Les
politiques ont décidé de s'emparer de la question
de l'expérimentation animale. Voici les questions posées
sur ce sujet au cours de la législature actuelle. La réponse
du ministère de la Recherche est invariablement de se réfèrer
au décret n° 87-848 du 19 octobre 1987,
qui fixe le cadre légal dans lequel les tests peuvent être
réalisés et de souligner la nécessité
de l'expérimentation. Nous publions toutefois une de ses
réponses en intégralité, car elle constitue
une réaction à notre sondage.
Philippe Richert, sénateur UMP du Bas-Rhin,
"attire l'attention de Monsieur le ministre de l'Agriculture,
de l'Alimentation, de la pêche et des Affaires rurales sur
les manquement de la France concernant l'application correcte
de six des mesures de la directive 86/609/CEE qui réglemente
le champ d'application de l'expérimentation animale. La
Commission européenne a formellement averti le gouvernement
français de son intention de sanctionner ces manquements.
Il lui demande donc de lui indiquer les mesures qu'il a prises
ou qu'il entend prendre pour répondre aux exigences de
l'Union européenne".
Jacques Peyrat, sénateur UMP des Alpes Maritimes
: "souhaite appeler l'attention de Madame la ministre déléguée
à la Recherche et aux nouvelles technologies sur le problème
de l'expérimentation animale sur les chiens et les chats
en France. En effet, malgré les progrès considérables
réalisés dans le domaine de la recherche n'impliquant
pas le recours à des animaux, un récent rapport
traitant des expériences menées sur les chiens et
chats en France entre 1999 et 2002 constate que la France pratique
davantage d'expériences sur les chats que les autres Etats
membres de l'Union Européenne et qu'elle se classe en troisième
position par le nombre de chiens utilisés dans les laboratoires.
Ce rapport souligne, par ailleurs, le manque de transparence concernant
l'utilisation de produits anesthésiants et analgésiques
qui permettrait pourtant de limiter la souffrances des animaux.
Enfin, ce rapport fait état des graves manquements de la
France concernant l'application de la directive européenne
86/609, transposée dans le droit français par le
biais du décret du 19 octobre 1987. La Commission européenne
a déjà formellement averti le gouvernement, en 1998,
de son intention de sanctionner les manquements de la France et
l'avocat général a déclaré, en 2002,
que la exigences de la Commission étaient maintenues. En
conséquence, il la remercie de bien vouloir lui faire connaître
les mesures envisagées par le gouvernement pour se mettre
en conformité avec les exigences européennes en
matière d'expérimentations animales et pour garantir
une meilleurs protection de ces animaux domestiques".
Marc Dolez, PS Nord : "appelle l'attention
de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de
la pêche et des affaires rurales sur le retard pris par
la France en matière de limitation de la vivisection et
des expérimentations animales. Les normes européennes
prescrivent une diminution de 50 % du nombre d'animaux sujets
d'expérimentation. Le décret n° 87-848
du 19 octobre 1987 pris pour l'application de l'article 454
du code pénal et du troisième alinéa de l'article 276
du code rural et relatif aux expérimentations animales
n'autorise les expérimentations sur l'animal que si aucune
méthode ne peut s'y substituer. Or, de nombreuses expérimentations
sont encore menées sur des animaux élevés
à cet effet, pour étudier certaines maladies génétiques
et dégager des thérapies géniques alors que
des alternatives à ce type de recherches existent. C'est
pourquoi il lui demande s'il entend prendre des mesures visant
à remédier à cette situation".
Laurent Hénart, UMP Meurthe-et-Moselle
: "souhaite attirer l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies sur les méthodes
de substitution dans la recherche et surtout sur les méthodes
sans expérimentation animale. En effet, il semblerait que
ces dernières soient beaucoup plus justes (4 à 5 %
d'erreurs contre parfois 50 % avec les animaux), moins coûteuses
et les résultats plus rapides qu'avec l'expérimentation
animale. Certaines méthodes sont très fiables telles
que la biologie moléculaire ou la biologie cellulaire.
Ces méthodes sont de plus en plus utilisées à
l'étranger, et notamment en Europe. C'est pourquoi, il
serait nécessaire de savoir quels sont les freins qui empêchent
ces expérimentations moins coûteuses en France".
Jean-Paul Dupré, PS Aude : "attire
l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies sur l'impérieuse
nécessité de généraliser sans plus
de retard les méthodes alternatives à l'utilisation
d'animaux vivants pour l'expérimentation. Une avancée
significative a été réalisée en ce
domaine avec le vote, par le Parlement européen, le 15 janvier 2003,
portant sur le septième amendement modifiant la directive
« cosmétiques ». Cette directive sur les cosmétiques
qui modifiera donc, pour la septième fois, une législation
datant de 1976, prévoit l'interdiction, en plusieurs étapes,
des expérimentations des produits cosmétiques sur
les animaux ainsi que la commercialisation des produits ainsi
testés. Si l'on ne peut que se féliciter de ces
dispositions il n'apparaît pas moins que leur généralisation,
fixée à l'horizon 2009, paraît encore trop
lointaine. Sachant que la Grande-Bretagne a aboli les tests de
produits et d'ingrédients cosmétiques sur les animaux
depuis 1998, de même d'ailleurs que l'Allemagne et les Pays-Bas,
il lui demande si comme cela paraît hautement souhaitable,
le Gouvernement entend prendre rapidement des mesures similaires".
Philippe Dubourg, UMP, Gironde : "souhaiterait
appeler l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies sur les problèmes
liés à l'expérimentation médicale
ou scientifique sur les chiens et les chats en France. Un sondage
réalisé par « Ipsos Opinion » en février 2003
ayant pour thème ce sujet démontre que nos concitoyens,
à une forte majorité, sont défavorables à
l'expérimentation animale compte tenu des souffrances qu'elle
génère. Les rapports de biologistes fiables ont
montré le manque de transparence concernant l'utilisation
des anesthésiants et analgésiques, laquelle permettrait
pourtant de limiter la souffrance des animaux. Le décret
n° 87-848 du 19 octobre 1987 précise
: « Sont licites les expériences ou recherches pratiquées
sur des animaux vivants à condition (...) qu'elles
revêtent un caractère de nécessité
et que ne puissent inutilement y être substituées
d'autres méthodes expérimentales. » Le décret
ajoute qu'elles doivent poursuivre des fins bien définies.
Il apparaît que, depuis lors, de nombreux progrès
ont été réalisés qui permettraient
sans doute d'utiliser des méthodes alternatives, pour le
moins dans les domaines liés à certains produits
de luxe, cosmétiques et autres. Il lui demande donc si,
pour répondre à l'attente des Français, elle
entend prendre des mesures dans ce domaine et lesquelles pour
qu'au-delà du progrès recherché s'appliquent
ici aussi les règles d'éthique auxquelles la France
a été rappelée par la Commission européenne
dès le 24 avril 1998.
Réponse du ministre délégué à
la Recherche
"Les réponses aux questions qui ont été
posées pour réaliser ce sondage mettent en évidence
la sensibilité que les personnes interrogées ont
de l'expérimentation animale. Dans notre pays, qui a transcrit
dans son droit la réglementation européenne (convention
STE 123), il n'y a plus d'expérimentations qui engendrent
de la douleur si elles ne revêtent pas un caractère
de nécessité telles que celles des rares laboratoires
dont l'activité est centrée sur ce problème
et qui sont soumis à déclaration en préfecture.
La communauté scientifique française et européenne
est très sensibilisée au problème de l'expérimentation
animale qui n'est autorisée que dans les cas où
aucun modèle in vitro n'existe. Quant au recours à
l'animal pour tester les effets toxiques éventuels des
produits destinés à être utilisés principalement
comme cosmétiques ou produits d'hygiène, qui représentent
0,11 % (souris, rats, hamsters, cobayes et lapins) des animaux
utilisés en 2001, il est rassurant de savoir que l'on peut
utiliser de tels produits dont l'innocuité est ainsi avérée.
Actuellement, seules trois méthodes de test in vitro ont
seulement été validées par le laboratoire
européen chargé de centraliser toutes les méthodes
substitutives, elles sont utilisées en France, aussitôt
que d'autres seront validées les laboratoires les utiliseront.
La France s'est dotée d'une très sérieuse
réglementation qui est scrupuleusement respectée
par tous les expérimentateurs et qui implique que toutes
les expérimentations soient justifiées par de solides
impératifs scientifiques, et au-delà de cette réglementation,
elle dispose depuis 2002 de comités d'éthique appliquée
à l'expérimentation animale dans tous les secteurs
d'activité, qu'ils soient publics ou privés. Le
fait que les trois quarts des Français s'expriment en défaveur
de l'expérimentation animale révèle un besoin
d'information supplémentaire et un effort pédagogique
de la part des scientifiques pour mieux faire comprendre la nécessité
de leurs recherches, dans le respect des règles éthiques
prescrites. Tous les acteurs responsables de notre pays doivent
faire le nécessaire pour mieux informer les citoyens sur
ce sujet qui rencontre un écho très fort dans une
partie de la population.
Bérengère Poletti, UMP Ardennes
: "attire l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies sur les expérimentations
menées sur des animaux en France, notamment sur les chiens
et les chats. La directive communautaire n° 86/609/CEE
réglementant le champ d'application de l'expérimentation
animale, définit des mesures pour assurer des normes de
base en matière d'hébergement et de soins et exige
que les animaux soient les moins maltraités possible. La
règle des trois R contenue dans la directive (art. 7-2,
7-3, 7-4 et 23) impose aux personnes responsables de la pratique
et de la régulation de l'expérimentation de remplacer
celle-ci par des méthodes substitutives ; de raffiner les
protocoles d'expérimentation pour minimiser la souffrance
des animaux ; et de réduire le nombre d'animaux utilisés
dans la recherche. Le 24 avril 1998, la Commission européenne
a formellement averti le gouvernement français de son intention
de sanctionner les manquements de la France en ce qui concerne
l'application correcte de six mesures de la directive. Ainsi,
si d'autres Etats européens se sont engagés dans
la création de comités d'éthique institutionnels,
la France reste sur ce sujet en retrait. Elle lui demande par
conséquent quelles mesures elle envisage de prendre afin
de mettre en oeuvre un véritable projet national de développement
des méthodes substitutives de recherche et de test, d'imposer
des contrôles rigoureux par des inspecteurs vétérinaires,
de mettre en place des comités d'éthique institutionnalisés
et de conditionner le financement de la recherche au respect de
la règle des trois R"
Lionnel Luca, UMP Alpes Maritimes : "appelle
l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies concernant
l'expérimentation animale en France. Un rapport effectué
par des scientifiques traitant du problème de l'expérimentation
animale sur les chiens et les chats, fait état de chiffres
inquiétants concernant les recherches en laboratoire dans
notre pays. Malgré les progrès réalisés
pour ne plus pratiquer d'expériences sur les chiens et
chats, la France reste le premier Etat européen à
user de telle pratiques sur les chats et au troisième rang
pour les chiens. Cette situation est particulièrement déplorable
et porte atteinte à l'éthique et aux mesures énoncées
dans la directive européenne 86/609, transposée
dans le droit français par le biais du décret du
19 octobre 1987. Il lui demande quelles mesures elle envisage
afin de respecter dans les meilleurs délais cette directive
et ainsi garantir une meilleure protection de nos animaux de compagnie."
Jean-Pierre Decool, UMP Nord :" attire
l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies concernant
l'expérimentation scientifique sur les chiens et les chats
en France. Un récent sondage montre que les Français
sont défavorables à l'expérimentation et
estiment que les abus, dans ce domaine, sont trop nombreux. Des
progrès considérables en matière de recherche
scientifique n'impliquent pas forcément le recours à
des animaux. Or selon le décret du 19 octobre 1987,
transposant en droit français la directive européenne
86/609, « sont licites les expériences ou recherches
pratiquées sur des animaux vivants à condition,
d'une part, qu'elles revêtent un caractère de nécessité
et que ne puissent utilement y être substituées d'autres
méthodes expérimentales et, d'autre part, qu'elles
soient poursuivies à des fins expressément énumérées
». Des méthodes alternatives doivent être utilisées.
II lui demande, en conséquence, quelles mesures elle envisage
afin de limiter le recours aux animaux dans la recherche expérimentale,
d'autant plus que la Commission européenne, le 24 avril 1998,
a averti la France qu'elle la sanctionnerait pour manquement à
l'application de la directive européenne. »
Jean-Claude Bois, socialiste Pas-de-Calais :
"appelle l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies sur l'adoption
par le Parlement européen de la directive 2003/15/CE du
27 février 2003 visant à interdire les
tests et la vente de produits cosmétiques testés
sur animaux à compter de 2009 (sauf pour trois types de
tests pour 2012) et sur le sondage effectué auprès
des Français qui se déclarent à 64 %
opposés à l'expérimentation animale (enquête
IPSOS - One Voice - février 2003). Le Royaume-Uni
et les Pays-Bas ont d'ores et déjà complètement
interdit les tests des produits cosmétiques et de leurs
ingrédients sur les animaux. La France utilise, à
elle seule, plus de la moitié des 35 000 animaux expérimentés
pour les cosmétiques dans l'Union européenne. En
conséquence, il lui demande de lui préciser la position
officielle du Gouvernement sur ce point et quels sont les moyens
qui vont être mis en oeuvre afin de développer des
méthodes sans recours à l'animal."
Patrick Balkany, non inscrit Hauts-de-Seine
: "appelle l'attention de M. le ministre de l'agriculture,
de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales sur
le problème de l'expérimentation animale sur les
chiens et les chats en France. En effet, l'enquête Ipsos
effectuée en février 2003 montre que 64 % de l'opinion
publique y est défavorable, 76 % des Français estimant
que les abus sont trop nombreux. En outre, 86 % des Français
jugent que toute expérimentation engendrant la souffrance
d'un animal devrait être interdite, 72 % se prononçant
pour l'interdiction pure et simple de toute forme d'expérimentation
sur les chiens et les chats. Or, un rapport scientifique réalisé
sous l'égide de l'association One Voice, rendu public en
mars 2003, et qui dresse une analyse des expériences
sur les chiens et les chats en France, montre que notre pays pratique
davantage d'expériences sur les chats que n'importe quel
autre pays de l'Union européenne. De plus, la France se
classe troisième par le nombre de chiens utilisés
dans les laboratoires, et ce nombre a même augmenté
entre 1993 et 1999. Par ailleurs, le rapport des biologistes
pointe le manque de transparence concernant l'utilisation des
produits anesthésiants et analgésiques, lesquels
permettraient pourtant de limiter la souffrance des animaux. Surtout,
il est montré que beaucoup d'expériences n'ont aucune
justification en matière de santé. Enfin, ce rapport
fait état de graves manquements de la part du gouvernement
français concernant l'application de la directive européenne 86/609,
transposée en droit français par le décret
du 19 octobre 1987. Ainsi, le 24 avril 1998, la Commission
européenne a formellement averti le Gouvernement de son
intention de sanctionner les manquements de notre pays s'agissant
de l'application correcte de six des mesures de la directive précitée.
En dépit des modifications apportées à l'application
de ladite directive par le décret n° 2001-464 et par
la décision du 20 juin 2001, la Commission a maintenu
ses exigences et la procédure se poursuit. En conséquence,
il lui demande quelles mesures il entend prendre pour protéger
davantage les chiens et les chats des abus de l'expérimentation
animale et pour mettre notre droit en conformité avec les
exigences européennes".
Martine Aurillac, UMP Paris : "appelle
l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies sur l'expérimentation
scientifique sur les chiens et les chats en France. Un rapport
effectué par des scientifiques traitant du problème
de l'expérimentation animale sur les chiens et les chats
fait état de chiffres inquiétants concernant les
recherches en laboratoire dans notre pays. Par ailleurs, un récent
sondage montre que les Français sont défavorables
à l'expérimentation et estiment que les abus, dans
ce domaine, sont trop nombreux. Ainsi, malgré les progrès
réalisés pour ne plus pratiquer d'expériences
sur les chiens et chats, la France reste le premier Etat européen
à user de telles pratiques sur les chats et au troisième
rang pour les chiens. Or, les progrès réalisés
dans ce domaine sont considérables en matière de
recherche scientifique et n'impliquent pas forcément le
recours à des animaux. De plus, selon le décret
du 19 octobre 1987, transposant en droit français
la directive européenne 86/609, « sont licites les
expériences ou recherches pratiquées sur des animaux
vivants à condition, d'une part, qu'elles revêtent
un caractère de nécessité et que ne puissent
utilement y être substituées d'autres méthodes
expérimentales et, d'autre part, qu'elles soient poursuivies
à des fins expressément énumérées
». Des méthodes alternatives doivent être aujourd'hui
utilisées. En conséquence, elle lui demande quelles
mesures elle envisage de mettre en place pour faire respecter,
dans les meilleurs délais, les dispositions de cette directive
et ainsi garantir une meilleure protection des chats et des chiens."
Francis Hillmeyer, UDF Haut-Rhin : "attire
l'attention de M. le ministre de la santé, de la famille
et des personnes handicapées sur l'expérimentation
animale. Alors que M. le ministre était député
UDF des Bouches-du-Rhône, il avait déposé
le 9 août 1993 une question écrite à la présidence
de l'Assemblée nationale pour attirer l'attention du ministre
de l'enseignement supérieur et de la recherche de l'époque
sur l'existence de nombreuses méthodes substitutives à
l'expérimentation animale. Cette question démontre
si besoin en était que ce sujet sensible constituait déjà
il y a près de dix ans l'une de ses préoccupations
majeures. Malheureusement, depuis lors, les techniques in vitro
qui devaient être favorisées comme méthodes
préférentielles de remplacement aux expérimentations
in vivo sur l'animal n'ont guère évolué.
Ces méthodes substitutives à l'expérimentation
animale sont, hier comme aujourd'hui, trop peu encouragées
et soutenues. Il indiquait pourtant dans sa question écrite
précitée que notre pays s'honorerait en développant
ces nouvelles méthodes. Il lui demande en conséquence
quelles mesures il entend prendre pour favoriser les recherches
qu'il préconisait déjà il y a une décennie
en ce domaine".
Georges Ginesta, UMP Var : " attire l'attention
de Mme la ministre déléguée à
la recherche et aux nouvelles technologies sur le problème
des expérimentations touchant les animaux et plus particulièrement
les chiens et les chats. Si des cobayes animaux sont nécessaires
afin de mettre au point les médicaments susceptibles demain
de sauver des vies humaines, l'expérimentation sur l'animal
garde un caractère particulièrement révoltant
alors même que des méthodes substitutives peuvent
être mises en place afin d'éviter les souffrances
inutiles. Certains pays européens se sont engagés
dans la création de comités d'éthique institutionnels
mais il semble que la France soit largement en retard sur ce point.
C'est pourquoi il lui demande de bien vouloir lui indiquer l'état
de la recherche expérimentale sur animaux en France et
les mesures réglementaires qu'elle entend prendre afin
de mieux encadrer les travaux des laboratoires.
Marcelle Ramonet, UMP Finistère : "appelle
l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies sur la question
sensible de l'expérimentation animale. Elle lui rappelle
qu'un nombre considérable d'animaux, dits de laboratoires,
sont ainsi utilisés chaque année pour des expérimentations
diverses, dont la justification scientifique n'est d'ailleurs
pas toujours prouvée. Les souffrances qui sont infligées
à ces animaux sont souvent insupportables, comme en témoignent
de nombreux rapports ou enquêtes d'associations oeuvrant
pour la cause animale. Elle lui rappelle qu'un nombre croissant
de scientifiques dénonce ces pratiques, d'autant que des
techniques de substitution existent qui permettraient de limiter
le recours systématique à ces types d'expérimentations.
Elle lui demande quelles mesures elle entend prendre pour arrêter
cette exploitation."
Thierry Mariani, UMP Vaucluse : "appelle l'attention
de M. le ministre de l'agriculture, de l'alimentation, de
la pêche et des affaires rurales sur la question des expérimentations
animales pratiquées en France, en particulier sur les chiens
et les chats. En effet, malgré les progrès considérables
réalisés dans le domaine de la recherche n'impliquant
pas le recours à des animaux, la France pratique davantage
d'expériences sur les chats que les autres Etats membres
de l'Union européenne ; elle est classée en troisième
position pour le nombre de chiens utilisés en laboratoire.
Il existe en outre un manque de transparence concernant l'utilisation
des produits anesthésiants et analgésiques qui permettrait
pourtant de limiter la souffrance de ces animaux lors de ces expériences.
Suite à la transposition de la directive CE 86/609
par deux décrets du 17 octobre 1987 et du 20 juin 2001,
la France a néanmoins été condamnée
par la cour de justice des Communautés européennes
pour manquement aux articles 4, 7, 11, 12, 18 et 22
de cette directive. Ces manquements sont susceptibles d'avoir
un impact significatif sur la souffrance des animaux dans les
laboratoires ainsi que sur la réglementation de l'approvisionnement
de la recherche en chiens et chats. En conséquence, il
le prie de bien vouloir lui indiquer s'il envisage de prendre
les mesures propres à respecter les engagements européens
de la France en ce domaine et par quels moyens il entend le faire."
Jean-Luc Reitzer, UMP Haut-Rhin : "attire
l'attention de Mme la ministre déléguée à
la recherche et aux nouvelles technologies sur les méthodes
substitutives à l'expérimentation animale. Certes,
depuis 1987, le dispositif législatif et réglementaire
français encadre les conditions d'expérimentation
sur les animaux. II a été renforcé par le
décret du 29 mai 2001 et par la mise en place de comités
d'éthique. Cependant, un nombre croissant de scientifiques
considèrent que les méthodes substitutives, plus
fiables et moins coûteuses, telles que la biologie moléculaire
ou la biologie cellulaire, permettraient de mettre un terme à
ce type d'expérimentation. Il lui demande quelles mesures
entend prendre le Gouvernement pour encourager et soutenir ces
méthodes dans la perspective de mettre un terme à
l'expérimentation animale."
Patrick Labaune, UMP Drôme : "souhaite
attirer l'attention de Mme la ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles technologies sur les méthodes
alternatives existantes à l'expérimentation animale.
En effet, aujourd'hui, les méthodes toxicologiques dépendent
essentiellement du modèle animal pris comme substitut à
l'homme, méthodes considérées comme limitées,
ne permettant pas de comprendre le mécanisme d'action d'un
produit toxique et de prévoir ses effets secondaires et
à long terme. Or, la biologie moderne, en développement
constant, offre des champs d'investigations de plus en plus large.
Des méthodes de remplacement, modernes et fiables, pouvant
évaluer de manière plus sûre les risques toxiques
à court, moyen et long terme, telles que la biologie moléculaire
et cellulaire, ainsi que les méthodes biotechnologiques,
permettraient de mettre un terme à ce type d'expérimentation.
Or, à l'heure actuelle, bien peu de ces tests sont validés
au plan européen et international, c'est-à-dire
reconnus comme susceptibles de donner des résultats aussi
fiables que ceux obtenus par l'expérimentation animale.
C'est pourquoi, afin de les encourager et de les soutenir dans
la perspective d'apporter plus de sécurité au consommateur
et de mettre un terme à l'expérimentation animale,
il lui demande quelle place entend donner le Gouvernement à
ces méthodes dans sa politique de santé publique.
Si d'aventure nous avions omis l'intervention d'un parlementaire,
veuillez-avoir la gentillesse de nous le signaler afin que nous
puissions en faire mention…
|