Une opposition grandissante aux expériences sur les primates à travers le monde

Dans le monde entier, les gens expriment leurs préoccupations à propos du problème moral que
pose l’utilisation des primates dans les expérimentations.

En 1995, le professeur Michael Balls, premier directeur du Centre de l’Union européenne pour la validation des méthodes substitutives (ECVAM), a proposé que tous les pays du monde mettent fin, de façon progressive et aussi vite que possible, à l’utilisation des primates dans les laboratoires.

Le professeur Balls a précisé plusieurs des principales raisons pour lesquelles il pense qu’il
conviendrait de mettre fin rapidement à l’utilisation des primates:

Raisons morales

Le degré élevé de sensibilité et l’importante capacité de souffrance des primates.
Raisons scientifiques

Il n’est pas possible d’institutionnaliser l’utilisation des primates tout en les maintenant en bonne
santé. Ils ne sauraient même pas constituer une norme pour leurs espèces respectives, et encore
moins des « modèles » pour l’espèce humaine.

Raisons comportementales

Les conditions de leur détention dans les laboratoires ne sauraient pas même permettre la satisfaction de leurs besoins les plus élémentaires.

Raisons de sécurité

Le risque existe qu’une maladie contagieuse se transmette des primates aux humains, et inversement.

Raisons économiques

L’approvisionnement des laboratoires en primates, l’hébergement des animaux et les soins
appropriés représentent des coûts très élevés.

Les « Trois R »

Les primates constituent un exemple de test décisif de la règle des « Trois R ». Si nous ne sommes
pas capables d’assumer de telles responsabilités vis-à-vis de nos proches parents biologiques, dit
le professeur Balls, il y a peu de chances que nous soyons capables de les assumer vis-à-vis des
autres animaux de laboratoires.

Raisons logistiques

La fourniture des laboratoires en primates et le transport de ces animaux posent de sérieux
problèmes.

La Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont déjà promulgué l’interdiction d’utiliser des grands singes (chimpanzés, gorilles et orangs-outans) dans la recherche et les expérimentations.

En Grande-Bretagne, le comité consultatif gouvernemental pour l’utilisation des animaux étudie la possibilité de réduire au minimum, et de faire cesser au bout du compte, l’utilisation et la souffrance des primates dans les laboratoires.

En 2002, le ministre belge compétent en matière de bien-être animal a annoncé que la Belgique allait étudier la possibilité de parvenir à l’interdiction d’expérimenter sur les primates 2.

Face aux critiques de plus en plus importantes que suscitent les expériences sur les primates, la
Commission européenne a fait procéder à une étude relative à l’utilisation des primates dans les pays
de l’Union européenne.

Dans le rapport qui lui a été remis, la complexité qui caractérise ces animaux et leur capacité de souffrir dans les laboratoires ont été reconnues avec force détails 3.

Depuis 1995, plusieurs initiatives du Conseil de l’Europe ont également vu le jour pour limiter l’utilisation de primates capturés dans la nature et pour améliorer les conditions de vie des primates dans les laboratoires.

Lors d’un sondage d’opinion réalisé auprès du grand public en 2003 par Ipsos pour OneVoice,
87 % des personnes interrogées se sont déclarées favorables à l’interdiction totale de toute expérience impliquant des souffrances pour les animaux.

Si l’on s’en tenait aux seuls primates, ce chiffre serait sans doute plus élevé encore