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Les tests sur les animaux dans l'industrie des cosmétiques en France

Un rapport des Docteurs
Chris Langley MA PhD et Gill Langley MA Phd MIBiol

Décembre 2003
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Chapitre 6
Les tests de produits cosmétiques en France


Le présent chapitre traite des principales compagnies dont se compose l'industrie française des cosmétiques, de l'attitude du gouvernement vis-à-vis de l'expérimentation animale et du nombre d'animaux utilisés dans les différentes expérimentations menées au nom de la vanité humaine.

L'industrie française des cosmétiques : les coulisses de l'élégance


La France est mondialement réputée pour ses produits cosmétiques et ses articles de toilette. Aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, rares sont les gens qui ne connaissent pas les noms de L’Oréal, Guerlain, Clarins, Givenchy et Christian Dior. Ces marques, dont la publicité est faite à l'échelle mondiale, créent dans l'esprit de millions de gens des images de produits de luxe pour les petits soins du corps et la beauté.
Mais l'industrie française des cosmétiques a aussi un autre versant, qui est hideux, et dont ces compagnies ne souhaitent pas que leur clientèle ait connaissance. Le versant hideux de l'industrie de la beauté, c'est, bien entendu, la souffrance des animaux –lapins, cochons d'Inde, souris, hamsters et rats – sur lesquels ces produits et leurs ‘nouveaux ingrédients actifs’ sont souvent testés. Il est intéressant de constater que certaines des publicités que font paraître, dans les magazines, les grands fabricants de cosmétiques, expliquent que des tests cliniques en éprouvette (in vitro) ont été réalisés lors de la formulation de leurs produits, mais sans jamais parler des tests pratiqués sur les animaux.
L'industrie des cosmétiques est une très grosse affaire. Le marché mondial des cosmétiques est évalué à 83 milliards d'euros, et la France en est l'un des principaux acteurs. En 2002, le chiffre d'affaires net du groupe français LVMH – qui possède les marques Christian Dior, Guerlain, Givenchy et Kenzo – s'élevait à 2.336 millions d'euros. Ce groupe est très attaché à ‘innover’ constamment, et déclare dans son rapport annuel de 2002 qu'il a l'intention de proposer chaque année 20% de nouveaux produits.

L' ‘innovation’, pour les animaux de laboratoire, cela ne présage jamais rien de bon, car les nouveaux ingrédients sont encore testés sur l'animal. Cependant, les entreprises françaises du secteur affirment souvent que les nouveaux produits, à base de nouveaux ingrédients, jouent un rôle capital dans l'expansion de leurs marchés, et cela, bien qu'il existe déjà 8.400 ingrédients utilisables. Or, il serait possible, pratiquement sans limite, de combiner ces ingrédients existants pour obtenir de nouveaux produits – sans avoir besoin d'effectuer des tests sur des animaux.
L’Oréal est une compagnie bien connue dans le monde entier. Ce groupe possède sa propre gamme de produits L’Oréal, mais possède aussi un certain nombre de filiales et de marques, comme Biotherm, Helena Rubinstein, Laboratoires Garnier, Lancôme, Lanvin, Maybelline et Vichy, ainsi que Daniel Hechter, Gloria Vanderbilt, Color Riche, Jet Set, Elnett et bien d'autres encore. L’Oréal exerce une influence très importante dans l'industrie cosmétique mondiale, notamment au niveau de l'Europe par l'intermédiaire du COLIPA et de l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie.
Si L’Oréal a consacré d'importantes recherches au développement de méthodes substitutives, et a arrêté de tester ses produits finis sur des animaux il y a quelques années, ce groupe aime développer de nouveaux ingrédients – lesquels sont testés sur des animaux. En 1996, L’Oréal a publié un rapport d'expérimentations sur 140 souris, relatives aux effets carcinogènes : on avait testé sur ces souris un filtre à ultraviolets (un écran solaire) appelé Mexoryl SX, pour voir s'il permettait de prévenir des cancers de la peau induits par les rayonnements . On avait divisé les souris en trois groupes de test et deux groupes témoins, et les souris avaient été immobilisées et exposées aux rayons ultraviolets cinq jours par semaine pendant 40 semaines. Dans chaque groupe, les souris avaient développé des tumeurs cutanées, et à partir du 28e jour, on avait dû éliminer une partie des souris, à cause des dimensions que leurs tumeurs avaient prises. Chez les individus traités au Mexoryl SX, le développement des tumeurs avait été retardé de six semaines.

Bien sûr, le bon sens et l'esprit scientifique incitent à se demander si des résultats obtenus par expérimentation en laboratoire sur des souris mutantes sans pelage peuvent être réellement significatifs par rapport à l'être humain. Peut-être est-ce la raison pour laquelle la société L’Oréal s'est elle-même sentie obligée d'expliquer, dans un rapport postérieur, que malgré un grand nombre d'expérimentations sur des animaux, “on sait peu de choses sur la protection de la peau humaine contre les UV” (c'est nous qui mettons les italiques).
Le groupe Clarins est un des autres leaders du marché des cosmétiques, avec un chiffre d'affaires net de 922 millions d'euros en 2002. C'est aussi en France que sont implantées des sociétés filiales de compagnies dont le siège est ailleurs. C'est par exemple le cas de Colgate-Palmolive France, qui dépend du groupe américain, et qui vend des savons, des shampoings, des gels de douche, des dentifrices et des bains de bouche.

Dans leurs efforts pour accroître leurs profits, certaines entreprises de cosmétiques commercialisent des produits qui relèvent presque du domaine médical. Le journal scientifique le plus prestigieux du monde, Nature, parlait récemment de cette distinction de plus en plus ‘floue’ entre les produits cosmétiques et les médicaments . Appelés "cosmeceuticals" dans le monde anglo-saxon, ces produits hybrides sont vendus pour répondre à des demandes semi-médicales comme la lutte contre les symptômes du vieillissement ou l'arrêt de la chute des cheveux. Vendre comme cosmétiques et articles de toilette des produits censés avoir une fonction semi-médicale permet à ces sociétés de maximiser leurs profits. En effet, les produits pharmaceutiques doivent subir des procédures de tests bien plus complètes et plus poussées, pour des raison de sécurité et d'efficacité, et cela coûterait plus cher à ces sociétés. Commercialiser des produits mi-cosmétiques mi-pharmaceutiques permet à une entreprise d'élargir sa clientèle et d'accroître ses recettes, sans avoir à assumer les coûts des essais cliniques approfondis qu'un médicament devrait subir.

L’Oréal a rapidement su trouver un moyen d'accroître ses débouchés au-delà des produits cosmétiques et des articles de toilette. En 1981, elle a créé conjointement avec Nestlé la société Galderma, pour développer des produits pharmaceutiques destinés à traiter les problèmes de peau, de cheveux et d'ongles. Galderma emploie aujourd'hui plus de 400 salariés sur trois sites, parmi lesquels son principal centre de recherche et développement à Sophia-Antipolis, près de Nice. Les produits pharmaceutiques relèvent évidemment d'un domaine dans lequel les tests sur les animaux sont obligatoires, et le développement de chacun de ces produits entraînera des souffrances pour des milliers de petits rongeurs, de lapins, de chiens et de primates.
Face à l'opposition croissante du public à la pratique des tests sur les animaux, l'industrie française de la beauté s'est toujours réfugiée derrière la législation européenne, en faisant valoir que les tests sur les animaux sont obligatoires. Cependant, une révision récente de cette législation (voir chapitre 3) impose maintenant des dates butoirs pour interdire la commercialisation des produits cosmétiques et articles de toilette contenant des ingrédients testés sur des animaux, et pour interdire les tests qui se pratiquent réellement dans les pays de l'Union Européenne pour un certain nombre de ces ingrédients. La France a-t-elle accueilli favorablement ce progrès éthique ?

L'opposition des autorités françaises à l'abolition des tests sur les animaux


Il apparaît que les mesures d'interdiction concernant les tests des ingrédients et la commercialisation des produits cosmétiques qui les contiennent, qui n'ont été acceptées que récemment par le Parlement européen et par le Conseil des ministres de l'Europe, ne sont pas du tout du goût de la France.

Bien que 60% de ses administrés soient favorables à ces interdictions, le gouvernement français a défié l'opinion publique et a déposé un recours devant la Cour européenne de justice au Luxembourg, pour demander l'annulation des projets d'interdiction . Premièrement, le gouvernement français proteste en faisant valoir que ces interdictions seraient incompatibles avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce – bien que la préoccupation publique concernant le bien-être des animaux constitue l'une des exceptions générales au libre échange admises par le GATT en 1994.

Deuxièmement, le gouvernement affirme que ces interdictions causeront du tort à l'industrie européenne des cosmétiques, en interférant de manière excessive avec la liberté d'exercer une “activité professionnelle”. Pourtant, la législation n'empêche pas les entreprises de développer ni de commercialiser de nouveaux produits. Il semble donc que le gouvernement veule que l'industrie de la beauté garde toute liberté d'infliger la douleur et la détresse aux animaux de laboratoire au nom de la vanité. Parmi les
Etats membres de l'Union Européenne, la France est le seul à avoir pris cette mesure incroyable.

Cependant, une autre organisation représentant les intérêts de l'industrie des cosmétiques a entrepris une action similaire. Il s'agit de la Fédération européenne pour les ingrédients cosmétiques (EFFCI), basée à Bruxelles, qui affirme que la législation interdisant les tests sur les animaux est incompatible avec les règles du libre échange et qu'elle compromet les intérêts commerciaux des pays européens . Elle fait aussi valoir que le bien-être des animaux ne fait pas partie des objectifs du marché intérieur de la Communauté européenne et que la législation mettant fin aux tests des ingrédients de cosmétiques sur les animaux peut représenter un risque pour les consommateurs. Là encore, il s'agit d'une absurdité : à supposer que l'on ne dispose pas encore d'un ensemble suffisant de méthodes substitutives validées au moment de l'entrée en vigueur de cette interdiction, les producteurs auront toujours à leur disposition un vaste choix d'ingrédients existants, qui sont considérés comme étant sans risques.
D'après un article du Monde , l'opposition du gouvernement viendrait de Nicole Fontaine, la ministre déléguée à l’industrie : le gouvernement y est accusé d'agir pour la protection de grandes compagnies comme L’Oréal et LVMH. Le Monde présente l'EFFCI comme une fédération nouvellement créée regroupant 70 entreprises de l'industrie chimique, qui développent et commercialisent des ingrédients chimiques dont beaucoup sont utilisés dans la fabrication des produits cosmétiques.
Ainsi, après trente ans de progrès dans le domaine législatif, et maintenant que le Parlement européen et le Conseil des ministres acceptent enfin d'écouter la voix d'une majorité des citoyens des pays de l'Union Européenne qui est opposée aux tests sur les animaux, la France et l'industrie chimique agissent en justice pour prolonger la souffrance des animaux.
OneVoice demande que le gouvernement renonce à sa tentative de perpétuer la souffrance et la mort des animaux au nom de la vanité, et qu'il retire son recours contre la Commission européenne. Il existe déjà plus de 8.000 ingrédients considérés comme sans risques et qui peuvent être utilisés pour développer de nouveaux produits, en attendant de disposer de méthodes substitutives de tests dans tous les domaines.

Le nombre d'animaux soumis aux tests en France

Depuis de nombreuses années, la France détient le triste record du pays européen pratiquant le plus grand nombre de tests des produits cosmétiques et de leurs ingrédients sur des animaux.
Le Tableau 1, ci-après, montre le nombre total d'animaux utilisés, sur cinq années comprises entre 1990 et 2001, pour tester des substances entrant principalement dans la fabrication des produits cosmétiques et des articles de toilette. Ces chiffres sont extraits des statistiques gouvernementales officielles.

Tableau 1

Statistiques gouvernementales relatives au nombre d'animaux utilisés pour tester des produits ou des substances chimiques destinées principalement à la fabrication de produits cosmétiques et d'articles de toilette, entre 1990 et 2001

Année
1990
1993
1997
1999
2001
Nombre total d'animaux
27 337
20 781
5 001
426ou 286
2 591


Le Tableau 1 montre une diminution massive apparente du nombre de tests sur les animaux entre 1990 et 1997, avec une baisse encore plus considérable en 1999 puis une remontée en 2001. Pour 1999, le chiffre réel n'est pas clairement déterminé, du fait que les différents tableaux, dans les statistiques officielles, donnent deux totaux différents, à savoir, soit 426 soit 286 animaux.
Le chiffre de 1999 représente donc approximativement un centième du nombre d'animaux utilisés dix ans auparavant. Ni le gouvernement ni l'industrie n'ont fourni d'explications susceptibles de justifier cette évolution. Si des réductions similaires ont été observées dans certains autres pays d'Europe, il s'est toujours agi du résultat de la promulgation d'une interdiction, au niveau national, de tester les produits cosmétiques sur les animaux, comme cela s'est produit en Grande-Bretagne en 1997 – mais pas en France. Même l'augmentation de 500% observée entre 1999 et 2001 n'a pas empêché que le nombre d'animaux utilisés ne représente que 12% du chiffre de 1993.
Une disparité majeure dans les chiffres de 1999 publiés par les autorités françaises ressort plus clairement, à propos de l'utilisation des animaux, lorsque l'on distingue le secteur public et le secteur privé, comme le montre le Tableau 2 ci-après.
Pour 1999, on trouve dans les statistiques gouvernementales deux chiffres différents concernant le nombre d'animaux utilisés par le secteur privé : il s'agit des chiffres en italiques dans les colonnes séparées par un trait double dans notre Tableau 2. Il est évident que le gouvernement a fait une erreur. Le plus grand des deux chiffres, 426, est probablement la valeur ‘correcte’ – à supposer que l'on puisse véritablement se fier à l'une de ces deux valeurs

Tableau 2

Statistiques gouvernementales relatives au nombre d'animaux utilisés pour tester des produits ou des substances chimiques destinées principalement à la fabrication de produits cosmétiques et d'articles de toilette, dans le secteur public et dans le secteur privé, entre 1990 et 2001

Année
1990
1993
1997
1999(1)
1999(2)
2001
Secteur
Privé
Public
Privé
Public
Privé
Public
Privé
Public
Privé
Public
Privé
Public
Nombre
d'animaux utilisés
Pour chaque secteur
26 262
1 075
20 377
404
4 803
198
164
262
24
262
2 445
146
Nombre total d'animaux
27 337
20 781
5 001
426
286
2 591

(1) Les chiffres de cette colonne sont établis à partir des statistiques officielles relatives à l'année 1999, Partie 2, Tableau 8. Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés à des fins expérimentales en France. Statistiques 1999. Ministère de la Recherche.
(2) Les chiffres de cette colonne sont établis à partir des statistiques officielles relatives à l'année 1999, Partie 2, Tableau 3. Enquête sur l’utilisation d’animaux vertébrés à des fins expérimentales en France. Statistiques 1999. Ministère de la Recherche.


Notre Tableau 2 montre qu'en 1990, comme l'on pouvait s'y attendre, ce sont essentiellement les laboratoires du secteur privé qui ont utilisé des animaux pour tester des produits cosmétiques. Il en est de même pour 1993, mais il apparaît qu'en 1997, le secteur privé aurait utilisé moins d'animaux. Or, en 1999, de manière inexplicable, il semble que les laboratoires du secteur public aient réalisé davantage de tests de produits cosmétiques sur des animaux que ceux du secteur privé – qui apparemment n'auraient utilisé que 24 ou 164 animaux. Ce qui est tout à fait insensé.
Même si les statistiques montrent de nouveau une croissance du nombre d'animaux utilisés après 1999, cela n'explique toujours pas pourquoi, en l'absence d'interdiction de tester sur les animaux dans le domaine des cosmétiques, les chiffres de 2001 ne représentent que 12% de ceux de 1993. Le gouvernement pourrait avancer que la réduction globale est due à une utilisation accrue des méthodes substitutives de tests en remplacement des expérimentations sur les animaux. Cependant, les statistiques officielles montrent qu'en 2001, on pratiquait toujours des tests de DL 50 dans le domaine des cosmétiques (voir Tableau 3, ci-après), et ce, malgré la disponibilité de méthodes moins cruelles. Si l'industrie n'a même pas remplacé des méthodes létales de tests comme la DL 50 par des méthodes de tests moins cruelles pour les animaux, il y a vraiment peu de chances qu'elle ait entrepris de remplacer les tests sur les animaux par des méthodes in vitro.
Un certain nombre de gens émettent de sérieux doutes quant à la véracité des statistiques officielles.
OneVoice considère comme très peu probable que les producteurs d'ingrédients pour les cosmétiques aient réellement réduit de 88% leur utilisation d'animaux sur huit ans, apparemment sans que l'on ait pu observer la moindre avancée sur le plan technique ni sur le plan politique, ni la moindre interdiction de tester.
Si l'on suppose que l'industrie a réellement réussi à réduire de façon aussi remarquable le nombre d'animaux soumis à des tests, au cours d'une période pendant laquelle le marché des produits cosmétiques et des articles de toilette a continué à croître, alors il n'existe absolument aucune excuse pour s'opposer à des mesures d'interdiction de tester sur les animaux au niveau de l'Union Européenne. Pourtant, c'est très précisément ce qu'a fait le gouvernement français (voir plus haut).

Une explication plus vraisemblable de la réduction apparente de l'utilisation d'animaux est le fait que, l'opinion publique s'étant prononcée contre les tests sur les animaux, l'industrie des cosmétiques ait fait entrer ces tests dans une nouvelle classification. Une autre possibilité, si l'on sait que la collecte de statistiques relatives aux tests sur les animaux n'est pas obligatoire, est que certaines entreprises aient pu s'abstenir d'en produire.

Les espèces animales utilisées et les types de tests pratiqués en France

Depuis 1990, si l'on en croit les chiffres officiels, on n'a utilisé aucun chat, aucun chien et aucun primate dans les tests concernant les produits cosmétiques et articles de toilette. Les espèces les plus fréquemment utilisées ont été la souris, le rat, le cochon d'Inde, le lapin et le hamster. Tous ces animaux sont des êtres sensibles, c'est-à-dire capables d'éprouver la douleur et l'angoisse et de souffrir, comme le reconnaît la loi européenne protégeant les animaux de laboratoire .
Pour 2001, les statistiques gouvernementales indiquent l'utilisation de 843 cochons d'Inde, 680 lapins, 509 rats, 494 souris et 65 hamsters. Plus de sept sortes différentes de tests ont été réalisés sur ces animaux au nom de l'industrie de la beauté. Le Tableau 3 en donne l'illustration.

Tableau 3

Types de tests réalisés sur des animaux, qui concernent essentiellement les produits cosmétiques et articles de toilette, en 2001

Type de test
Tests DL 50 ou CL 50
Autres tests de toxicité létaux
Tests de toxicité Non létaux
Tests d'irritation
de la peau
Tests d' allergie
cutanée
Tests d' irritation
des yeux
Toxicité sub-chronique & chronique
Autres
tests
Total
Nombre d'animaux utilisés
210
262
74
450
1 213
142
128
112
2 591


Comme l'explique le chapitre 4, tous ces tests provoquent des souffrances et de l'angoisse, et cependant, en raison des différences entre espèces et de l'utilisation de doses irréalistes, il n'est pas possible de se fier à ces résultats pour protéger la santé humaine.
Le Tableau 3 montre qu'en 2001, bien que l'on dispose de méthodes valides moins cruelles – comme la méthode de la dose prédéterminée – 210 animaux ont subi des tests de CL 50 et de DL 50, calculés pour en tuer 50%. Dans d'autres expérimentations à court terme destinées à provoquer la mort, on en a utilisé 262, et 74 autres animaux ont subi des tests calculés pour entraîner des effets toxiques (par exemple la procédure de la dose prédéterminée).
142 animaux, probablement des lapins, ont subi l'application de substances à tester dans leurs yeux – malgré le fait que des tests sans recours à des animaux vivants aient été admis comme valides par les autorités françaises (voir chapitre 5). Dans des tests d'irritation de la peau, on a utilisé 450 animaux.
En 2001, 1.213 animaux ont subi des tests d'allergie cutanée. Les directives relatives aux tests d'allergie cutanée recommandent que l'on utilise les souris dans une procédure de tests moins cruelle (le local lymph node assay), plutôt que les cochons d'Inde dans les procédures de tests traditionnelles, plus cruelles. Cependant, d'après les statistiques gouvernementales, 494 souris seulement ont été utilisées, au total, dans les tests cosmétiques. Ce qui indique que l'on a utilisé des cochons d'Inde dans des tests inutilement cruels. Pour les tests à doses répétées, on a utilisé 128 animaux, et 112 animaux ont subi d'autres tests non précisés.

OneVoice demande au gouvernement de clarifier et d'expliquer cette diminution aussi considérable qu'improbable du nombre de tests sur animaux pour les produits cosmétiques et articles de toilette au cours de ces huit dernières années, ainsi que les incohérences des chiffres de 1999, et de publier des statistiques corrigées.

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