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TEST
DE PROPRIÉTÉS MUTAGÈNES |
| Animal |
rats,
souris ou hamsters chinois.
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| Nombre |
au
moins 40.
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| Objectif |
identifier
d'éventuels effets mutagènes de la substance
chimique, soit sur les cellules en division rapide de la moelle
osseuse, soit sur les noyaux des cellules sanguines.
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| Test |
La
substance à tester est administrée soit par
voie orale soit par injection dans la cavité abdominale.
Pour chaque substance testée et pour chaque dosage,
on utilise deux groupes témoins. L'un des deux groupes
ne reçoit aucun produit, l'autre reçoit un composé
que l'on sait avoir un effet sur les gènes. On administre
des doses simples ou multiples, et l'on prélève
des échantillons de tissu jusqu'à 48 heures
après l'administration de la dose.
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| Symptômes |
les
animaux subissent une ou plusieurs injections dans la cavité
abdominale, ce qui peut être douloureux. On cherche
à aboutir finalement à des modifications au
niveau des gènes.
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TEST
DE PROPRIÉTÉS CARCINOGÈNES |
| Animal |
rats
ou souris très jeunes.
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| Nombre |
au
moins 400.
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| Objectif |
détecter
toute manifestation de cancer résultant de l'exposition
à une substance chimique.
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| Test |
L'administration
de la substance se pratique aussitôt que possible après
l'acclimatation de l'animal. L'administration se fait habituellement
par voie orale, mais elle peut aussi se faire par voie cutanée
(on enduit l'épiderme) ou par inhalation. Le choix
se fait selon le désir d'imiter la manière dont
un être humain pourrait se trouver exposé à
la substance. L'évaluation de la dose toxique minimale
se fait en fonction du poids de l'animal, et la dose maximale
est celle qui provoque une baisse du poids marginal sans induction
de tumeur. L'effet de l'exposition à la substance est
évalué par le biais d'une analyse de sang, de
l'examen de l'apparence pathologique et des tissus et des
organes, afin de détecter des changements liés
à l'apparition de cancers. De tels tests peuvent coûter
2 millions de dollars par substance et durer cinq ans.
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|
| Symptômes |
tumeurs,
léthargie, nausée et même mort de l'animal.
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Critique
Les substances mutagènes sont celles qui provoquent des mutations
génétiques. Les mutations constituent souvent une
étape dans la formation des cancers. Dans un souci de simplification,
nous critiquons en même temps, ci-après, les tests
relatifs aux propriétés mutagènes et les tests
relatifs aux propriétés carcinogènes bien que
ce que subissent les animaux ne soit pas comparable entre ces deux
types de tests, les critiques que l'on peut formuler sont les mêmes
d'un point de vue scientifique, dans la mesure où les substances
chimiques qui provoquent des mutations sont souvent celles qui provoquent
des cancers.
- Il est maintenant admis que le cancer n'est pas une simple maladie.
Les tumeurs, chez l'humain comme chez l'animal, surviennent en principe
comme conséquence de divers événements, dont
un seul peut être une simple exposition à une substance
chimique - et ceci n'est pas pris en compte dans les expérimentations
effectuées sur les animaux pour établir les propriétés
mutagènes ou carcinogènes.
- Les critiques faites aux tests de toxicité s'appliquent
aussi pour une grand part aux tests des propriétés
mutagènes, plus particulièrement en ce qui concerne
l'état du système immunitaire de l'animal expérimenté
et les inconnues qui pèsent sur son hérédité.
- A moins de connaître en détail la biochimie de la
substance testée chez l'espèce utilisée et
chez l'être humain, on ne sait pas clairement s'il y a ou
non pénétration de la substance dans la moelle osseuse,
ainsi des résultats négatifs peuvent-ils être
observés et induire en erreur (24 & 25).
- Du fait des difficultés possibles de la substance testée
à pénétrer dans la moelle osseuse, on recourt
à des doses massives (en général la plus forte
dose tolérée). Cela rend l'extrapolation à
une autre espèce et à l'être humain douteuse
en termes d'exposition probable.
- L'injection des substances à tester dans la cavité
abdominale n'est pas un mode d'administration approprié lorsqu'il
s'agit de simuler l'exposition à une série de substances
chimiques. Combes a mis en évidence les divers problèmes
que pose la mise en œuvre de ce test de propriétés
mutagènes pour les cosmétiques (26).
- Pour bien des substances chimiques potentiellement mutagènes,
la moelle osseuse a peu de chances d'être le tissu à
cibler en priorité (26).
- La vitesse du métabolisme varie avec la taille de l'organisme.
Les rats et les souris sont des espèces à métabolisme
élevé par rapport à l'être humain (27).
- Un certain nombre de substances chimiques présentes dans
l'organisme jouent le rôle d'"éboueurs" naturels.
Elles éliminent toute molécule potentiellement dangereuse
qui se présente ou qui est ingérée. La vitesse
d'action de l'une d'entre elles, la glutathione, chez différents
animaux, rend périlleuses les comparaisons des dommages cellulaires
probables lorsque l'on veut évaluer une substance dangereuse
du point de vue génétique (28).
- On sait que les dégâts génétiques aussi
bien que la carcinogenèse sont en relation avec les effets
d'une forme d'oxygène hautement active (29), et chez nombre
d'animaux utilisés pour l'évaluation du potentiel
carcinogène et mutagène, les mécanismes de
réparation de l'ADN sont bien plus sommaires que chez l'être
humain (30). Il n'est donc pas surprenant que les petits rongeurs
soient plus enclins à développer des cancers que l'être
humain (31), et les comparaisons deviennent de simples suppositions
(14).
- Le régime alimentaire des humains n'est généralement
pas limité, il est donc nettement plus riche en anti-oxydants
naturels et synthétiques que celui des "modèles"
animaux, il s'ensuit que les animaux de laboratoire sont beaucoup
plus enclins à développer divers cancers (32).
- Au cours de leur existence, les humains sont exposés à
un certain nombre de carcinogènes potentiels, à diverses
doses et sous diverses combinaisons. En situation de test, au contraire,
on administre à l'animal une substance unique, et la réaction
toxicologique peut varier selon que celui-ci reçoit une dose
simple ou multiple, même s'il s'agit toujours de la même
substance chimique (33). C'est pourquoi il est pour le moins hasardeux
de vouloir extrapoler les résultats à la situation
complexe qui est celle des personnes dans leur vie quotidienne et
professionnelle.
- L'état physiologique et immunitaire du "modèle"
animal est déterminant par rapport au résultat de
toute procédure de test. Des variations d'un animal à
l'autre, en ce qui concerne le régime alimentaire, l'état
diabétique, l'absorption de graisse, le traumatisme et le
stress, ainsi que les conditions d'hébergement, se traduiront
par des différences dans les résultats des tests (34).
- Il existe une série de différences entre l'être
humain et les rongeurs, au niveau de la plupart des enzymes du foie
qui métabolisent les produits administrés, comme le
cytochrome P450s. Les conséquences ne sont pas neutres vis-à-vis
du potentiel de carcinogenèse de diverses substances chimiques.
Par ailleurs, les formes de P450s que l'on trouve chez l'être
humain sont liées au régime alimentaire, à
la constitution génétique, à la consommation
de tabac et d'alcool, ainsi qu'aux conditions d'exposition aux facteurs
environnementaux (14).
- Les variations observées d'une espèce à une
autre et d'une lignée à une autre, chez les rongeurs,
indiquent que le cheminement de nombreuses substances chimiques
nocives dans l'organisme n'est pas simple à appréhender.
Mani et al (35) ont montré que les effets du benzène,
potentiellement toxique et inducteur de tumeurs à faibles
doses, varient considérablement entre différentes
lignées endogames de souris appartenant à une espèce
couramment utilisée dans les laboratoires. Chez le rat de
Fischer, les résultats observés sont encore différents.
Les différences de résultats se sont révélées
dépendre des facultés métaboliques propres
à chaque lignée et à chaque espèce.
L'étude des amines hétérocycliques (une molécule
organique carcinogène communément répandue,
qui se forme au cours de divers procédés de cuisson)
conduit aux mêmes conclusions. Turteltaub et al (36) ont découvert
que ces amines provoquaient des dégâts génétiques
chez les rongeurs, et davantage encore chez les humains exposés
aux mêmes doses. Par ailleurs, ils ont relevé des différences
substantielles entre l'humain et le rat dans les métabolites
de l'administration d'amine. Ces auteurs ont conclu qu'au vu des
résultats, les "modèles" rongeurs ne reflétaient
pas de manière adéquate la réaction de l'être
humain à l'exposition aux amines hétérocycliques
(36). Dans leur étude publiée en 1999, Garner et al
sont arrivés aux mêmes conclusions (37).
- L'organisme humain a tendance à stocker dans les tissus
graisseux un certain nombre de substances chimiques solubles nocives,
comme les polychlorobiphényles (PCB), la diffusion des toxines
se produisant au cours du métabolisme. Chez le rat, l'organisme
a recours à un procédé d'élimination
des toxines tout à fait différent, qui consiste à
stocker et à décomposer (enzymes de désaturation).
- On constate même des différences de résultats
d'un laboratoire à un autre, dans des tests portant sur les
mêmes substances chimiques, que l'on soupçonne d'être
cancérigènes, et pratiqués sur les mêmes
lignées de rongeurs.
- La réaction observée lors du test d'une substance
peut varier selon le mode d'administration.
- Le potentiel d'une substance chimique quelconque à déclencher
une tumeur varie aussi selon l'espèce. Chez le rat, on a
montré que l'administration de saccharine provoquait le cancer
de la vessie, et il apparaît qu'une protéine agissant
dans une urine alcaline y serait pour quelque chose. Cette protéine
n'existe pas chez l'être humain, et l'urine humaine est en
principe acide (38).
- Lorsque l'on compare les réactions à ces tests chez
le rongeur et chez l'être humain, le fait que l'on trouve
des résultats positifs et négatifs faux complique
les choses. Les tests sur les rongeurs aboutissent fréquemment
à classer par erreur des substances chimiques comme carcinogènes,
alors qu'elles ne le sont pas, et inversement.
- Les tests de propriétés carcinogènes, menés
sur les animaux, sont coûteux à la fois en temps et
en argent, et comme cela a été montré, ces
inconvénients ne sont pas compensés par une fiabilité
appréciable des résultats.
- On observe de nettes différences en fonction de l'âge,
aussi bien à l'intérieur d'une espèce que d'une
espèce à une autre, dans les réactions aux
substances chimiques potentiellement carcinogènes ou mutagènes.
- Il a été montré que les restrictions alimentaires
chez les jeunes souris retardent l'apparition des tumeurs en réaction
à un test concernant une substance soupçonnée
d'être carcinogène (39 & 40). La transposition
de ce phénomène à l'être humain n'est
pas évidente.
- Les effets de l'absorption d'une substance chimique, quelle qu'elle
soit, sont très variés selon les espèces. Le
caractère létal est variable d'une lignée à
une autre. Ainsi, par exemple, les taux d'absorption cutanée
peuvent varier du simple au quintuple entre l'être humain
et les autres espèces. La peau humaine est moins perméable
que celle des rongeurs à bien des substances chimiques -
de tels résultats, en termes d'absorption, aboutissent donc
à surestimer les risques de tumeurs (41). Des différences
essentielles, observées dans les cas d'absorption avec la
nourriture, peuvent être reliées à des différences
significatives en termes d'anatomie du système gastro-intestinal
entre les diverses espèces (42). |
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Stratégie
alternative
Propriétés mutagènes
On estime à un cinquième la proportion des produits
chimiques couramment répandus dans le commerce à
présenter des propriétés mutagènes
(43). Les mutations d'origine chimique peuvent entraîner
des cancers ou des malformations congénitales.
Il existe plusieurs méthodes validées, autorisées
et utilisées depuis plus de 20 ans en toxicologie, de façon
officielle, permettant de tester in vitro les propriétés
mutagènes. Ces méthodes figurent depuis longtemps
dans les directives de tests de l'OCDE ainsi que dans l'annexe
correspondante du côté de l'Union Européenne.
Elles sont indiquées pour l'évaluation des substances
chimiques simples comme pour celle des mélanges, et permettent
également d'identifier les métabolites mutagènes.
L'agence américaine pour la protection de l'environnement
accepte les données provenant de deux tests de toxicité
génétique in vitro, sans tests in vivo, dans le
cadre du programme américain de production chimique à
grand volume (High Production Volume Chemical Challenge Program)(44).
Stratégie de tests par étapes pour les propriétés
mutagènes
Etape 1 :
Les relations structure/activité et les systèmes
sur ordinateur tels que DEREK, COMPACT (Computer Optimised Molecular
Parametric Analysis for Chemical Toxicity - Analyse paramétrique
moléculaire de la toxicité chimique optimisée
sur ordinateur) et TOPKAT (Toxicity Prediction by Computer-Assisted
Technology - Prédiction de toxicité par technologie
assistée par ordinateur) permettent d'identifier les substances
potentiellement mutagènes.
Etape 2 :
Les substances chimiques sont testées selon les trois méthodes
in vitro normalisées et acceptées : le test
d'Ames, les tests de mutation des cellules de mammifères
et les tests d'aberration chromosomique, avec et sans activation
métabolique.
Trois résultats positifs caractérisent les substances
chimiques mutagènes et trois résultats négatifs
indiquent l'absence de propriété mutagène.
En cas de résultats contradictoires, on passe à
l'étape 3.
Etape 3 :
Les substances chimiques ayant donné des résultats
contradictoires à l'étape 2 peuvent être soumises
à des tests supplémentaires moyennant des modifications
de la procédure ou le recours à d'autres méthodes
(comme le test micronucléaire in vitro, actuellement en
cours de validation au Japon, en Europe et aux Etats-Unis, ou
bien la procédure COMET).
Le risque réel que représentent les substances
chimiques identifiées lors de ces tests peut être
estimé à l'aide de techniques de modélisation
sur ordinateur (voir Encadré 2).
Une telle stratégie permet
de déterminer si les substances chimiques comportent ou
non des risques de provoquer des mutations.
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Perspectives
Action à mener en priorité
La Commission européenne devrait obtenir un avis définitif
de l'ECVAM concernant le meilleur choix des tests de l'étape
3. Le test micronucléaire in vitro est actuellement en cours
de validation. La Commission européenne devrait faire de
cela une priorité et mettre ce test en application dès
sa validation.
Délai suggéré : 1 an. |
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Stratégie
alternative
Propriétés carcinogènes
De nombreuses substances carcinogènes provoquent le cancer
par le biais de mutations de l'ADN, et il est possible d'identifier
tout d'abord ces mutations grâce à des tests in vitro
officiellement acceptés (voir stratégie pour les
propriétés mutagènes). Cependant, une fois
éliminé les substances chimiques mutagènes,
il existe d'autres effets de substances chimiques susceptibles
d'aboutir à la formation de tumeurs, et c'est là
que s'impose une stratégie de tests permettant d'identifier
les propriétés carcinogènes.
Il serait souhaitable d'associer la modélisation sur ordinateur
de l'absorption, de la diffusion et de l'élimination des
substances dans l'organisme (voir Encadré 2) avec des études
in vitro du métabolisme.
Stratégie de tests par étapes pour les propriétés
carcinogènes
Etape 1 :
Les propriétés fondamentales d'une substance chimique,
parmi lesquelles le coefficient de division ou la constante de
dissociation, ont un rapport direct avec la carcinogenèse.
Mentionnons aussi les signaux structurels et les relations structure/activité
entre les structures moléculaires et les propriétés
carcinogènes. Le recours à la modélisation
sur ordinateur et aux systèmes experts est ici très
utile (voir Encadré 2).
Etape 2 :
Les tests de transformation cellulaire tels que le SHE (Syrian
hamster embryo -embryon de hamster de Syrie) (voir Encadré
3) ont été officiellement acceptés par l'agence
internationale pour la recherche sur le cancer ainsi que par un
groupe de travail de l'ECVAM.
Etape 3 :
Les substances chimiques ayant donné des résultats
contradictoires à l'étape 2 et aux tests concernant
les propriétés mutagènes (voir plus haut)
peuvent être soumises à des études complémentaires
in vitro, comme par exemple le test de communication intercellulaire
(48).
Une telle stratégie permet d'identifier les substances
chimiques présentant un risque de
carcinogenèse, ainsi que celles qui ne présentent
pas de risque de provoquer des tumeurs. |
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Perspectives
Action à mener en priorité
La Commission européenne devrait promouvoir et mettre en
place une telle stratégie au nom du principe de précaution,
à savoir que lorsque le risque de carcinogenèse est
mis en évidence, la substance chimique concernée devrait
faire l'objet d'un contrôle approprié ou être
retirée de la circulation. Il serait souhaitable de donner
la priorité à la validation finale et à l'acceptation
du test de transformation cellulaire SHE de l'étape 2, ainsi
qu'à la validation du test de communication intercellulaire
si l'avis de l'ECVAM va dans ce sens.
Délai suggéré : 2 ans. |
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Encadré
2 - Modélisation sur ordinateur et systèmes experts
Il existe un certain nombre de logiciels permettant d'observer la
structure d'une substance chimique, d'examiner ses propriétés
et de les extrapoler pour en prédire le comportement dans
l'organisme humain.
Les systèmes disponibles actuellement sont les suivants :
- DEREK (Deductive Estimation of Risk from Existing Knowledge -
Estimation déductive du risque en fonction du savoir actuel)
- COMPACT (Computer Optimised Molecular Parametric Analysis for
Chemical Toxicity - Analyse paramétrique moléculaire
de la toxicité chimique optimisée sur ordinateur)
- TOPKAT (Toxicity Prediction by Computer-Assisted Technology -
Prédiction de toxicité par technologie assistée
par ordinateur)
- HazardExpert
TOPKAT a fait l'objet d'une utilisation récente par l'agence
américaine pour la protection de l'environnement à
propos des propriétés carcinogènes probables
de substances chimiques destinées à la désinfection
de l'eau (45).
COMPACT permet d'évaluer la probabilité qu'une substance
chimique interagisse avec les enzymes du foie et évolue à
travers le métabolisme vers une forme carcinogène
(27).
HazardExpert est un logiciel qui reconnaît les structures
carcinogènes dans les molécules des substances chimiques.
En associant COMPACT et HazardExpert, on a pu identifier correctement
85 pour cent de 40 substances chimiques et médicaments, carcinogènes
et non carcinogènes (27).
La modélisation bio-cinétique fondée sur la
physiologie est particulièrement bien adaptée aux
études de toxicité. Les modèles PBBK permettent
de prédire l'absorption, le métabolisme, la diffusion
dans l'organisme et l'élimination de la substance, au niveau
de l'ensemble de l'organisme. On peut réaliser des prédictions
d'après les données normalisées publiées
sur les diverses parties de l'organisme en y associant l'information
provenant des études cellulaires in vitro. |
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Encadré
3 - Le test de transformation SHE
Lorsque les cellules subissent une "transformation", elles
deviennent cancéreuses. Ce test s'effectue sur des cellules
d'embryon de hamster de Syrie en éprouvette et sa durée
est de quelques jours. Soixante-quinze substances chimiques préalablement
testées sur des rats et des souris ont été
soumises au test SHE, afin de voir si ce test permettait de distinguer
de faire le tri, de façon adéquate, entre les substances
carcinogènes et les substances non carcinogènes. Les
résultats furent semblables à ceux obtenus sur les
rongeurs dans 83 pour cent des cas, ce qui représente une
très bonne performance (46).
Une étude complémentaire a été menée
sur 19 substances chimiques, à l'initiative de l'Institut
international des sciences de la vie. Dans cette étude, publiée
en 2001, le taux de concordance avec les résultats obtenus
sur les rongeurs était de 89 pour cent.
Le test SHE a été proposé à l'OCDE,
et des directives ont été tracées en 1996.
Les choses n'ont cependant pas beaucoup avancé depuis. Pourtant,
aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration reconnaît
déjà la validité des tests de transformation
cellulaire dans la recherche pharmaceutique.
En 1999, un groupe de travail de l'ECVAM a publié un rapport
sur les tests de transformation cellulaire pour la prédiction
de la carcinogenèse (47). Selon ce rapport :
- Les tests de transformation ont été adoptés
par la prestigieuse Agence internationale pour la recherche sur
le cancer pour leur adéquation, du point de vue biologique,
dans l'étude de la carcinogenèse, et en tant qu'approche
cohérente pour la prédiction du potentiel carcinogène
des substances chimiques.
- Le test de transformation SHE peut être hautement prédictif
pour la carcinogenèse.
- En cas de résultat positif au test d'Ames et au test SHE,
"il devrait être tenu pour acquis que la substance chimique
considérée est carcinogène pour les rongeurs".
- On peut légitimement se demander pourquoi les instances
officielles ont fait si peu de cas des tests de transformation cellulaire.
- Il serait souhaitable de donner dès à présent
la priorité à une étude de validation de ces
tests. Il faut que la meilleure méthode d'application de
ces tests soit normalisée.
Le test SHE apparaît clairement comme particulièrement
indiqué pour l'identification des substances chimiques inductrices
de cancers. Une validation finale et une standardisation du protocole
de test s'imposent, et un laps de temps de deux ans suffirait pour
ce faire.
Associée à des tests de propriétés mutagènes
in vitro selon une procédure déjà reconnue
officiellement, la méthode de test SHE permettrait d'identifier
rapidement les substances susceptibles d'être carcinogènes
pour l'être humain, dans des délais qui se comptent
en jours ou en semaines plutôt qu'en années. Par la
même occasion, des milliers d'animaux seraient ainsi épargnés. |
- -
Représentant français de Europe for Animal Rights et de la Coalition Européenne
pour mettre fin à l'Expérimentation Animale
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