L’exemple vient de la Pologne. Ce pays, a décidé,
le 3 décembre 2004 de mettre un terme à l’expérimentation
sur les animaux des produits cosmétiques et d’hygiène.
Le projet de loi a été adopté par 354 députés.
Il s’agit d’une avancée importante, mais
pas encore déterminante puisque le texte prévoit
des exceptions, comme la nécessité de protéger
la santé et la vie humaine ou des animaux ou l’absence
de méthodes alternatives.
L’Italie, l’Autriche aussi, la Belgique est en bonne
voie …
Il n’empêche, la décision polonaise va dans
le sens de la prise de conscience, au niveau européen,
des souffrances endurées par les animaux de laboratoire.
Ainsi, l’Italie et l’Autriche ont transposé
dans l’intégralité la directive dans leur
législation nationale.
La Belgique, quant à elle, a émis un projet d’arrêté
royal qui interdit "immédiatement les tests cosmétiques
sur animaux pour les produits cosmétiques finis et les
ingrédients ou combinaisons d'ingrédients de produits
cosmétiques".
Directive européenne
Ces décisions font suite à l’obligation
des pays membres de l’Union Européenne de transposer
dans leur législation la directive 2003/15/CE du Parlement
européen et du Conseil du 27 février 2003. Cette
directive vise à interdire les expérimentations
animales pour les cosmétiques. L’interdiction de
tester les produits finis en Europe devait être adoptée
en septembre 2004. L'interdiction totale* d'expérimentation
(sur ingrédients et produits finis) et de commercialisation
prendra effet en 2009.
* sauf pour 3 tests expérimentaux (toxicité à
doses répétées, toxicité pour la
reproduction et toxico cinétique), où aucune méthode
alternative n'est encore à l'étude, l’interdiction
n’interviendra qu’en 2013.
Le gouvernement Raffarin résolument contre
La France, sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, a tout
fait pour que cette directive ne voit jamais le jour. Non seulement
la délégation française a voté contre
le texte, mais le gouvernement a même engagé un
recours devant la Cour de Justice des Communautés européennes
(CJCE). Pour justifier sa position, il avait alors indiqué
que la directive faisait "peser sur l'industrie cosmétique
européenne une incertitude très nuisible à
son développement futur, avec des répercussions
inévitables en termes d'investissements, de perte de
compétitivité mais également d'emplois".
Entre la protection animale et les intérêts des
multinationales, la France avait donc vite fait son choix.
Publications en catimini
Mais finalement, en octobre 2004, le ministre de la santé
et de la protection sociale a présenté une ordonnance
transposant la fameuse directive. Curieusement, sur le site
du Premier ministre, il est souligné : "cette ordonnance
prévoit que les fabricants de produits cosmétiques
informent le public sur la composition qualitative et quantitative
des produits cosmétiques dans des conditions respectant
le secret commercial et la propriété intellectuelle.
Le public sera également informé des données
existantes sur les effets indésirables éventuellement
provoqués par l’utilisation de ces produits".
Mais nulle mention du sort réservé aux animaux.
Pas à pas…
En novembre 2004, un décret (2004-1219) stipule que "Le
fabricant ou le responsable de la mise sur le marché
communautaire du produit cosmétique ne peut signaler,
sur l'emballage du produit, ou sur tout document, notice, étiquette,
bande ou carte accompagnant ce produit ou s'y référant,
l'absence d'expérimentations réalisées
sur des animaux que si le fabricant et ses fournisseurs n'ont
pas effectué ou commandité de telles expérimentations
pour le produit cosmétique fini, ou son prototype, ou
les ingrédients le composant, et n'ont utilisé
aucun ingrédient ayant été testé
par d'autres sur des animaux en vue du développement
de nouveaux produits cosmétiques".
Allez, encore un effort !
http://europa.eu.int/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi!celexapi!prod!
CELEXnumdoc&lg=FR&numdoc=303L0015