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Défense des intérêts économiques
Au nom de la défense des intérêts des
firmes cosmétiques, la France a donc déposé
un recours qui a été examiné pour la première
fois le 18 janvier 2005. En résumé, les arguments
de la France sont les suivants : la disposition européenne
est floue, elle pénaliserait les industriels si elle était
prise au pied de la lettre. Seulement, si la Cour suivait la France,
cela reviendrait en fait à annuler purement et simplement
l’interdiction de tester sur les animaux. Or, l’avocat
général de la Cour a rejeté en bloc les arguments
français, à la mi-mars 2005. Le verdict ne sera
pas rendu avant plusieurs mois.
71% des consommateurs contre les tests
Il faut savoir que lorsque l’Union Européenne
a adopté la directive (en fait le «7ème amendement
de la Directive sur les cosmétiques»), en 2003, un
sondage réalisé auprès des Européens
montrait que 71% approuvaient la mesure.
Industriels déboutés
La tentative de la France de faire valoir le profit économique
immédiat plutôt que le bien-être des animaux
paraît cependant avoir peu de risques d’aboutir. En
effet, en décembre 2004, une fédération européenne
de produits cosmétiques avait déjà tenté
une action, mais celle-ci a été jugée irrecevable.
Et donc, l’avocat général de la Cour a lui
aussi préconisé de rejeter l’action entreprise
par le gouvernement français.
Arguments du gouvernement
Il n’empêche, l’avocat de la France a plaidé
qu’ « il faut que les entreprises soient en mesure
d’évaluer plusieurs années à l’avance
les obligations auxquelles elles devront êtres soumises
et auxquelles elles devront s’adapter ». Toutefois,
il a également reconnu que « le gouvernement tient
à préciser qu’il n’est pas du tout opposé
à toute interdiction programmée de l’arrêt
des expérimentations animales dès lors bien sûr
que celle-ci serait à la fois claire et précise
mais également qu’elle soit réalisable en
fonction du progrès technique qui permette d’inventer
des procédés de méthodes alternatives ».
Autrement dit, dès lors que la mesure ne gêne pas
trop les industriels, la France est prête à renoncer
à la vivisection.
Plus d’interdiction ?
Face à cela, l’avocat du parlement européen
a fait remarquer que si la Cour suivait la France : « Au
lieu d’une interdiction étalée sur plusieurs
années, il n’y aurait aucune interdiction du tout
». Ce qui va à l’encontre du texte adopté.
Et de faire remarquer que « Il semble que le fil rouge de
ce recours soit la tentative de la France d’obtenir l’interprétation
qui lui convient le mieux. »
Répugnance
Quant à l’avocat du Conseil de l’Union Européenne,
il a fait valoir « La répugnance à l’égard
de produits testés sur les animaux ». Pour lui, la
sensibilité des Européens, majoritairement hostiles
à la vivisection doit être prise en compte. «
Si ce n’était pas le cas, a-t-il poursuivi, verrait-on
dans la communauté se développer des firmes, des
institutions de commercialisation proposant aux consommateurs
des produits non testés sur les animaux et exclusivement
ces produits ? »
D’autres audiences se tiendront dans le courant de l’année
2005.
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