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Comment
mettre fin aux tests
de toxicité sur animaux ?
Un
rapport du Docteur
Gill Langley MA Phd (CANTAB), MIBiol,
Cbiol
Automne 2001 |
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IV
- TEST : TOXICITÉ AIGÜE ET TOXICITÉ
À DOSES RÉPÉTÉES
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TEST
DE TOXICITÉ AIGÜE |
| Animal |
rats
en général
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| Nombre |
15
à 30 par substance testée, selon le protocole
et le mode d'administration (oral, cutané ou par inhalation).
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| Objectif |
évaluer
les effets toxiques sur l'ensemble de l'organisme d'une dose
unique d'une substance chimique.
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| Test |
Les
animaux sont gardés sur place pendant un minimum de
cinq jours pour qu'ils s'acclimatent. La période d'observation
et normalement de 14 jours, et en cas d'administration orale
les animaux sont préalablement attachés. Tous
les animaux sont autopsiés à la fin de la période
de test. Toute réaction spécifique au sexe de
l'animal est consignée.
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| Symptômes |
variations
de la pression artérielle, perte de poids, salivation
excessive, lésions internes des organes, perturbations
respiratoires, convulsions, saignements des yeux, du nez ou
de l'anus, érection du pelage, tremblements, diarrhée,
coma,voire mort de l'animal.
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Critique
Les critiques relatives aux tests de toxicité aiguë
s'appliquent aussi aux tests de toxicité à doses répétées,
et vice versa.
- L'état du système immunitaire et physiologique ainsi
que le sexe, les caractéristiques génétiques
et autres indicateurs de l'état de santé de l'animal
exercent une influence sur les résultats du test. De même,
le fait que l'animal ait pu être exposé à d'autres
substances chimiques et les différents cas de figure génétiques
des animaux dont on ignore l'ascendance sont autant de facteurs
de variabilité des résultats.
- Il existe un certain nombre de différences significatives
entre les espèces quant au rôle que jouent les organes
dans l'élimination des toxines et quant à la localisation
de leur accumulation. On peut observer des différences à
propos du profil enzymatique P450 (dans le foie), et l'élimination
des substances par les reins ne se fait pas de la même manière
ni à la même vitesse ou au même degré
chez les animaux testés que chez l'être humain (14).
- Les modes d'administration sont aussi une variable importante,
et induisent de larges variations entre les espèces testées
et même entre les laboratoires. Le temps nécessaire
à l'organisme pour éliminer une substance donnée
varie non seulement d'une espèce à une autre mais
même d'une lignée à une autre au sein de la
même espèce.
- On observe des variations dans le degré d'élimination
des toxiques et dans le métabolisme chez différents
animaux. Les voies d'élimination privilégiées
par l'organisme et la manière dont évolue la substance
à l'intérieur de l'organisme (les bio-transformations)
varient considérablement (16, 17 & 18).
- La réaction avec les protéines dans le flux sanguin
varie selon l'espèce utilisée ainsi que selon la lignée
au sein d'une même espèce, les fortes doses aussi bien
que les doses répétées donnent des résultats
variables (19).
- On observe également de grandes différences avec
le cas de l'être humain, où l'on peut voir des métabolites
secondaires se former, être stockées puis éliminées
par l'organisme, ce qui n'est pas neutre vis-à-vis du potentiel
de toxicité. |
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TEST
DE TOXICITÉ À DOSES RÉPÉTÉES |
| Animal |
rats
en général ; les chiens peuvent également
être utilisés lorsque l'on désire tester
sur une seconde espèce.
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| Nombre |
40
à 80 rats et/ou 32 chiens.
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| Objectif |
évaluer
les effets toxiques sur l'ensemble de l'organisme de l'administration
répétée d'une dose d'une substance chimique
inférieure à la dose létale.
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| Test |
On
administre régulièrement à l'animal une
dose d'une substance chimique, sur une période allant
de 28 à 90 jours. L'administration de la substance
se fait généralement par voie orale, par gavage,
mais elle peut également être faite par voie
cutanée ou par inhalation. Ensuite, on tue les animaux
pour un examen pathologique et biochimique des tissus. Il
arrive que l'on traite un groupe "satellite" de
10 animaux avec la dose la plus forte pendant 28 jours. Cette
procédure est censée permettre un point de comparaison
pour mesurer les effets des doses plus faibles.
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| Symptômes |
variations
de la pression artérielle, salivation excessive, anémie,
agressivité, faiblesse musculaire, perte de pilosité,
lésions internes des organes, érection du pelage,
vomissements (chez les chiens), tremblements, diarrhée,
coma, et parfois mort de l'animal.
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Critique
Les critiques relatives aux tests de toxicité à doses
répétées s'appliquent aussi aux tests de toxicité
aiguë, et vice versa.
- La vitesse du métabolisme et de l'élimination d'une
substance donnée influe sur la manière dont les doses
répétées provoquent une réaction. Ainsi,
par exemple, chez certains animaux, mais pas chez d'autres, la substance
chimique s'accumule dans l'organisme au cours du temps, ce qui provoque
un effet d'intoxication plus prononcé et rend plus compliquée
toute extrapolation à l'être humain. Le fait que la
substance testée se mêle à divers organes et
à divers types de cellules dans l'organisme entraîne
des différences, d'une espèce à une autre,
dans la diffusion et dans la concentration de la substance toxique
au sein des organes internes. L'interprétation de l'effet
des doses simples aussi bien que de celui des doses répétées
en sera rendue plus problématique, de même que la nécessaire
extrapolation à l'être humain.
- Dans les études sur l'exposition à long terme, l'évaluation
finale pose de sérieux problèmes (15).
- La réaction avec les protéines dans le flux sanguin
varie selon l'espèce utilisée ainsi que selon la lignée
au sein d'une même espèce. Les fortes doses aussi bien
que les doses répétées donnent des résultats
variables (19). |
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Stratégie
alternative
Toxicité à dose aiguë et à doses répétées
Ces tests consistent à étudier les effets d'une
substance chimique à partir du moment où elle pénètre
et circule dans l'organisme. Il serait souhaitable de tenir compte
des données déjà existantes obtenues sur
les animaux et sur les humains (par exemple dans les archives
des centres anti-poisons, des hôpitaux et des centres spécialisés
dans les maladies professionnelles) et de les analyser avant d'envisager
de nouveaux tests.
Un groupe de travail de l'ECVAM a publié un programme par
étapes pour tester la toxicité aiguë essentiellement
à partir de tests substitutifs (20). Ce programme comprend
notamment une modélisation informatique bio-cinétique
fondée sur la physiologie de l'absorption, de la diffusion
et de l'élimination par l'organisme de la substance chimique,
ce qui permet d'estimer pour chaque substance la dose probable
de sécurité chez l'être humain, lorsqu'elle
existe (21).
La propriété prédictive des tests sur des
cultures de cellules pour la toxicité à doses répétées,
ainsi que pour la toxicité à dose aiguë (dose
simple), ne fait plus de doute (22).
Les quatre premières étapes du programme de l'ECVAM
sont les suivantes :
Procédure de tests par étapes pour la toxicité
à dose aiguë et à doses répétées
Etape 1 :
Information d'ordre physique et chimique sur la substance (constante
de dissociation, solubilité dans les graisses, volatilité).
Cela permettrait d'effectuer une comparaison avec les substances
dont la toxicité est connue, et aussi de recourir aux techniques
assistées par ordinateur pour la prédiction de l'admission
et de la diffusion de la substance dans l'organisme.
Etape 2 :
Des tests de base sur des cultures de cellules (cyto-toxicité)
permettent d'identifier les substances chimiques qui sont toxiques
pour la plupart des cellules par des procédés non
spécifiques. [voir encadré 1 pour plus de détails
sur le programme MEIC (23)]
Il serait alors possible de classer les substances chimiques
hautement toxiques selon les résultats obtenus. Pour les
substances chimiques ne se révélant pas toxiques
pour les cellules d'une manière générale,
on passerait à l'étape suivante.
Etape 3 :
Intégration des données obtenues in vitro, y compris
les résultats des études sur le métabolisme,
aux simulations sur ordinateur de l'absorption, du métabolisme
et de la diffusion dans l'organisme et de l'élimination.
On obtiendrait comme résultat une prédiction de
la concentration chimique probable et de la vitesse de passage
dans les organes cibles.
Les substances chimiques toxiques ayant une forte probabilité
de persister dans le flux sanguin sont classées à
ce stade. On identifie également les organes cibles.
Etape 4 :
A l'aide des informations obtenues à l'étape
3, des tests cellulaires plus pointus permettent d'identifier
la toxicité chimique sélective vis-à-vis
de tissus particuliers tels que tissus des reins, tissus neuronaux
et cellules vasculaires ou tissus cardiaques.
Là encore, grâce au
recours à la modélisation sur ordinateur, on peut
classer les substances chimiques sur la base de ces tests. Toute
substance chimique pour laquelle les résultats sont négatifs
tout au long de la procédure a peu de chances de représenter
un danger d'intoxication. Ces études permettent d'établir
un "effet de non toxicité" et d'évaluer
les doses toxiques. |
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Perspectives
Action à mener en priorité
La Commission européenne devrait donner la priorité
à la validation du programme MEIC ou des méthodes
similaires, surtout en ce qui concerne les tests à doses
répétées. Les tests de l'étape 4 relatifs
à la toxicité pour les tissus cibles devraient être
validés en collaboration avec l'ECVAM.
Délai suggéré : 5 ans maximum. |
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Encadré
1 - Programme MEIC
Des scientifiques suédois ont lancé un programme sur
sept ans, appelé Evaluation Multi-centre de toxicité
cellulaire in vitro (programme MEIC), pour déterminer si
des tests in vitro peuvent permettre de prédire la toxicité
des substances chimiques sur les humains. Plusieurs dizaines de
laboratoires dans le monde ont utilisé les mêmes substances
chimiques de référence dans leurs tests in vitro,
et les résultats ont été publiés dans
une série d'articles (23).
Parmi 61 méthodes expérimentées, une méthode
s'est révélée pratique, rentable et hautement
prédictive pour la toxicité aiguë chez l'être
humain (à travers les mesures des concentrations sanguines
critiques obtenues à partir de cas d'empoisonnement aigu
chez des humains) : il s'agit d'une combinaison de quatre tests
sur des cultures de cellules humaines. Les quatre tests in vitro
ont permis de prédire ces résultats sur l'être
humain mieux que les tests de dl 50 (dose létale 50%) sur
les rats et les souris n'ont permis de prédire les doses
létales chez les humains.(1)
Ces quatre tests in vitro sont les suivants :
- Variations du contenu protéique d'une lignée de
cellules humaines
- Variations d'ATP dans une seconde lignée de cellules humaines
- Variations de la forme de la cellule, et
- Variations de pH dans une troisième lignée de cellules
humaines
Les promoteurs du programme MEIC ont demandé une étude
de validation formelle par l'ECVAM de cette sélection de
quatre tests. En cas de succès, ces tests sur des cultures
de cellules pourraient permettre d'évaluer rapidement et
efficacement la toxicité aiguë des substances chimiques
pour l'être humain, sans qu'il soit nécessaire de recourir
à l'expérimentation animale.
Un groupe de travail de l'ECVAM a recommandé une stratégie
de tests par étapes pour classer les substances chimiques
selon leur toxicité aiguë. Cette stratégie combine
des tests sur des cultures de cellules tels que ceux retenus par
le programme MEIC avec des données physico-chimiques. Une
seconde série de tests éventuelle, si elle est jugée
nécessaire, consisterait à étudier en éprouvette
le métabolisme des substances chimiques, à l'aide
de cellules hépatiques. Une troisième étape
comprendrait des études in vitro sur des cellules spécialisées.
Selon les experts de l'ECVAM, une telle approche, 100% in vitro,
permettrait de classer les substances chimiques selon leur toxicité
(20). C'est l'ECVAM qui choisirait les meilleurs tests à
effectuer pour la seconde et la troisième étapes.
Sur une telle base, il serait possible d'étudier et de classer
rapidement et de manière rentable des milliers de substances
chimiques existantes, du point de vue de la toxicité aiguë.
Les substances pour lesquelles les tests prédiraient une
toxicité élevée pourraient alors être
mises sous contrôle ou éliminées en vertu du
principe de précaution, en attendant une analyse plus complète
lorsque des tests in vitro plus approfondis, le cas échéant,
seront disponibles.
1 Les concentrations sanguines létales
et les doses létales ne sont pas identiques. Les tests in
vitro et les tests sur les rongeurs prédisent des mesures
légèrement différentes de la toxicité
aiguë mais il s'agit dans les deux cas de mesures valides. |
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