Chapitre
VII
Conclusions et recommandations
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Les expérimentations consistant à tester des ingrédients
ou des produits cosmétiques sur des animaux infligent
chaque année la douleur, l'angoisse et la mort à
des milliers d'êtres sensibles. Cette activité,
pratiquée au nom du commerce, est le fait d'une industrie
qui produit et commercialise des biens de luxe n'ayant aucun
caractère essentiel, et qui tire profit de la souffrance
des animaux.
Dans l'ensemble de l'Europe, France comprise, une majorité
du public a clairement montré qu'elle souhaitait la fin
de ces tests sur les animaux. C'est un devoir pour un gouvernement
de refléter la volonté de ses citoyens, aussi
le gouvernement français devrait-il agir dans ce sens.
La validité des tests pratiqués sur les animaux,
en tant que procédures scientifiques visant à
prédire les réactions de l'organisme humain, est
largement remise en cause, et c'est par la force de l'habitude
et par convention que ces pratiques se poursuivent, plutôt
que parce que l'on croit à leur fiabilité. Il
serait essentiel d'orienter le financement et le savoir-faire
vers le développement et la validation de nouvelles méthodes
de tests, non cruelles et ne faisant pas souffrir les animaux
au nom de la vanité. En attendant, l'industrie des cosmétiques
devrait se servir du stock d'ingrédients existants pour
la création de ses nouveaux produits.
OneVoice condamne les tests des ingrédients de cosmétiques
pratiqués sur les animaux, en raison des souffrances
que cela entraîne. Il se trouve aussi que les résultats
de ces tests ne sont souvent pas applicables à l'être
humain, en raison des différences entre les espèces
et parce que ces tests sont mal conçus. Cela signifie
que la sécurité des consommateurs peut se trouver
compromise par certains ingrédients de produits cosmétiques
qui semblent sans risques lorsqu'ils sont testés sur
des animaux comme les rats, les souris ou les lapins.
OneVoice demande au gouvernement de mettre fin aujourd'hui
même aux tests d'ingrédients de produits cosmétiques
et d'articles de toilette sur les animaux.
Comme mesures transitoires, et pour promouvoir l'abolition des
tests sur les animaux à l'échelle de l'Europe
et du reste du monde, OneVoice énonce les recommandations
suivantes à l'attention du gouvernement français,
des députés européens et de l'industrie
:
– Le gouvernement et l'industrie des cosmétiques
ayant fait en sorte que les animaux continuent de souffrir au
nom de la vanité, c'est à eux qu'incombe la responsabilité
de consacrer le maximum de ressources financières et
humaines à un programme national de développement
et de validation des méthodes substitutives.
– Il faut que le gouvernement renonce à sa tentative
de perpétuer la souffrance et la mort des animaux, et
qu'il retire sa plainte contre la Commission européenne
à propos de la septième révision de la
Directive sur les cosmétiques. Il existe déjà
plus de 8.000 ingrédients considérés comme
sans risques et qui peuvent être utilisés pour
développer de nouveaux produits, en attendant de disposer
de méthodes substitutives de tests dans tous les domaines.
– Il faut que le gouvernement français, ainsi que
les autres instances dirigeantes nationales partout en Europe,
fassent savoir aux laboratoires qu'un reclassement des tests
pratiqués sur les animaux pour contourner l'interdiction
de tester relative aux cosmétiques serait inacceptable,
et que procéder de la sorte constituerait une trahison
vis-à-vis de ce que veut l'opinion publique.
– Il faut que le gouvernement clarifie et explique la
diminution aussi considérable qu'improbable du nombre
de tests pratiqués sur les animaux pour les produits
cosmétiques et articles de toilette au cours de ces huit
dernières années, ainsi que les incohérences
des chiffres de 1999, et qu'il publie des statistiques corrigées.
– IL faut que les députés français
du Parlement européen saisissent toutes les opportunités
de soutenir le projet d'interdiction, et qu'ils fassent pression
pour que l'Union Européenne consacre davantage de fonds
au développement des méthodes substitutives.
– En tant qu'Etat membre, la France devrait intervenir
plus activement pour la promotion d'une intégration rapide
des méthodes substitutives valides dans les Lignes directrices
de tests de l'OCDE.
– Il faut que le SCCNFP ne limite pas son acceptation
des statistiques de tests aux seuls tests substitutifs qui ont
reçu l'aval réglementaire au niveau européen,
surtout si les retards, en la matière, sont imputables
à la bureaucratie. Si le SCCNFP est convaincu qu'une
méthode substitutive de test est scientifiquement valide,
il ne devrait pas attendre l'agrément de l'Union Européenne
(il devrait d'ailleurs s'employer à faciliter cet agrément).
– Il faut que les représentants français
au SCCNFP réclament que soient admises par tous les Etats
membres de l'Union Européenne les statistiques produites
par ces méthodes non cruelles.