
www.expermimentation-animale.org
 |
Comment
mettre fin aux tests
de toxicité sur animaux ?
Un
rapport du Docteur
Gill Langley MA Phd (CANTAB), MIBiol,
Cbiol
Automne 2001
|
-
------------------------
-
IX
- TEST : CINÉTIQUE DE LA TOXICITÉ
| Animal |
rongeurs
et parfois chiens
-
|
| Nombre |
au
moins 8 de chaque espèce.
-
|
| Objectif |
suivre
l'évolution dans le temps des effets toxiques et
répondre à des questions telles que celles-ci
: La substance chimique passe-t-elle rapidement ou facilement
de l'intestin ou de l'épiderme dans le sang ? Combien
de temps reste-t-elle dans le sang ? Comment est-elle éliminée
? Est-elle métabolisée par le foie ou par
d'autres organes pour donner une substance différente
? S'accumule-t-elle de façon sélective dans
certains organes ?
-
|
| Test |
Les
doses administrées peuvent être simples ou
multiples. On utilise de jeunes animaux sains, qui se sont
préalablement acclimatés aux conditions du
laboratoire pendant au moins cinq jours avant que les tests
ne commencent. On vérifie la dépendance ou
l'indépendance de la réaction en fonction
du sexe : la substance est ensuite administrée aux
animaux du sexe le plus réactif. L'administration
se fait par voie orale, respiratoire ou cutanée.
L'animal est tué puis examiné pour évaluer
l'accumulation de la substance testée dans les organes
cibles présumés, à différentes
dates suivant le début de l'administration. On étudie
également les délais de métabolisme
et d'élimination.
-
|
| Symptômes |
Les
animaux sont isolés dans des cages, et certains d'entre
eux ont des tuyaux implantés dans leurs canaux biliaires.
Les effets toxiques observables sont la perte d'appétit,
la léthargie, les pertes nasales, l'érection
des poils, la chute des poils, ainsi que diarrhées,
déshydratation et vomissements.
-
|
|
-
------------------------
-
Critique
- Voir les critiques concernant les tests de toxicité pour
les espèces et les problèmes génétiques
que pose toute interprétation des résultats. De même,
les taux de désintoxication et d'élimination dépendent
des espèces - et des lignées - et l'extrapolation
d'une espèce à une autre pose de sérieux problèmes.
- Les liaisons protéiques dans le sang sont variables selon
les espèces utilisées, et même selon les lignées
à l'intérieur d'une même espèce. Les
espèces réagissent de diverses manières aux
dosages aigus aussi bien qu'aux dosages répétés
(19).
- On observe également d'importantes différences entre
les animaux testés et les humains en ce qui concerne la formation
des métabolites secondaires, leur stockage et leur élimination
de l'organisme. Tout cela conditionne la toxicité potentielle.
- Les différences observables d'une espèce à
une autre et d'une lignée à une autre chez les rongeurs
montrent que face à de nombreuses substances chimiques nocives,
l'organisme réagit selon des voies complexes et variées.
Mani et al (35) ont montré que différentes lignées
d'une même espèce de souris couramment utilisée
dans la recherche réagissent de manière totalement
différente au benzène, un produit connu pour être
potentiellement toxique et qui provoque des tumeurs à faible
dose. La manière dont le rat de Fischer réagit au
benzène est encore différente. Il s'est avéré
que les réactions à ce produit variaient en fonction
de la capacité métabolique de chaque lignée
et de chaque espèce. On a abouti à des conclusions
similaires en étudiant les amines hétérocycliques
(une molécule organique carcinogène communément
répandue, qui se forme au cours de divers procédés
de cuisson des aliments). Turteltaub et al (36) ont découvert
que ces amines provoquaient des dégâts génétiques
chez les rongeurs, et des dégâts plus graves encore
chez les humains exposés aux mêmes doses. Par ailleurs,
ils ont observé d'importantes différences entre l'humain
et le rat en ce qui concerne les métabolites entraînées
par l'administration des amines. Ils en ont conclu que selon les
résultats observés, les "modèles"
rongeurs ne reflètent pas de façon adéquate
les réactions de l'être humain à l'exposition
aux amines hétérocycliques (36).Dans une étude
publiée en 1999, Garner et al sont arrivés aux mêmes
conclusions (37). |
-
------------------------
-
Stratégie
alternative
Les résultats des tests menés sur les animaux doivent
être transformés en prédictions pour les humains,
mais tous les paramètres concernés sont susceptibles
de varier d'une espèce à une autre. L'approche alternative
consiste à associer des études in vitro, réalisées
de préférence sur des cellules humaines, avec des
simulations sur ordinateur des organes et de leurs interactions
dans l'organisme humain.
Ainsi, par exemple, pour étudier l'absorption d'une substance
chimique, on utilise des cellules d'intestin humain en culture,
ou bien, s'il s'agit d'absorption cutanée, des fragments
isolés d'épiderme prélevés par biopsie.
Le métabolisme lié aux enzymes du foie peut être
étudié en éprouvette sur des cellules hépatiques
isolées ou des prélèvements hépatiques.
Les méthodes in vitro permettent aussi de montrer à
quelles protéines ou à quels récepteurs cellulaires
se lie la substance chimique. Les caractéristiques physiques
et chimiques de la substance, telles que son degré de solubilité
dans les graisses ou dans les liquides ou sa polarité, conditionnent
certains de ses éventuels effets toxiques : elles peuvent
être mesurées en éprouvette.
A partir de ces données moléculaires obtenues in vitro,
il est possible de recourir à des modèles sur ordinateur
(par exemple des modèles biocinétiques basés
sur la physiologie) pour répondre aux questions que l'on
peut se poser à propos de la cinétique de la toxicité.
Les modèles sur ordinateur permettent d'estimer les variations
des effets des substances chimiques en fonction de doses diverses
et d'en tirer des règles effectives. Ces méthodes
ne sont pas encore toutes entièrement validées, mais
chacune bénéficie déjà d'une expérience
de plusieurs années, et l'utilité de ces méthodes
est déjà reconnue par les instances officielles et
autres organismes. Les laboratoires pharmaceutiques recourent déjà
de façon régulière à ce genre d'approche
pour développer de nouveaux médicaments. |
-
------------------------
-
Perspectives
Action à mener en priorité
La Commission européenne devrait promouvoir la mise en place
d'une telle stratégie, sur la base du principe de précaution.
En d'autres termes, si de tels tests laissent sérieusement
penser qu'une substance chimique a des effets sur la santé,
il conviendrait de la mettre sous contrôle ou de la retirer
de la circulation. Il serait souhaitable de donner la priorité
à la validation des méthodes d'étude sur des
cellules intestinales in vitro, ainsi qu'au développement
des modèles sur ordinateur, afin de permettre d'étendre
leur applicabilité aux tests chimiques.
Délai suggéré : 3 ans. |
-
------------------------
-
Toute
Reproduction des textes ou des photos est interdite sans autorisation
©
One Voice
|