Pourquoi un rapport consacré aux primates?

Les primates, comme tous les autres vertébrés, éprouvent la douleur, la peine et la détresse.

Par ailleurs, un vaste ensemble d’études réalisées dans la nature ou dans des laboratoires démontrent clairement l’existence, chez les primates non humains, de facultés cognitives développées, comme l’aptitude à se souvenir d’événements du passé, le désir, la capacité d’anticiper des événements, la faculté d’élaborer des concepts et de vivre des expériences émotionnelles et sociales complexes.

Certaines espèces de primates sont également capables de « manifester des espoirs complexes à
propos du monde1».

Du fait de ces fonctions cognitives, la capacité de souffrir des primates ne se limite pas à la simple douleur physique, elle s’étend à la détresse mentale et émotionnelle, de façon
souvent prononcée.

Il convient aussi de considérer la proximité entre ces primates et les humains dans différents
domaines, de la cognition à la génétique en passant par les relations sociales et la communication:

• Des singes rhésus se sont montrés capables de réussir des tests arithmétiques auxquels les
enfants humains âgés de dix mois échouent généralement.

• Il existe davantage de proximité génétique entre l’être humain et le chimpanzé qu’entre le
cheval et l’âne ou entre le marsouin et le dauphin.

• À l’intérieur des groupes sociaux qu’ils forment, les babouins savent reconnaître les liens entre les
individus. Ils comprennent la signification des relations différentes avec les sœurs, les oncles et les
cousins, non seulement au sein de leur propre famille mais aussi dans les familles des autres.

• Les singes verts, dans la nature, s’envoient des messages d’alerte lorsqu’ils détectent un prédateur. Selon le type de message, les autres membres du groupe comprennent qu’ils doivent sauter
dans les arbres pour échapper à un léopard ou examiner le terrain pour déjouer la menace d’un
serpent.

Ou bien, en fonction du signal perçu, ils pourront aussi lever les yeux vers le ciel pour
surveiller des rapaces.

La science elle-même nous a permis de progresser dans la compréhension des ressemblances entre
les humains et les autres primates, lesquels montrent qu’ils souffrent lorsqu’ils sont arrachés à
leur environnement naturel, privés de liberté et de compagnie ou utilisés dans des expérimentations.