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Comment
mettre fin aux tests
de toxicité sur animaux ?
Un
rapport du Docteur
Gill Langley MA Phd (CANTAB), MIBiol,
Cbiol
Automne 2001 |
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VII
- TEST : EFFET TÉRATOGÈNE
| Animal |
habituellement
rats ou lapins
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| Nombre |
au
moins 80 rates prégnantes ou 48 lapines gestantes.
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| Objectif |
voir
si la substance testée, une fois ingérée,
provoque des malformations chez l'embryon.
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| Test |
On
administre à la femelle gestante, pendant la période
de formation des organes de l'embryon, une dose graduée,
diluée ou non. Trois niveaux de dosage sont définis,
le niveau le plus élevé étant suffisant
pour provoquer des symptômes mineurs chez la mère
(par exemple la perte de poids). L'administration se fait
en général par voie orale, et les embryons
sont tués puis examinés pour détecter
des variations anatomiques notables ou discrètes.
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| Symptômes |
Les
femelles sont nourries de force quotidiennement, tout au
long de la gestation, par tube stomacal. Symptômes
observables : prise de poids réduite, perte d'appétit,
pertes nasales, érection des poils, chute des poils,
diarrhées, déshydratation et parfois la mort.
On ignore si les fœtus qui subissent des lésions
du fait d'une substance chimique souffrent ou non.
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Critique
- Ces tests sont conçus pour identifier des effets notables.
De ce fait, les effets plus discrets et autres légers indices
des dégâts pouvant être provoqués par
une substance risquent fort de passer inaperçus.
- Mener des études sur l'exposition à long terme,
pour évaluer le risque que représenteraient diverses
durées d'exposition chez l'être humain, coûte
cher, en argent et en animaux.
- L'utilisation de lignées d'animaux endogames compromet
la pertinence de la transposition aux situations humaines (54 &
55).
- Les durées de vie des diverses espèces utilisées
sont différentes de celle de l'être humain. Par ailleurs,
quel peut être le critère de comparaison le plus approprié
pour transposer les doses, est-ce le poids total, le rapport entre
le temps d'exposition et la durée de vie, ou bien un panachage
des deux ?
- Il est difficile de prédire l'estimation des dosages appropriés.
Dans le cas de la Thalidomide (56), le seuil de sensibilité,
dans le dosage, varie selon les espèces.
- De nombreuses substances se révèlent tératogènes
chez les animaux mais pas chez les humains (pour autant qu'on puisse
en juger). L'aspirine provoque des malformations embryonnaires chez
le rat, la souris, le cochon d'Inde, le chien, le chat et le singe,
alors que cela ne semble pas être le cas chez l'humain même
avec de fortes doses prolongées (56).
- La structure et la fonction du placenta présentent d'importantes
différences d'une espèce de mammifère à
une autre. Le temps de pénétration des substances
à travers le placenta est variable, et chez certaines espèces
il n'y a pas de pénétration du tout. Là encore,
on peut observer des différences en ce qui concerne les protéines
porteuses et donc la transmission des substances testées
à l'embryon en cours de développement.
Les effets protecteurs de diverses substances chimiques naturelles
ou de synthèse jouent aussi un rôle dans la facilité
avec laquelle les éléments tératogènes
peuvent affecter le développement fœtal et embryonnaire.
Ainsi, par exemple, l'organisme peut réagir de différentes
manières à l'acide rétinoïque, et la toxicité
de celui-ci peut être notable ou non, selon le cas (57). |
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Stratégie
alternative
Les tests portant sur les propriétés tératogènes
ont pour objectif d'identifier les substances chimiques qui provoquent
des malformations et autres dégâts chez les embryons
durant la grossesse. Les méthodes de test généralement
utilisées constituent un gaspillage de ressources humaines
et financières.
Deux méthodes de test substitutives (le test sur cellules
de queue d'embryon et le test de micro-masse) sont actuellement
au stade de la validation finale par l'ECVAM, et des résultats
positifs sont imminents.
Stratégie de tests par étapes pour les propriétés
tératogènes
Des logiciels tels que DEREK et TOPKAT permettent de contrôler
les structures moléculaires des substances chimiques pour
déceler d'éventuelles propriétés tératogènes.
L'agence américaine pour la protection de l'environnement
a récemment utilisé TOPKAT pour rechercher dans des
produits chimiques destinés à désinfecter l'eau
des effets sur le développement de l'embryon (45). Il est
alors possible de diriger les substances chimiques structurellement
suspectes vers les tests de l'étape 2.
Le test sur cellules de queue d'embryon (EST), le test de micro-masse
et le test sur l'embryon entier de rat après implantation
permettent tous trois de déceler les effets tératogènes
(voir Encadré 4).
On applique alors la modélisation sur ordinateur de l'absorption,
du métabolisme, de la diffusion et de l'élimination
de la substance, au niveau de l'embryon, pour obtenir des données
sur les dosages susceptibles d'affecter l'embryon.
On peut ainsi identifier les substances chimiques tératogènes
pour les mettre sous contrôle. |
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Perspectives
Action à mener en priorité
Cette stratégie devrait dès à présent
être adoptée, dans la mesure où les études
de validation finale du test sur les cellules de queue d'embryon
et du test de micromasse sont achevées. En même temps,
toute normalisation éventuellement nécessaire des
protocoles devrait être finalisée et traduite en termes
de législation.
La Commission européenne devrait favoriser le développement
des techniques de modélisation sur ordinateur pour l'étape
2.
Délai suggéré : 2 ans maximum. |
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Encadré
4 - Tests concernant les propriétés tératogènes
Dans les tests concernant les propriétés tératogènes,
on utilise au minimum 80 rates prégnantes ou 48 lapines prégnantes,
et ces tests reviennent cher en termes d'argent et en termes de
temps.
Entre 1999 et 2001, l'ECVAM a validé trois méthodes
substitutives de tests. Deux de ces méthodes sont basées
sur l'utilisation d'embryons de rats ou de tissus embryonnaires
cultivés, et la troisième consiste à utiliser
des cellules de queue d'embryon :
- le test sur cellules de queue d'embryon (EST)
- le test sur embryon entier de rat après implantation
- le test de micro-masse
La méthode EST est la méthode substitutive la plus
récente. Les cellules de queue d'embryon survivent indéfiniment
en culture, et peuvent engendrer des cellules spécialisées
telles que les cellules du cœur, que l'on peut voir battre
dans l'éprouvette.
Les substances chimiques susceptibles d'effets tératogènes
empêchent ou limitent le développement des cellules
de la queue de l'embryon en cellules spécialisées
du cœur dans les cultures en éprouvette (58). Dans le
test de micro-masse, contrairement au test sur embryon entier de
rat après implantation, on utilise des cultures de cellules
de limbe provenant d'embryons de rat.
Jusqu'à présent, l'étude de validation de l'ECVAM
(58) a permis de découvrir que chacun de ces trois tests
permet de classer les substances chimiques selon qu'elles sont ou
non tératogènes avec une fiabilité de 79 à
84 pour cent, ce qui constitue un excellent résultat provisoire.
Ces trois méthodes substitutives sont très prometteuses
pour la distinction entre substances tératogènes et
non tératogènes, mais seule la méthode EST
requiert l'utilisation de lignées de cellules sans nécessiter
la fourniture d'embryons d'animaux. Cela signifie que la méthode
EST pourrait être adaptée à des systèmes
de contrôle automatiques sophistiqués.
Il semble hautement probable que l'étude menée par
l'ECVAM débouche avant fin 2001 sur une alternative valable.
Toute standardisation éventuellement requise des protocoles,
ainsi que l'aval des instances officielles concernées, pourraient
alors être obtenus en l'espace de deux ans. |
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