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ÉTHIQUE
L'objection de conscience à l'expérimentation
animale
Qu'est-ce
que l'objection de conscience à l'expérimentation
animale ? L'objection de conscience à l'expérimentation
animale est la possibilité donnée à une personne
de refuser de pratiquer des dissections sur animaux vivants ou morts
pour des raisons morales, scientifiques ou autres. Depuis 1993,
les étudiants et les chercheurs italiens peuvent refuser
en toute légalité de pratiquer des expériences
sur les animaux, et depuis 1999, Israël a adopté la
même attitude.
Que dit la loi française ?
En résumé, les circulaires n°67-70 du 06/02/1967
et n° 74-197 du 17/05/1974 précisent que les dissections
doivent être pratiquées sur des animaux morts, la vivisection
étant formellement interdite dans les collèges et
lycées. Selon la note de service n° 93-260 du 6 août
1993, ces expériences sont néanmoins admises dans
les classes de Première et Terminale de sciences et technologie
de laboratoire…L'article 1er du décret n° 87-848
du 19 octobre 1987 précise que "sont licites les expériences
ou recherches pratiquées sur des animaux vivants à
condition, d'une part qu'elles revêtent un caractère
de nécessité et que ne puissent utilement y être
substituées d'autres méthodes expérimentales".Si
l'on s'en réfère à la loi, il devrait donc
être interdit de faire entrer dans des collèges ou
lycées non techniques des animaux vivants en vue de les disséquer
une fois morts (car il est clair que les grenouilles utilisées
sont tuées pour les circonstances par des personnes "non
habilitées").
Une atteinte à l'animal
Les animaux utilisés (grenouilles, crabes, souris, lapins…)
sont soit " préparés ", soit directement
présentés vivants à l'étudiant. Dans
les deux cas, l'animal n'a aucune existence propre et ne sert que
de matériel pédagogique. Cette situation est d'autant
plus regrettable qu'il existe de nombreuses dissections virtuelles
ou filmées, la création récente du Microsurgical
developments PVC-Rat en est l'exemple le plus frappant. Ce rat commercialisé
par des chercheurs néerlandais permet de s'entraîner
à la microchirurgie dans les mêmes conditions que sur
un véritable animal, à la différence notoire
que celui-ci ne souffre pas lorsque l'étudiant l'utilise.
Il y a donc violation évidente du décret n° 87-848
du 19 octobre 1987 cité ci-dessus. Une atteinte aux droits
de l'homme L'article 9 de la Convention européenne des droits
de l'homme stipule que toute personne a droit à la liberté
de conscience. Or, dans le système actuel, les étudiants
refusant de pratiquer des dissections ou des vivisections sont sanctionnés
scolairement ou administrativement.
Les propositions de One Voice
Nous demandons :
• la mise en place, dans tout le secondaire non technique,
des méthodes alternatives existantes avec interdiction totale
de toute vivisection et dissection " préparée
"
• la séparation, au niveau des travaux pratiques du
Supérieur, des étudiants désirant s'orienter
vers le professorat et de ceux désirant se vouer à
la recherche avec une interdiction totale de toute expérimentation
dans le premier cas
• l'application en France d'une loi autorisant l'objection
de conscience à l'expérimentation animale afin de
préserver le droit à la conscience et à la
non-violence.
• Ces revendications s'inscrivent dans une demande d'abolition
de l'expérimentation animale pour des raisons tant éthiques
que scientifiques.
Témoignages
"Cette année, c'est encore 256 rats et lapins au moins
qui vont finir le ventre ouvert dans la poubelle jaune au labo de
physiologie animale. […] TP n°1 licence BGST : on
ouvre le rat anesthésié mais vivant et on s'entraîne
à poser des canules. Souvent, il y a du sang, on ne voit
rien, l'animal meurt pendant l'intervention. On jette notre "
matériel " mort dans la poubelle jaune, et on apporte
grand soin au matériel de vivisection, puis basta, on rentre
chez soi. Rien ne vous choque ? […] Étudiant, il y
a mille autres causes à soutenir dans le monde (les enfants
maltraités, les populations massacrées…) mais
dans notre pays, sur notre campus, il y a déjà non-respect
de la vie, mépris et violence sur des êtres que l'on
dit inférieurs." M. G."
J'aimerais vivre dans une fac où nous ne ferions pas ça.
C'est possible : seulement 1% des futurs pharmaciens deviendront
chercheurs. En plus, à notre niveau, nous ne cherchons rien
: répétition d'expériences menées mille
fois par an. Souffrance inutile. Gâchis d'êtres vivants.
En quoi consiste notre mission à nous, pharmaciens et médecins
? À soulager le mal d'autrui. Quelle inquiétude, donc,
lorsqu'on voit des étudiants infliger ces souffrances sans
le moindre doute ni le moindre remords, en s'amusant parfois. Et
pour les autres, faut la boucler, accepter, ou alors ton diplôme,
tu peux courir après." I. C. "
La semaine dernière, par exemple, ils ont mis un rat sur
une plaque chauffante. Première observation : la bête
cherche à s'échapper, c'est donc qu'elle souffre.
Étonnant, non ? Ensuite, on lui injecte des antalgiques.
Elle réagit moins vite. Passionnant. Enfin, encore une bonne
dose de produit et elle s'installe tranquillement le cul sur le
gaz, grillant avec sérénité et empestant le
méchoui. Alors là, chacun prend des notes et rédige
son petit compte rendu. En gros : "Lorsqu'on brûle ce
mammifère, il souffre. Si on le gave d'aspirine, ses nerfs
répondent plus lentement", le genre de truc que personne
n'aurait deviné tout seul." S. V.
Ce que vous pouvez faire :
• Nous signaler les collèges et lycées où
se pratiqueraient encore des vivisections.
• Nous envoyer des descriptions, témoignages, photos…
de toutes les dissections et vivisections.
• Écrire à Mr le Ministre de la Recherche, Ministère
de la Recherche : 1, rue Descartes 75231 Paris Cedex 05 afin de
soutenir nos propositions.
• Demander nos pétitions destinées
aux étudiants des facultés de sciences.
• Faire circuler le tract. |
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