédients existants pour obtenir de
nouveaux produits – sans avoir besoin d'effectuer des
tests sur des animaux.
L’Oréal est une compagnie bien connue dans le monde
entier. Ce groupe possède sa propre gamme de produits
L’Oréal, mais possède aussi un certain nombre
de filiales et de marques, comme Biotherm, Helena Rubinstein,
Laboratoires Garnier, Lancôme, Lanvin, Maybelline et Vichy,
ainsi que Daniel Hechter, Gloria Vanderbilt, Color Riche, Jet
Set, Elnett et bien d'autres encore. L’Oréal exerce
une influence très importante dans l'industrie cosmétique
mondiale, notamment au niveau de l'Europe par l'intermédiaire
du COLIPA et de l'Assemblée des chambres françaises
de commerce et d'industrie.
Si L’Oréal a consacré d'importantes recherches
au développement de méthodes substitutives, et
a arrêté de tester ses produits finis sur des animaux
il y a quelques années, ce groupe aime développer
de nouveaux ingrédients – lesquels sont testés
sur des animaux. En 1996, L’Oréal a publié
un rapport d'expérimentations sur 140 souris, relatives
aux effets carcinogènes : on avait testé sur ces
souris un filtre à ultraviolets (un écran solaire)
appelé Mexoryl SX, pour voir s'il permettait de prévenir
des cancers de la peau induits par les rayonnements . On avait
divisé les souris en trois groupes de test et deux groupes
témoins, et les souris avaient été immobilisées
et exposées aux rayons ultraviolets cinq jours par semaine
pendant 40 semaines. Dans chaque groupe, les souris avaient
développé des tumeurs cutanées, et à
partir du 28e jour, on avait dû éliminer une partie
des souris, à cause des dimensions que leurs tumeurs
avaient prises. Chez les individus traités au Mexoryl
SX, le développement des tumeurs avait été
retardé de six semaines.
Bien sûr, le bon sens et l'esprit scientifique incitent
à se demander si des résultats obtenus par expérimentation
en laboratoire sur des souris mutantes sans pelage peuvent être
réellement significatifs par rapport à l'être
humain. Peut-être est-ce la raison pour laquelle la société
L’Oréal s'est elle-même sentie obligée
d'expliquer, dans un rapport postérieur, que malgré
un grand nombre d'expérimentations sur des animaux, “on
sait peu de choses sur la protection de la peau humaine contre
les UV” (c'est nous qui mettons les italiques).
Le groupe Clarins est un des autres leaders du marché
des cosmétiques, avec un chiffre d'affaires net de 922
millions d'euros en 2002. C'est aussi en France que sont implantées
des sociétés filiales de compagnies dont le siège
est ailleurs. C'est par exemple le cas de Colgate-Palmolive
France, qui dépend du groupe américain, et qui
vend des savons, des shampoings, des gels de douche, des dentifrices
et des bains de bouche.
Dans leurs efforts pour accroître leurs profits, certaines
entreprises de cosmétiques commercialisent des produits
qui relèvent presque du domaine médical. Le journal
scientifique le plus prestigieux du monde, Nature, parlait récemment
de cette distinction de plus en plus ‘floue’ entre
les produits cosmétiques et les médicaments .
Appelés "cosmeceuticals" dans le monde anglo-saxon,
ces produits hybrides sont vendus pour répondre à
des demandes semi-médicales comme la lutte contre les
symptômes du vieillissement ou l'arrêt de la chute
des cheveux. Vendre comme cosmétiques et articles de
toilette des produits censés avoir une fonction semi-médicale
permet à ces sociétés de maximiser leurs
profits. En effet, les produits pharmaceutiques doivent subir
des procédures de tests bien plus complètes et
plus poussées, pour des raison de sécurité
et d'efficacité, et cela coûterait plus cher à
ces sociétés. Commercialiser des produits mi-cosmétiques
mi-pharmaceutiques permet à une entreprise d'élargir
sa clientèle et d'accroître ses recettes, sans
avoir à assumer les coûts des essais cliniques
approfondis qu'un médicament devrait subir.
L’Oréal a rapidement su trouver un moyen d'accroître
ses débouchés au-delà des produits cosmétiques
et des articles de toilette. En 1981, elle a créé
conjointement avec Nestlé la société Galderma,
pour développer des produits pharmaceutiques destinés
à traiter les problèmes de peau, de cheveux et
d'ongles. Galderma emploie aujourd'hui plus de 400 salariés
sur trois sites, parmi lesquels son principal centre de recherche
et développement à Sophia-Antipolis, près
de Nice. Les produits pharmaceutiques relèvent évidemment
d'un domaine dans lequel les tests sur les animaux sont obligatoires,
et le développement de chacun de ces produits entraînera
des souffrances pour des milliers de petits rongeurs, de lapins,
de chiens et de primates.
Face à l'opposition croissante du public à la
pratique des tests sur les animaux, l'industrie française
de la beauté s'est toujours réfugiée derrière
la législation européenne, en faisant valoir que
les tests sur les animaux sont obligatoires. Cependant, une
révision récente de cette législation (voir
chapitre 3) impose maintenant des dates butoirs pour interdire
la commercialisation des produits cosmétiques et articles
de toilette contenant des ingrédients testés sur
des animaux, et pour interdire les tests qui se pratiquent réellement
dans les pays de l'Union Européenne pour un certain nombre
de ces ingrédients. La France a-t-elle accueilli favorablement
ce progrès éthique ?
L'opposition des autorités françaises à
l'abolition des tests sur les animaux
Il apparaît que les mesures d'interdiction concernant
les tests des ingrédients et la commercialisation des
produits cosmétiques qui les contiennent, qui n'ont été
acceptées que récemment par le Parlement européen
et par le Conseil des ministres de l'Europe, ne sont pas du
tout du goût de la France.
Bien que 60% de ses administrés soient favorables à
ces interdictions, le gouvernement français a défié
l'opinion publique et a déposé un recours devant
la Cour européenne de justice au Luxembourg, pour demander
l'annulation des projets d'interdiction . Premièrement,
le gouvernement français proteste en faisant valoir que
ces interdictions seraient incompatibles avec les règles
de l'Organisation mondiale du commerce – bien que la préoccupation
publique concernant le bien-être des animaux constitue
l'une des exceptions générales au libre échange
admises par le GATT en 1994.
Deuxièmement, le gouvernement affirme que ces interdictions
causeront du tort à l'industrie européenne des
cosmétiques, en interférant de manière
excessive avec la liberté d'exercer une “activité
professionnelle”. Pourtant, la législation n'empêche
pas les entreprises de développer ni de commercialiser
de nouveaux produits. Il semble donc que le gouvernement veule
que l'industrie de la beauté garde toute liberté
d'infliger la douleur et la détresse aux animaux de laboratoire
au nom de la vanité. Parmi les Etats
membres de l'Union Européenne, la France est le seul
à avoir pris cette mesure incroyable.
Cependant, une autre organisation représentant les intérêts
de l'industrie des cosmétiques a entrepris une action
similaire. Il s'agit de la Fédération européenne
pour les ingrédients cosmétiques (EFFCI), basée
à Bruxelles, qui affirme que la législation interdisant
les tests sur les animaux est incompatible avec les règles
du libre échange et qu'elle compromet les intérêts
commerciaux des pays européens . Elle fait aussi valoir
que le bien-être des animaux ne fait pas partie des objectifs
du marché intérieur de la Communauté européenne
et que la législation mettant fin aux tests des ingrédients
de cosmétiques sur les animaux peut représenter
un risque pour les consommateurs. Là encore, il s'agit
d'une absurdité : à supposer que l'on ne dispose
pas encore d'un ensemble suffisant de méthodes substitutives
validées au moment de l'entrée en vigueur de cette
interdiction, les producteurs auront toujours à leur
disposition un vaste choix d'ingrédients existants, qui
sont considérés comme étant sans risques.
D'après un article du Monde , l'opposition du gouvernement
viendrait de Nicole Fontaine, la ministre déléguée
à l’industrie : le gouvernement y est accusé
d'agir pour la protection de grandes compagnies comme L’Oréal
et LVMH. Le Monde présente l'EFFCI comme une fédération
nouvellement créée regroupant 70 entreprises de
l'industrie chimique, qui développent et commercialisent
des ingrédients chimiques dont beaucoup sont utilisés
dans la fabrication des produits cosmétiques.
Ainsi, après trente ans de progrès dans le domaine
législatif, et maintenant que le Parlement européen
et le Conseil des ministres acceptent enfin d'écouter
la voix d'une majorité des citoyens des pays de l'Union
Européenne qui est opposée aux tests sur les animaux,
la France et l'industrie chimique agissent en justice pour prolonger
la souffrance des animaux.
OneVoice demande que le gouvernement renonce à sa tentative
de perpétuer la souffrance et la mort des animaux au
nom de la vanité, et qu'il retire son recours contre
la Commission européenne. Il existe déjà
plus de 8.000 ingrédients considérés comme
sans risques et qui peuvent être utilisés pour
développer de nouveaux produits, en attendant de disposer
de méthodes substitutives de tests dans tous les domaines.
Le nombre d'animaux soumis aux tests en France
Depuis de nombreuses années, la France détient
le triste record du pays européen pratiquant le plus
grand nombre de tests des produits cosmétiques et de
leurs ingrédients sur des animaux.
Le Tableau 1, ci-après, montre le nombre total d'animaux
utilisés, sur cinq années comprises entre 1990
et 2001, pour tester des substances entrant principalement dans
la fabrication des produits cosmétiques et des articles
de toilette. Ces chiffres sont extraits des statistiques gouvernementales
officielles.
Tableau 1
Statistiques gouvernementales relatives au nombre d'animaux
utilisés pour tester des produits ou des substances chimiques
destinées principalement à la fabrication de produits
cosmétiques et d'articles de toilette, entre 1990 et
2001
Année |
1990 |
1993 |
1997 |
1999 |
2001 |
Nombre
total d'animaux |
27
337 |
20
781 |
5
001 |
426ou
286 |
2
591 |
Le Tableau 1 montre une diminution massive apparente du nombre
de tests sur les animaux entre 1990 et 1997, avec une baisse
encore plus considérable en 1999 puis une remontée
en 2001. Pour 1999, le chiffre réel n'est pas clairement
déterminé, du fait que les différents tableaux,
dans les statistiques officielles, donnent deux totaux différents,
à savoir, soit 426 soit 286 animaux.
Le chiffre de 1999 représente donc approximativement
un centième du nombre d'animaux utilisés dix ans
auparavant. Ni le gouvernement ni l'industrie n'ont fourni d'explications
susceptibles de justifier cette évolution. Si des réductions
similaires ont été observées dans certains
autres pays d'Europe, il s'est toujours agi du résultat
de la promulgation d'une interdiction, au niveau national, de
tester les produits cosmétiques sur les animaux, comme
cela s'est produit en Grande-Bretagne en 1997 – mais pas
en France. Même l'augmentation de 500% observée
entre 1999 et 2001 n'a pas empêché que le nombre
d'animaux utilisés ne représente que 12% du chiffre
de 1993.
Une disparité majeure dans les chiffres de 1999 publiés
par les autorités françaises ressort plus clairement,
à propos de l'utilisation des animaux, lorsque l'on distingue
le secteur public et le secteur privé, comme le montre
le Tableau 2 ci-après.
Pour 1999, on trouve dans les statistiques gouvernementales
deux chiffres différents concernant le nombre d'animaux
utilisés par le secteur privé : il s'agit des
chiffres en italiques dans les colonnes séparées
par un trait double dans notre Tableau 2. Il est évident
que le gouvernement a fait une erreur. Le plus grand des deux
chiffres, 426, est probablement la valeur ‘correcte’
– à supposer que l'on puisse véritablement
se fier à l'une de ces deux valeurs
Tableau 2
Statistiques gouvernementales relatives au nombre d'animaux
utilisés pour tester des produits ou des substances chimiques
destinées principalement à la fabrication de produits
cosmétiques et d'articles de toilette, dans le secteur
public et dans le secteur privé, entre 1990 et 2001
Année
|
1990
|
1993
|
1997
|
1999(1) |
1999(2) |
2001 |
Secteur |
Privé |
Public |
Privé |
Public |
Privé |
Public |
Privé |
Public |
Privé |
Public |
Privé |
Public |
Nombre
d'animaux utilisés
Pour chaque secteur |
26
262 |
1
075 |
20
377 |
404
|
4
803 |
198
|
164
|
262
|
24
|
262
|
2
445 |
146 |
Nombre
total d'animaux |
27
337 |
20
781 |
5
001 |
426
|
286 |
2
591 |
(1)
Les chiffres de cette colonne sont établis à partir
des statistiques officielles relatives à l'année
1999, Partie 2, Tableau 8. Enquête sur l’utilisation
d’animaux vertébrés à des fins expérimentales
en France. Statistiques 1999. Ministère de la Recherche.
(2) Les chiffres de cette colonne sont établis à
partir des statistiques officielles relatives à l'année
1999, Partie 2, Tableau 3. Enquête sur l’utilisation
d’animaux vertébrés à des fins expérimentales
en France. Statistiques 1999. Ministère de la Recherche.
Notre Tableau 2 montre qu'en 1990, comme l'on pouvait s'y attendre,
ce sont essentiellement les laboratoires du secteur privé
qui ont utilisé des animaux pour tester des produits
cosmétiques. Il en est de même pour 1993, mais
il apparaît qu'en 1997, le secteur privé aurait
utilisé moins d'animaux. Or, en 1999, de manière
inexplicable, il semble que les laboratoires du secteur public
aient réalisé davantage de tests de produits cosmétiques
sur des animaux que ceux du secteur privé – qui
apparemment n'auraient utilisé que 24 ou 164 animaux.
Ce qui est tout à fait insensé.
Même si les statistiques montrent de nouveau une croissance
du nombre d'animaux utilisés après 1999, cela
n'explique toujours pas pourquoi, en l'absence d'interdiction
de tester sur les animaux dans le domaine des cosmétiques,
les chiffres de 2001 ne représentent que 12% de ceux
de 1993. Le gouvernement pourrait avancer que la réduction
globale est due à une utilisation accrue des méthodes
substitutives de tests en remplacement des expérimentations
sur les animaux. Cependant, les statistiques officielles montrent
qu'en 2001, on pratiquait toujours des tests de DL 50 dans le
domaine des cosmétiques (voir Tableau 3, ci-après),
et ce, malgré la disponibilité de méthodes
moins cruelles. Si l'industrie n'a même pas remplacé
des méthodes létales de tests comme la DL 50 par
des méthodes de tests moins cruelles pour les animaux,
il y a vraiment peu de chances qu'elle ait entrepris de remplacer
les tests sur les animaux par des méthodes in vitro.
Un certain nombre de gens émettent de sérieux
doutes quant à la véracité des statistiques
officielles.
OneVoice considère comme très peu probable que
les producteurs d'ingrédients pour les cosmétiques
aient réellement réduit de 88% leur utilisation
d'animaux sur huit ans, apparemment sans que l'on ait pu observer
la moindre avancée sur le plan technique ni sur le plan
politique, ni la moindre interdiction de tester.
Si l'on suppose que l'industrie a réellement réussi
à réduire de façon aussi remarquable le
nombre d'animaux soumis à des tests, au cours d'une période
pendant laquelle le marché des produits cosmétiques
et des articles de toilette a continué à croître,
alors il n'existe absolument aucune excuse pour s'opposer à
des mesures d'interdiction de tester sur les animaux au niveau
de l'Union Européenne. Pourtant, c'est très précisément
ce qu'a fait le gouvernement français (voir plus haut).
Une explication plus vraisemblable de la réduction apparente
de l'utilisation d'animaux est le fait que, l'opinion publique
s'étant prononcée contre les tests sur les animaux,
l'industrie des cosmétiques ait fait entrer ces tests
dans une nouvelle classification. Une autre possibilité,
si l'on sait que la collecte de statistiques relatives aux tests
sur les animaux n'est pas obligatoire, est que certaines entreprises
aient pu s'abstenir d'en produire.
Les espèces animales utilisées et les
types de tests pratiqués en France
Depuis 1990, si l'on en croit les chiffres officiels, on n'a
utilisé aucun chat, aucun chien et aucun primate dans
les tests concernant les produits cosmétiques et articles
de toilette. Les espèces les plus fréquemment
utilisées ont été la souris, le rat, le
cochon d'Inde, le lapin et le hamster. Tous ces animaux sont
des êtres sensibles, c'est-à-dire capables d'éprouver
la douleur et l'angoisse et de souffrir, comme le reconnaît
la loi européenne protégeant les animaux de laboratoire
.
Pour 2001, les statistiques gouvernementales indiquent l'utilisation
de 843 cochons d'Inde, 680 lapins, 509 rats, 494 souris et 65
hamsters. Plus de sept sortes différentes de tests ont
été réalisés sur ces animaux au
nom de l'industrie de la beauté. Le Tableau 3 en donne
l'illustration.
Tableau 3
Types de tests réalisés sur des animaux,
qui concernent essentiellement les produits cosmétiques
et articles de toilette, en 2001
Type
de test |
Tests
DL 50 ou CL 50 |
Autres
tests de toxicité létaux |
Tests
de toxicité Non létaux |
Tests
d'irritation
de la peau |
Tests
d' allergie
cutanée |
Tests d' irritation
des yeux |
Toxicité
sub-chronique & chronique |
Autres
tests |
Total |
Nombre
d'animaux utilisés |
210
|
262
|
74
|
450
|
1
213 |
142
|
128
|
112 |
2
591 |
Comme l'explique le chapitre 4, tous ces tests provoquent des
souffrances et de l'angoisse, et cependant, en raison des différences
entre espèces et de l'utilisation de doses irréalistes,
il n'est pas possible de se fier à ces résultats
pour protéger la santé humaine.
Le Tableau 3 montre qu'en 2001, bien que l'on dispose de méthodes
valides moins cruelles – comme la méthode de la
dose prédéterminée – 210 animaux
ont subi des tests de CL 50 et de DL 50, calculés pour
en tuer 50%. Dans d'autres expérimentations à
court terme destinées à provoquer la mort, on
en a utilisé 262, et 74 autres animaux ont subi des tests
calculés pour entraîner des effets toxiques (par
exemple la procédure de la dose prédéterminée).
142 animaux, probablement des lapins, ont subi l'application
de substances à tester dans leurs yeux – malgré
le fait que des tests sans recours à des animaux vivants
aient été admis comme valides par les autorités
françaises (voir chapitre 5). Dans des tests d'irritation
de la peau, on a utilisé 450 animaux.
En 2001, 1.213 animaux ont subi des tests d'allergie cutanée.
Les directives relatives aux tests d'allergie cutanée
recommandent que l'on utilise les souris dans une procédure
de tests moins cruelle (le local lymph node assay), plutôt
que les cochons d'Inde dans les procédures de tests traditionnelles,
plus cruelles. Cependant, d'après les statistiques gouvernementales,
494 souris seulement ont été utilisées,
au total, dans les tests cosmétiques. Ce qui indique
que l'on a utilisé des cochons d'Inde dans des tests
inutilement cruels. Pour les tests à doses répétées,
on a utilisé 128 animaux, et 112 animaux ont subi d'autres
tests non précisés.
OneVoice demande au gouvernement de clarifier et d'expliquer
cette diminution aussi considérable qu'improbable du
nombre de tests sur animaux pour les produits cosmétiques
et articles de toilette au cours de ces huit dernières
années, ainsi que les incohérences des chiffres
de 1999, et de publier des statistiques corrigées.