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Les expériences sur les chiens
& les chats en France

Un rapport des Docteurs
Chris Langley MA PhD et Gill Langley MA Phd MIBiol

Mars 2003
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CHAPITRE IV
Nombre et type d'expérimentations sur les chats & les chiens


Le présent chapitre est consacré à l’analyse de l’information provenant des statistiques nationales, sur le nombre de chats et de chiens utilisés dans la recherche. La première section traite de l’information concernant l’année 1999, tandis que la deuxième section traite des tendances observables concernant le nombre d’expérimentations sur les chats et sur les chiens.

D’après les statistiques de l’Union Européenne (UE)(36) relatives à 1996 (à 1997 dans le cas de la France), la France utilise davantage de chats dans la recherche que n’importe quel autre pays membre de l’UE. Elle se classe troisième par le nombre de chiens utilisés dans la recherche et les  tests, après l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Contrairement à nombre de pays membres de l’UE, qui produisent des statistiques annuelles sur l’expérimentation animale, le gouvernement français publie des statistiques à intervalles irréguliers (allant de deux à quatre ans), les statistiques les plus récentes étant celles de l’année 1999. Ces statistiques sont recueillies au moyen d’un questionnaire circulant dans tous les laboratoires. Comme pour toute autre information de ce type, la valeur de ces statistiques dépend du soin et de l’honnêteté des personnes qui remplissent le questionnaire.

Le niveau de détail et la manière dont ces statistiques sont présentées ont évolué au cours des années, et ces statistiques fournissent à présent des informations sur le nombre d’animaux de chaque espèce et sur l’origine de ces animaux, qui font l’objet d’une subdivision en catégories d’expérimentations par domaine : recherche fondamentale en biologie, étude des maladies humaines et animales, tests de toxicité et autres tests d’innocuité des produits pharmaceutiques et autres, production et contrôle de la qualité des produits et applications pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires, éducation et formation.

Le nombre d’expérimentations sur les animaux réalisées en fonction d’exigences légales (comme les tests d’innocuité des médicaments et autres substances) est précisé, parmi d’autres informations concernant les expérimentations menées par les laboratoires du secteur privé et du secteur public. Font partie des laboratoires du secteur public les laboratoires des universités et les centres de recherche gouvernementaux comme l’INSERM et le CNRS, ainsi que des associations et fondations.
 
Les Expérimentations sur les chats et sur les chiens en 1999

En 1999, le nombre total d’expérimentations menées sur des animaux était égal à 2 309 597(37). Ce chiffre est en baisse de 37 % par rapport à 1990, et cette réduction est principalement imputable au secteur privé.

Au total, 1 855 chats et 5 203 chiens ont été utilisés dans les expérimentations en France. La majorité de ces chats et de ces chiens a été utilisée par le secteur privé, à savoir 1 198 chats (soit 65 %) et 4 319 chiens (soit 83 %).

Le Tableau 4.1 (ci-après) reprend les statistiques du rapport du Ministère de la recherche pour 1999. Ce tableau présente le nombre de chats et le nombre de chiens utilisés dans les expérimentations par objectif général de recherche. On n’a pas utilisé de chats ni de chiens dans le domaine des diagnostics, et l’on n’en a pas tué pour produire des cellules ou des tissus pour les études in vitro. Pour l’éducation et la formation, on n’a pas utilisé de chats, cependant on a utilisé 67 chiens, dont 17 dans les laboratoires du secteur public, probablement ceux des universités, et 50 dans les laboratoires du secteur privé. L’utilisation des chiens pour l’éducation ou la formation est moralement inacceptable, surtout si l’on sait qu’il existe dans ce domaine un certain nombre d’alternatives permettant de ne pas utiliser d’animaux.

Table 4.1
Nombre de chats et de chiens utilisés dans les expérimentations en 1999, selon l’objectif général
 
Chats
Chiens
Recherche fondamentale en biologie
151
20
Recherche & développement pour les produits
Et applications pharmaceutiques, dentaires & vétérinaires
1191
2220
Production & contrôle de la qualité des produits
et applications pharmaceutiques, dentaires
14
0
Production & contrôle de la qualité des produits
et applications vétérinaires
210
410
Tests de toxicité & d’innocuité, produits et applications pharmaceutiques,
dentaires & vétérinaires
184
2486
Diagnostic des maladies
0
0
Education & formation
0
67
Autres
105
0
Total
1855
5203


La recherche fondamentale en biologie
 

Ce type de recherche comprend en principe les expérimentations qui ne sont réalisées que dans le but d’acquérir une connaissance fondamentale, sans qu’aucune application pratique ne soit envisagée, ainsi que les expérimentations dans lesquelles on utilise les animaux en tant que «modèles » des humains, surtout pour la recherche sur des maladies humaines. 151 chats et 20 chiens ont été utilisés dans ce type de recherche en 1999.

Néanmoins, les statistiques gouvernementales semblent indiquer que l’on n’a pas utilisé de chats ni de chiens dans la recherche purement fondamentale, les chiffres concernant la recherche sur les maladies humaines et animales(38)  incluant tous les chats et les chiens utilisés dans la recherche fondamentale en biologie ainsi que ceux utilisés dans la recherche et le développement des médicaments, etc. (voir ci-après). Il serait surprenant que l’on n’ait utilisé aucun chat ni aucun chien dans les expérimentations ne visant qu’à l’acquisition d’une connaissance fondamentale sans applications pratiques, surtout si l’on sait que dans cette catégorie, c’est dans le secteur public et non dans le secteur privé que l’on relève le plus grand nombre de chats et de chiens expérimentés, à savoir 143 des 151 chats ainsi que les 20 chiens.

Lorsque des animaux ont été utilisés pour étudier les maladies, on a utilisé plus souvent des chats pour les maladies animales et on a utilisé plus souvent des chiens pour les pathologies humaines, principalement les maladies cardiovasculaires (voir plus loin, Expérimentations pour l’étude des maladies humaines et animales).

La recherche et le développement des produits et applications pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires.

Le plus grand nombre de chats expérimentés (1 191) et le deuxième plus grand nombre de chiens (2220) concernaient la recherche et le développement des produits et applications pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires.

Cette catégorie comprend la recherche et le développement de nouveaux médicaments et les tests d’efficacité, mais ne comprend pas les tests de toxicité et d’innocuité (voir plus loin). On utilise souvent les chiens pour l’étude de l’absorption, de la diffusion, du métabolisme et de l’éli mination des nouveaux produits, et ces études sont vraisemblablement incluses dans cette catégorie. Les statistiques gouvernementales montrent qu’aucun des médicaments développés en recourant à l’utilisation des chats ou des chiens ne concernait le traitement du cancer. De manière générale, les « applications » peuvent désigner des dispositifs médicaux ou vétérinaires comme par exemple une nouvelle prothèse de hanche ou de genou, une valve cardiaque ou simplement un nouveau design de cathéter. En ce qui concerne les produits et applications dentaires, il peut s’agir de nouveaux matériaux d’obturation ou d’implants.

Comme on pouvait s’y attendre, dans cette catégorie, c’est le secteur privé – essentiellement les
laboratoires pharmaceutiques – qui a mené la plupart des expérimentations, avec 1 955 chiens (soit 88 % des chiens utilisés dans ce type de recherche) et 1 026 chats (soit 86 % des chats utilisés dans ce type de recherche).

La production et le contrôle de la qualité des produits et applications dans les domaines médical, dentaire et vétérinaire.

Certains animaux, principalement des rongeurs, sont utilisés pour la production de substances ou de facteurs utilisés en médecine humaine ou en dentisterie, ou bien en médecine vétérinaire. Il peut s’agir de la production d’anticorps thérapeutiques polyclonaux ou monoclonaux ou d’agents infectieux comme les virus, à partir desquels on produit des vaccins. Le contrôle de la qualité désigne généralement les tests de routine des lots de médicaments, comme les vaccins ou les toxines, pour s’assurer de leur pureté ou d’un niveau standard d’efficacité. Certaines législations nationales, dans des pays appartenant ou n’appartenant pas à l’UE, exigent que certains tests de ce type soient effectués sur des animaux.

Dans le Tableau 4.1 (précédent), deux colonnes concernent la production et le contrôle de qualité des produits thérapeutiques. Dans cette catégorie, on n’a utilisé que 14 chats pour les médicaments destinés à l’être humain, mais sur l’ensemble, la deuxième catégorie utilisant le plus de chats (210) était celle de la production et du contrôle de la qualité des produits et applications vétérinaires, vaccins inclus. Les 224 chats ont tous été utilisés pour des tests spécifiés par la législation de l’UE, la pharmacopée européenne comprise.

Le Tableau 5 du rapport du Ministère pour 1999 semble comporter une anomalie : Aux 224 chats dont il vient d’être question, le Tableau ajoute dans sa récapitulation 370 chats utilisés pour des tests requis selon deux dispositions législatives ou davantage. Pourtant, ces 370 chats n’apparaissent pas dans le total de ce Tableau. Ces chats n’apparaissant pas dans le Tableau 2 du Ministère dans les colonnes de la production et du contrôle de qualité, on supposera que le chiffre de 370 du Tableau 5 est une erreur.

Dans les expérimentations pour la production et le contrôle de qualité des produits et applications vétérinaires, et non pas humaines, 410 chiens ont été utilisés, et tout cela était requis par la législation de l’UE.

Tests de toxicité et autres tests d’innocuité pour toutes les substances y compris les produits et applications pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires.

La majorité des chiens (2 434), mais une part moins importante des chats (184), ont été utilisés dans des expérimentations ayant pour but de tester l’innocuité de produits et d’applications pour la médecine et la dentisterie humaines ainsi que pour la médecine vétérinaire. Il est assez surprenant d’observer que l’on n’a pas utilisé de chiens (ni de chats) pour tester l’innocuité de produits chimiques à usage agricole, domestique ou industriel, d’additifs alimentaires, de produits cosmétiques ou d’articles de toilette. Cinquante-deux chiens ont cependant été utilisés dans d’«autres » tests de toxicité ou d’innocuité, vraisemblablement pas dans le cadre des tests de produits thérapeutiques, non spécifiés dans les statistiques gouvernementales.
 
Le Tableau 4.2 présente davantage de détails concernant les types de tests de toxicité sur les chiens et les chats. On n’a utilisé aucun chat ni aucun chien pour les tests de toxicité aiguë, les tests d’irritation oculaire, les tests de sensibilité cutanée (réactions allergiques), la carcinogenèse, les tests de propriétés mutagènes et la toxicité reproductive.

Tableau 4.2
Types de tests de toxicité et autres tests d’innocuité menés sur des chats ou sur des chiens pour toutes les substances concernant les produits et applications pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires en 1999
 
Chats
Chiens
Test de toxicité aiguë ou subaiguë selon une méthode non létale (fondée sur les signes cliniques)
0
341
Test d’irritation de la peau
0
95
Test de toxicité sub-chronique ou chronique
184
1699
Autres
0
351
TOTAL
184
2486

La réglementation européenne et internationale exige que les nouveaux médicaments destinés aux humains soient testés sur une espèce de rongeur ainsi que sur d’autres animaux, qui seront en général des chiens ou des primates. Pour les médicaments à usage vétérinaire, la réglementation européenne et la réglementation américaine exigent également des tests sur deux espèces dont un rongeur et un autre animal qui sera en général le chien. En 1999, 96 % des chiens expérimentés pour ce type de tests (soit 2 383 chiens) ont été utilisés pour répondre aux exigences de la législation, qu’il s’agisse de lois ou de règlements nationaux, de l’UE ou autres. Cependant, 103 chiens ont été utilisés pour des tests de toxicité sans que cela ne corresponde à une exigence légale. Le Chapitre 5 aborde plus en détail l’utilisation des chiens dans les tests d’innocuité des médicaments destinés à l’être humain.

Les tests sur les chiens requis par la réglementation internationale comprennent les tests de toxicité à doses répétées (qui durent entre deux semaines et douze mois) et les tests d’innocuité des produits pharmacologiques, dans lesquels on utilise souvent les chiens pour étudier les effets indésirables des nouveaux produits, principalement sur le système cardiovasculaire, sur le système respiratoire et sur le système nerveux central.

Les statistiques montrent (Tableau 4.2, ci-dessus) que l’on a utilisé 341 chiens (mais pas de chats) pour des tests de toxicité aiguë et subaiguë, ainsi que 1 699 chiens et 184 chats pour des tests de toxicité sub-chronique et chronique. Dans les tests de toxicité aiguë, on administre une dose unique à chaque animal, et différents groupes d’animaux reçoivent des doses différentes, de la plus faible à la plus forte. Dans les tests de toxicité subaiguë, on administre aux animaux un dose quotidienne pendant 28 jours. Les tests de toxicité sub-chronique font aussi appel à des doses répétées, sur une période de 90 jours, et les tests de toxicité chronique sur une période plus longue (six ou 12 mois). L’administration des doses peut être faite oralement, ou par injection intraveineuse ou intra-abdominale.

Aux doses les plus élevées, les animaux souffriront de symptômes d’empoisonnement. En fonction du produit ou de la substance testée, l’animal peut présenter les symptômes suivants : salivation, vomissements, diarrhée, saignements du nez ou de l’anus, écoulements lacrymaux, gonflements, tremblements, mouvements saccadés, perte d’appétit, excitation, agressivité, coma ou mort. Tous les animaux sont tués à la fin des tests pour permettre des études post-mortem des organes et des tissus, afin d’identifier les effets toxiques.
Le Tableau 4.2 montre aussi que 95 chiens ont été utilisés pour des tests d’irritation de la peau en 1999, ce qui est inhabituel car pour ces tests on préfère les lapins. On a utilisé 351 chiens pour d’autres tests de toxicité dont le type n’est pas précisé.
 
Expérimentation pour l’étude des maladies humaines et animales


Cette catégorie d’expérimentation apparaît dans le Tableau 4 du rapport du Ministère pour 1999.

Au total, pour cette catégorie de tests, on a utilisé 1 342 chats et 2 240 chiens. Ces chiffres représentent a somme de deux autres catégories d’expérimentation, à savoir la recherche fondamentale en biologie et la recherche-développement concernant les produits et applications pharmaceutiques, dentaires et vétérinaires (voir plus haut).

Le Tableau 4.3 ci-après montre, de manière plus précise, les types d’étude pour lesquels on a utilisé des chats ou des chiens.

En 1999, dans les études sur les maladies cardiovasculaires humaines, on a utilisé 577 chiens (mais pas de chats). On utilise souvent les chiens dans la recherche sur les maladies cardiovasculaires, mais certaines de ces études concernent probablement l’efficacité de nouveaux médicaments pour la médecine humaine ainsi que l’absorption, la diffusion, le métabolisme et l’élimination de ces produits chez les chiens.

Dans les études sur le système nerveux humain et les troubles mentaux, on a utilisé 19 chats. On n’en sait pas davantage, mais les chats sont très souvent utilisés pour étudier le sommeil, la vision, les attaques cérébrales ou la migraine, et il se peut qu’une partie de ces 19 chats aient fait l’objetd’expérimentations dans l’un de ces domaines (voir chapitres 5 et 6). On a aussi utilisé 24 chiens.

Tableau 4.3
Principales catégories d’expérimentation sur les chats et les chiens pour l’étude des maladies humaines et animales en 1999
 
Chats
Chiens
Maladies cardiovasculaires humaines
0
577
Système nerveux humain & troubles mentaux
19
24
Cancers chez l’homme
0
0
Autres maladies chez l’homme
186
892
Maladies animales
1137
747
TOTAL
1342
2240

On n’a pas utilisé de chats ni de chiens dans la recherche sur le cancer, mais on a utilisé 186 chats et 892 chiens pour des études sur des maladies humaines « autres » non précisées. Il pourrait s’agir d’études sur les troubles de la respiration, sur la peau, les muscles, les articulations, la reproduction ou la digestion. Cette catégorie des « autres » maladies représentant un nombre important d’expérimentations, le gouvernement devrait prévoir, dans les statistiques futures, de détailler ce chiffre.

1 137 chats et 747 chiens ont été utilisés pour étudier les maladies animales et pour découvrir et développer des traitements. Pour l’étude des maladies des animaux et le développement de traitements vétérinaires, on ne devrait pas induire de manière artificielle des pathologie chez des chats ou des chiens. Ces études devraient être menées in vitro chaque fois que c’est possible, et in vivo uniquement chez des animaux ayant une chance d’en bénéficier à titre individuel, de la même manière que l’on procède avec les patients dans les expérimentations cliniques.
 
L’évolution observée

La présente analyse est basée sur les statistiques d’expérimentations animales publiées par le gouvernement concernant les années 1990(39),1993(40),1997(41)et 1999(42). Dans ces statistiques, la définition de certaines catégories a été révisée, ce qui fait que des comparaisons directes entre les années 1990 et 1999 ne sont pas toujours possibles.

Sur cette période de dix ans, le nombre total d’expérimentations sur des animaux est passé de 3 645 708 à 2 309 597, soit une diminution globale de 37 %. Entre chaque série de statistiques, la diminution périodique aura été relativement constante : pour 1990/1993, une diminution de 19 % ; pour 1993/1997, une diminution de 11 % ; et pour 1997/1999, une diminution de 11 %. Ces chiffres indiquent une véritable tendance à la baisse du nombre global d’expérimentations sur des animaux.

Sur la même période, le nombre d’expérimentations sur les chats est passé de 2 808 à 1 855, soit une réduction de 34 %. En ce qui concerne les chiens, on observe une réduction de 7 721 à 5 203, soit une baisse de 33 %. Un domaine particulier dans lequel le nombre de chats et de chiens expérimentés a significativement baissé est la recherche sur les maladies humaines et vétérinaires. Néanmoins, ces chiffres simplifiés masquent une variabilité significative entre les différentes séries de statistiques, comme le montre le Tableau 4.4 ci-après.

Tableau 4.4
Évolution du nombre de chats et de chiens expérimentés entre 1990 et 1999
1990
1993
1997
1999
1990/1999
Espèce
Nombre
Nombre
% Variation 90/93
Nombre
% Variation 93/97
Nombre
% Variation 97/99
% Variation sur 10 ans
Chat
2808
1140
- 59 %
1990
+ 75 %
1855
- 7 %
- 34 %
Chien
7721
4965
- 36 %
4290
- 14 %
5203
+ 33 %
- 33 %

Cette analyse montre qu’entre 1990 et 1993, le nombre d’expérimentations sur les chats et sur les chiens était en très nette diminution, mais qu’en 1997 le nombre de chiens utilisés n’a baissé que de 14 %, tandis que le nombre de chats expérimentés a connu une augmentation massive de 75 %. La tendance s’est à nouveau inversée entre 1997 et 1999, avec une légère baisse du nombre de chats expérimentés de 7 %, mais une hausse d’un tiers du nombre d’expérimentations sur les chiens. Un examen attentif de ces statistiques permet donc de s’apercevoir qu’en réalité, en 1999, le nombre d’expérimentations menées sur des chats et le nombre d’expérimentations menées sur des chiens étaient plus élevés qu’en 1993.

Les statistiques du gouvernement montrent que si l’on n’a pas su réduire le nombre de chats ni le nombre de chiens utilisés dans la recherche, la responsabilité en incombe aussi bien aux laboratoires du secteur public qu’aux laboratoires du secteur privé. Les chiffres sont visibles dans le Tableau 4.5 (ci-après). Dans le secteur public, le nombre de chats utilisés a connu une hausse considérable de 251 % en 1999 (passant de 187 à 657), tandis que le nombre d’expérimentations sur des chiens augmentait de 86 % (passant de 475 à 884) la même année. Le nombre de chats utilisés dans le secteur privé s’est accru de 158 % (de 700 à 1 803) en 1997, et le nombre de chiens de 13 % (de 3 815 à 4 319) en 1999. Bien que le nombre de chats ait diminué dans les deux secteurs sur l’ensemble de cette période de dix ans, l’utilisation des chiens dans le secteur public, sur cette même période, s’est en réalité accrue de 48 %. Cette progression est contrebalancée par la baisse du nombre de chiens utilisés dans le secteur privé au cours de la même période.

Tableau 4.5
Évolution du nombre de chats et de chiens expérimentés dans le secteur public et dans le secteur privé entre 1990 et 1999
Secteur Public
Secteur Privé
Total
Espèce
1990
1993
1997
1999
1990
1993
1997
1999
1999
Chat
849
440
187
657
1959
700
1803
1198
1855
Chiens
597
575
475
884
7124
4390
3815
4319
5203

Ces chiffres sont très préoccupants, car ils n’indiquent pas une tendance régulière à la baisse et ils montrent que les laboratoires n’appliquent pas comme il conviendrait de le faire la règle des Trois R, à savoir :

• Le Remplacement des expérimentations sur les chats et sur les chiens (par exemple par des méthodes substitutives ou par des études sur l’humain dans le respect de l’éthique),

• La Réduction du nombre de chats et de chiens utilisés dans chaque type de recherche, et

• Le Raffinement des protocoles expérimentaux de manière à réduire au minimum la souffrance des chats et des chiens.

On trouvera au Chapitre 6 une critique en détail d’une sélection d’expérimentations réalisées sur des chats et sur des chiens, assortie de propositions de méthodes substitutives pour la poursuite de ces recherches.
 



36. Commission des communautés européennes [1999], deuxième rapport de la Commission au Conseil et au Parlement européen sur les statistiques du nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques dans les pays membres de l’Union Européenne.

37. Ministère de la Recherche: Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés à des fins expérimentales en France, Statistiques 1999.

38. Voir p 23 du rapport du Ministère pour 1999

39. Ministère de la Recherche et de l’Espace : Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés à des fins expérimentales en France, Statistiques 1990.

40. Ministère de l’Education Nationale de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Insertion Professionnelle : Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés à des fins expérimentales en France, Statistiques 1993.

41. Ministère de l’Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie : Rapport d’Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés à des fins expérimentales en France, Statistiques 1997.

42. Ministère de la Recherche : Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés à des fins expérimentales en France, Statistiques 1999.

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