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VI
- TEST : TOXICITÉ CHRONIQUE
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| Animal |
rats
(utilisation éventuelle des chiens comme seconde
espèce).
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| Nombre |
160
rats (32 chiens).
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| Objectif |
évaluer
les conséquences de l'administration d'une substance
chimique sur le long terme et sur des périodes significatives
de la durée de vie de l'animal.
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| Test |
L'administration
de la substance se fait habituellement par voie orale ou
par inhalation. L'étude dure au minimum douze mois,
et jusqu'à deux ans.
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| Symptômes |
variations
de la pression artérielle, perte d'appétit,
agressivité, agitation, faiblesse musculaire, salivation
excessive, lésions organiques internes, érection
du pelage, vomissements (chiens), tremblements, diarrhées
avec saignements, coma et parfois mort de l'animal.
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Critique
- Voir la critique des tests de toxicité aiguë et à
doses répétées (38). Là encore, l'état
physiologique, l'état du système immunitaire et le
régime alimentaire de l'espèce choisie jouent un rôle
déterminant. De même, les prédispositions génétiques
du "modèle" animal sont un facteur d'ambiguïté
dans l'interprétation des résultats des études
à long terme, quel qu'en soit le domaine (49). Par ailleurs,
la toxicité chronique se prête mal à une interprétation
fiable et définitive.
- Lorsque l'on compare les effets à long terme d'une substance
potentiellement toxique, comment assure-t-on les révisions
à la hausse ? On sait que dans certains cas, les organismes
sont plus sensibles pendant certaines périodes. Les effets
toxiques se produisant en dehors de ces périodes sont donc
susceptibles d'être sous-estimés.
- Les réactions de l'animal testé varient souvent
selon son sexe, mais les conclusions à en tirer à
propos de l'être humain ne sont pas toujours évidentes.
- La substance testée est susceptible de provoquer des dégâts
au niveau des organes qui éliminent les toxines, comme le
foie et les reins, ce qui peut alors rendre la substance encore
plus toxique au cours du temps, surtout chez les espèces
dont le foie ou les reins sont les plus vulnérables.
- L'histoire des expositions naturelles antérieures du sujet
est un facteur crucial à considérer pour évaluer
la dose toxique à long terme. Chez l'être humain, il
est rare qu'un individu reçoive une dose unique ponctuelle,
ou qu'il reçoive régulièrement une dose identique
pendant une longue période. Par conséquent, l'extrapolation
à partir d'une dose simple ou d'une dose multiple administrée
à un animal est par trop simpliste.
- Le mode d'administration joue un rôle capital dans la détermination
du degré de toxicité (voir plus haut). Si les substances
testées sont administrées par voie orale à
des animaux végétariens, il peut très bien
se former des métabolites nocives que l'on ne retrouvera
pas chez l'être humain (on peut citer comme exemple de cet
artéfact celui des saignements intestinaux survenant chez
le cochon d'Inde par suite de l'administration de pénicilline,
qui ne surviennent qu'en raison des enzymes qui permettent au cochon
d'Inde de digérer la cellulose : on n'observe pas ce phénomène
chez les espèces qui ne sont pas végétariennes,
comme l'être humain) (50).
- Le recours à des tests statistiques sérieux est
crucial, et cependant absent dans bien des procédures de
tests des effets d'une exposition chronique.
- Les protocoles de tests futurs intègrent trop rarement
les résultats cliniques et à long terme déjà
disponibles de l'utilisation humaine des substances.
- Pour qu'une extrapolation à l'humain est un sens, toute
mesure des effets d'une exposition chronique ou aiguë à
une substance testée devrait prendre en compte les effets
secondaires qui sont parfois peu palpables. Pourtant, dans les tests
portant sur l'effet des substances sur le cerveau, par exemple,
on ne tient pas compte des incidences sur la fonction de mémorisation,
les effets sensoriels et autres aspects cognitifs similaires (51).
- L'évaluation de l'impact des modes d'administration multiples
est problématique. Chez l'être humain, les substances
peuvent être inhalées, avalées ou absorbées
sous forme de particules fines, ou absorbées par certains
organes particuliers. De simples tests effectués sur un "modèle"
animal ne permettent pas de représenter une telle complexité.
Comme nous l'avons mentionné précédemment,
la manière dont une substance testée sera éliminée
ou neutralisée varie selon les espèces, et l'état
de santé de l'animal influe de diverses manières sur
le degré de fiabilité d'une extrapolation du risque
pour l'être humain à partir des résultats du
test.
- Les interactions chimiques entre la substance testée et
le sujet expérimenté ne sont pas à négliger.
Les substances chimiques dissoutes de diverses manières pourront
avoir des effets très différents de ceux d'autres
formes pourtant très proches.
- De nombreuses inconnues persistent à propos des effets
toxiques pouvant se produire à différents stades de
la croissance chez l'être humain, les enfants étant
souvent bien plus vulnérables aux substances chimiques que
les adultes. La prise en compte d'un facteur dix est censée
garantir des seuils de sécurité, mais il n'est pas
évident que l'on puisse véritablement exploiter de
cette manière, et sans risque, des données acquises
à travers l'expérimentation animale (52).
- Les substances chimiques testées peuvent avoir un effet
sur les générations suivantes, comme ce fut le cas
avec le Stilboestrol (une hormone sexuelle de synthèse).
Ce produit est maintenant bien connu pour être potentiellement
cancérigène, mais ce n'est pas toujours chez la génération
recevant la substance que l'on observe de tels effets (49). |
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Stratégie
alternative
Les méthodes in vitro permettant d'évaluer la toxicité
chronique ne sont pas aussi développées que celles
qui concernent la toxicité aiguë. Il est néanmoins
essentiel, pour des raisons pratiques autant qu'éthiques,
de tester la toxicité à long terme sans recourir à
l'expérimentation animale. Les tests de toxicité chronique
sur l'animal sont un processus très coûteux à
la fois en argent et en temps (1 à 2 ans pendant lesquels
du personnel est requis de manière intensive) permettant
finalement d'obtenir des données dont l'interprétation
et la transposition à l'être humain posent problème.
Stratégie de tests par étapes pour la toxicité
chronique
Etape 1 :
Recours au contrôle des relations structure/activité
assisté par ordinateur, avec DEREK par exemple, pour prévoir
le toxicité probable.
Etape 2 :
Tests de toxicité cellulaire de base, avec exposition prolongée
aux substances chimiques, pour identifier les substances présentant
une toxicité cellulaire générale et non spécifique.
L'utilisation des données se fait aussi à l'étape
3.
A ce stade, il est possible de classer les substances chimiques
hautement toxiques.
Etape 3 :
Intégration des données acquises in vitro, notamment
celles des études métaboliques, dans des simulations
sur ordinateur de l'absorption, de la diffusion et de l'élimination
de la substance, comme le prévoit le projet de test de toxicité
intégré ERGATT/CFN (21). On peut ainsi obtenir des
prédictions de la concentration chimique et du délai
d'élimination dans divers tissus de l'organisme, et identifier
les tissus cibles probables pour chaque substance.
Il est possible, à ce stade, de classer les substances
chimiques toxiques présentant des risques d'accumulation
dans l'organisme
Etape 4 :
Des méthodes plus spécialisées, pour l'étude
des effets à long terme (53), consistent à utiliser
des cellules des tissus cibles identifiés à l'étape
3. Il peut s'agir des tissus des reins, du foie, du système
nerveux ou du système vasculaire. Des "niveaux d'effets
non observés" peuvent ainsi être définis
pour les substances testées. Ainsi, par exemple, dans une
étude récente (21), on a mesuré la toxicité
de plusieurs substances chimiques sur des cultures de cellules nerveuses,
pour une série de dosages, sur plus de 72 heures. On a pu
ainsi caractériser des substances chimiques telles que le
lindane, qui s'accumule dans les tissus cibles au cours du temps.
Dans cette étape, comme à l'étape 3, l'absorption,
le métabolisme, la diffusion et l'élimination sont
analysées avec l'aide de l'ordinateur.
On peut ainsi identifier les substances
chimiques toxiques pour les tissus cibles et quantifier les seuils
de toxicité. |
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Perspectives
Action à mener en priorité
La Commission européenne devrait donner la priorité
au développement des études de métabolisme
in vitro et aux études de simulation sur ordinateur de l'étape
3 et des tests de tissus cibles de l'étape 4.
Délai suggéré : 5 ans maximum. |
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Représentant français de Europe for Animal Rights et de la Coalition Européenne
pour mettre fin à l'Expérimentation Animale
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